Oscar Nilsson-Julien, un “ovni” à 224 bpm

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Auteur d’excellents débuts sur les pistes de la Ligue des champions, Oscar Nilsson-Julien présente des aptitudes physiques uniques, avec une fréquence cardiaque qui explose les compteurs. A 22 ans seulement, l'ancien Britannique est une pépite de la piste française et son coeur n'est évidemment pas le dernier de ses nombreux atouts. Il sera à suivre ce vendredi et ce samedi à Apeldoorn.

Nilsson-Julien manque l'exploit d'un rien, le Français 2e sur l'élimination

Video credit: Eurosport

Par Benoît Vittek
"C’est un ovni." Du haut de ses 22 ans et 224 battements cardiaques par minute (bpm), lorsque son palpitant monte au plus haut dans les tours, Oscar Nilsson-Julien n’a pas fini d’impressionner Mathilde Gros, ses compagnons de l’équipe de France sur piste et, plus généralement, le monde du cyclisme, qui va le voir débarquer pleinement sur la route l’an prochain avec la "Conti" de Groupama-FDJ.
Sa trajectoire, de Kentish Town (à quelques coups de pédales au nord de Londres) à Saint-Quentin-en-Yvelines (théâtre le week-end dernier de la première manche de la Ligue des champions piste 2024), était déjà exceptionnelle. Après avoir fait ses gammes sur la glorieuse piste du Herne Hill Velodrome, où l’Olympisme a repris ses droits en 1948, le Britanico-franco-suédois a choisi à l’approche des Jeux de Paris de représenter la France.
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Une soirée de feu à Saint-Quentin : les temps forts de la première manche de la saison

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"Il a apporté beaucoup de fraîcheur et de spontanéité", salue Benjamin Thomas, champion olympique sur la piste de Saint-Quentin-en-Yvelines et vainqueur d’étape de Grand Tour sur le routes italiennes. Mais, comme beaucoup, le Tarnais est tombé des nues en apprenant que son jeune partenaire pouvait faire monter son cœur à 224 "puls(ations)". "Je suis un vieux dinosaure à côté, s’amuse le "vétéran" de 29 ans. Je ne monte plus au-delà de 185, 188… À 180, je suis au taquet ! Lui, il est encore tranquille."
"Sur une course aux points, qui va durer peut-être 45 minutes, je vais être à 195-200 pendant toute la course, abonde le principal intéressé. Il ne faut pas se dire : 'Oscar va péter'. Non, je suis bien."
Aller plus loin dans l’effort
Face au commun des mortels, le rythme cardiaque de Nilsson-Julien apparaît délirant. "On dit souvent que la fréquence maximale, c’est 220 moins l’âge [soit 198 (220-22) bpm en théorie pour Nilsson-Julien]", rappelle Joseph Berlin-Sémon, l’entraîneur de la Groupama-FDJ désormais responsable de l’évolution de Nilsson-Julien. "Chez les athlètes entraînés, ça peut être différent, et ça dépend aussi de la physiologie du coureur. Oscar a cette faculté à monter assez haut. Ça permet au sang de circuler plus vite, d’apporter plus d’oxygène aux muscles et donc d’aller plus loin dans l’effort."
"Ça a toujours été comme ça", explique celui qui occupe la deuxième place du classement général de la Ligue Endurance Hommes avant de se présenter à Apeldoorn, théâtre en janvier des championnats d’Europe - Nilsson-Julien y avait décroché le bronze sur la course aux points - avant d’accueillir les deuxième et troisième manches de la Ligue des Champions ce week-end.
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Du bronze pour le prometteur Nilsson-Julien

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"Souvent, quand je montre ça aux gens, ils me disent : ‘Ton capteur, il ne marche pas !’", s’amuse-t-il. "C’est vrai que c’est très haut mais ça ne m’a jamais posé de problème. Ça montre que quand je me mets à bloc, je suis vraiment à fond." Et avec une fréquence de 50 bpm au repos, il affiche une amplitude cardiaque de 174 bpm pour affronter les efforts les plus violents.
La première étape, samedi dernier au vélodrome "SQY", l’a notamment vu monter à 214 bpm lors du scratch (il a pris la 8e place) et 213 lors de l’élimination (2e). Il en était le premier surpris, après une semaine difficile à l’entraînement. "Si haut ? Il y a de la fraîcheur", se réjouissait-il après avoir pris l’initiative pour forcer l’allure et s’assurer que chacun aille puiser dans ses dernières réserves.

Le goût du sang dans la bouche

Dans le même temps, Dylan Bibic prenait les commandes du classement général avec une pointe à 196 bpm dans le dernier tour du scratch, selon les données fournies par Amazon Web Services. "Le cœur monte généralement moins quand on est plus lourd", justifie le Canadien de 82 kilogrammes, quand Nilsson-Julien déclare en afficher 64 sur la balance (pour 1m78).
Bibic a tout de même atteint sa fréquence cardiaque maximale à Saint-Quentin-en-Yvelines, tout comme Mathilde Gros, avec 205 bpm lors du premier tour du keirin. Clément Petit, compagnon d’entraînement de Nilsson-Julien a lui aussi flirté avec son maximum, à 203 bpm. "C’est un effort violent", décrit-il. "On a le goût du sang dans la bouche, beaucoup de mal à respirer, des fois on a envie de vomir…"
"Beaucoup de coureurs ont coupé après les Mondiaux, il y a donc beaucoup de fraîcheur", justifie la Britannique Katie Archibald, en tête de l'Endurance féminine. "J’en ai entendu plusieurs dire qu’ils avaient atteint leur pic de la saison en termes de fréquence cardiaque."
Personne n’a cependant atteint les valeurs de Nilsson-Julien, dont le profil va nécessairement évoluer. "Sur la route, ce sera quand même difficile de l’amener aussi haut sur ses objectifs, notamment en milieu de saison", explique son entraîneur Berlin-Sémon. "Le cœur, c’est un muscle, donc il s’adapte aussi, il s’entraîne. On va retrouver des fréquences cardiaques un peu moins élevées mais ça ne veut pas dire que l’athlète est moins performant au final."
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