"Ce n'est pas sérieux"

Jean-René Bernaudeau n'a pas digéré la volte-face de la fédération espagnole envers Alberto Contador. Le manager du Team Europcar estime que la gestion de cette affaire va durablement nuire au cyclisme et milite pour que les sanctions soient infligées par un organisme international.

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JEAN-RENE BERNAUDEAU, que vous inspire le blanchiment de Contador après son contrôle positif au clenbutérol lors du dernier Tour de France ?
J-R.B. : C'est une affaire très grave pour le cyclisme. Le vélo et l'Espagne ne sortent pas grandis de cette histoire. Les lois doivent être appliquées par un organisme international, pas par une fédération nationale. Cela éviterait toutes suspicions et les arrangements entre amis. Bien sûr, on a toujours une impression, toujours du doute parce que c'est l'Espagne.
L'Espagne est-elle trop laxiste vis-à-vis des cas de dopage qu'elle doit gérer ?
J-R.B. : Contador a pris un produit interdit. Il doit être suspendu deux ans, c'est tout. La fédération espagnole qui propose de le suspendre un an avant de revoir son jugement, ce n'est franchement pas sérieux. Le produit, il l'avait dans son organisme. Mais tout cela découle de la jurisprudence Gasquet*. Rien n'est très clair, l'opinion ne va pas comprendre. Et le plus regrettable dans cette affaire, ce sont les dommages collatéraux pour le cyclisme mais aussi pour l'Espagne.
L'Espagne est-elle trop laxiste vis-à-vis des cas de dopage qu'elle doit gérer ?
J-R.B. : Le problème n'est pas là. Les listes de coureurs accusés pour dopage et qui ont clamé leur innocence sont très longues. Il y aura désormais la jurisprudence Contador et ça me pose un vrai problème. D'autant que la lutte antidopage a progressé. Aujourd'hui, on ne trouve plus de dose flagrante dans l'organisme des coureurs dopés. Tous les coureurs pris par la patrouille pourront dès lors adopter la même défense que Contador. Et pour quels résultats ? Il y a une grande leçon à tirer de cette affaire : la nécessité d'une instance internationale pour appliquer les lois. Je le répète, l'Espagne a perdu trop de crédibilité au gré des affaires qu'elle a gérées avec plus ou moins de bonheur.
Souhaitez-vous revoir Alberto Contador sur le Tour de France cette année ?
J-R.B. : Je ne vais même pas accorder deux minutes de mon temps à Contador. J'ai une équipe à gérer et mon but aujourd'hui est que le Team Europcar remporte des courses. Le voir sur le Tour, ce n'est pas mon problème. Forcément, on est touché dans cette affaire. Mais il existe des gens qui sont là pour diriger.
En tant que manager, que pensez-vous de l'attitude de Bjarne Riis ?
J-R. B. : Dans cette histoire, tout le monde est impliqué. Le coureur, le manager et le sponsor. Comment Bjarne Riis peut se porter garant d'un coureur qu'il n'a jamais eu sous ses ordres ? Il ne connait même pas Contador !
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