Lelli mis en examen

Massimiliano Lelli a été mis en examen jeudi soir par un juge d'instruction de Nanterre dans le cadre de l'affaire de dopage de Cofidis, après une audition au cours de laquelle il s'est montré "coopératif" et "soulagé" de parler, selon une source proche du dossier.

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Lelli, 36 ans, a été mis en examen pour "acquisition, détention et transport de produits dopants", "facilitation et incitation à l'usage de produits dopants", et "complicité d'importation de substances vénéneuses" , selon une source judiciaire.Il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se mettre en rapport avec les autres mis en examen de l'affaire et avec l'encadrement de l'équipe Cofidis.
Selon une source proche du dossier, les deux premiers chefs de mise en examen concernent l'achat et la prise d'EPO, pour lesquels Lelli a été mis en cause par deux ex-coureurs de Cofidis également mis en examen, Philippe Gaumont et David Millar.Le troisième chef de mise en examen concerne un anabolisant appelé méthandione. "Lelli aurait apparemment importé ce produit avec Gaumont, qui est lui mis en examen pour importation de substances vénéneuses" , a-t-on expliqué de même source.
Massimiliano Lelli, qui a engagé le même avocat (Me Frédéric Champagne) que Gaumont, a semblé "soulagé de pouvoir dire ce qu'il en était" du dopage, selon cette source. "Il s'est exprimé longuement devant le juge" pendant près de cinq heures, et "s'est montré actif et coopératif" , a-t-on ajouté.
Le 10e mis en examen
Interrogés par l'AFP, Lelli et Me Champagne n'ont pas souhaité s'exprimer. Quant à l'avenir du coureur, "s'il a fait quelque chose de répréhensible et qu'il l'avoue publiquement, nous ferons comme pour les autres: nous le licencierons. Sinon, nous appliquerons la présomption d'innocence et nous le garderons" , avait expliqué mardi la porte-parole de Cofidis, Valérie Sartoris-Alexandre.
Millar et Gaumont, qui ont admis publiquement s'être dopés, ont été licenciés par l'équipe cycliste. Lelli avait été interpellé mardi à Lille et placé en garde à vue à la brigade des stupéfiants, puis déféré jeudi à la mi-journée au tribunal de grande instance de Nanterre.
L'Italien est le dixième mis en examen dans cette affaire. Parmi les neuf autres, on compte sept coureurs ou ex-coureurs: David Millar, Philippe Gaumont, Cédric Vasseur, Robert Sassone, Médéric Clain, Marek Rutkiewicz et Daniel Majewski, ainsi qu'un soigneur, Boguslaw Madejak, et le directeur sportif d'une formation de 3e division, Oleg Kozlitine.
400 francs la seringue
Dans un procès-verbal d'audition en juillet, Millar affirmait: "Je suis resté chez Lelli deux semaines au mois d'août 2001, et nous allions acheter de l'EPO auprès de différents fournisseurs. Moi, je restais dans la voiture, je lui donnais 400 francs par seringue d'EPO environ, c'est Lelli qui procédait aux achats et qui m'a montré comment on injectait l'EPO en sous-cutanée dans l'épaule, et moi je me faisais des injections".
"J'ai pris de l'EPO pendant sept jours, je me souviens qu'au total j'ai fait dix mille unités. (...) Lelli, pendant ce temps-là, a aussi consommé de l'EPO", ajoutait Millar. L'Ecossais a été suspendu mercredi pour deux ans et déchu de son titre de champion du monde de contre-la-montre par la Fédération cycliste britannique. La brigade des stupéfiants travaille depuis mars 2003 sur un trafic présumé de produits dopants au sein de Cofidis.
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