Le docteur allemand Mark Schmidt, principal accusé dans l'affaire internationale de dopage sanguin dite "Aderlass", a été condamné à quatre ans et dix mois de prison vendredi par un tribunal de Munich. L'enquête avait identifié 23 clients du laboratoire clandestin, de huit nationalités différentes. Le tribunal a également prononcé une interdiction d'exercer la médecine de trois ans et une amende de 158.000 euros.
Ses quatre complices ont également été reconnus coupables. Le principal d'entre eux, Dirk Q., écope de deux ans et quatre mois de prison ferme, soit quasiment la durée de la détention préventive. L'infirmière Diana S., qui avait reconnu avoir procédé à des transfusions sanguines sur les sportifs, est condamnée à un an et quatre mois avec sursis. Les deux autres, dont le père du médecin, sont condamnés à des amendes. "J'ai pris un mauvais virage, tout ça est de ma faute", s'est repenti le Dr Schmidt au dernier jour des débats, vendredi dernier, "quand on a semé la m..., on doit faire face (...) je suis infiniment désolé d'avoir entraîné avec moi les quatre autres".

Descente de police

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"Aderlass" ("Saignée" en allemand) est le nom que les enquêteurs avaient donné à leur vaste coup de filet de février 2019, lorsque la police autrichienne avait fait une spectaculaire descente sur le site des championnats du monde de ski nordique dans le Tyrol. Cinq skieurs avaient quitté les lieux dans les véhicules de police. A la même heure, la police allemande interpellait le Dr Schmidt à Erfurt, dans le centre du pays.

Echantillons sanguins pendant un contrôle anti-dopage

Crédit: AFP

L'enquête avait mis au jour un vaste réseau de dopage, impliquant des skieurs nordiques et des cyclistes ayant participé aux Jeux olympiques d'hiver 2014 et 2018, d'été 2016, au Tour de France 2018, au Giro 2016 et 2018 et à la Vuelta 2017, et Mondiaux de ski nordique 2017 et 2019. Plusieurs athlètes ont été déjà et sanctionnés sportivement et certains condamnés par la justice autrichienne.
Mais contrairement à ce qu'espéraient les autorités antidopage, le débats n'ont pas permis de faire émerger d'autres noms, ni de confondre des champions de premier plan. Le Dr Schmidt a tenté de se justifier en affirmant qu'il n'avait fait aucun bénéfice dans cette affaire. Il dit avoir demandé 5.000 euros par an à chacun de ses clients pour ses manipulations sanguines, et parfois touché des bonus lorsque les sportifs remportaient des courses ou des médailles. Mais selon lui, les frais du laboratoire clandestin, de déplacement et d'hôtel absorbaient quasiment tous les revenus.
Pendant les débats, l'accusé s'est décrit comme un médecin "fasciné par le sport de haut niveau", et non par l'argent: "Au final je ne faisais pas de bénéfices, j'ai toujours vu ça comme un hobby", a-t-il assuré, suscitant l'ironie de l'accusation. Né dans une famille de sportifs, il avait été lui-même élève de sport-études section ski alpin dans sa jeunesse.
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