Getty Images

Backaert, confiné à la ferme : "Ici, on a un peu de liberté !"

Backaert, confiné à la ferme : "Ici, on a un peu de liberté !"

Le 18/03/2020 à 23:00Mis à jour Le 19/03/2020 à 14:24

La saison 2020 mise à l’arrêt par l’épidémie de coronavirus, le Flamand Frederik Backaert (B&B Hotels-Vital Concept) a retrouvé Michelbeke et la ferme de ses parents, où il soigne une fracture du scaphoïde et travaille dans les champs.

Dimanche 5 avril, la ferme des Backaert sera bien plus calme que prévu. Au pied du Berendries, le village de Michelbeke accueille habituellement les festivités du Tour des Flandres, mais l’édition 2020 est reportée sine die. "On savait que ça allait être annulé", explique au téléphone Frederik Backaert (B&B Hotels-Vital Concept). “C’est une déception mais la situation dépasse le sport.

Drôle de période pour le Flamand, qui fêtait ses 30 ans vendredi dernier avec un scaphoïde fracturé, en raison d’une chute sur Paris-Nice, et sans savoir quand il retrouverait la compétition et ses camarades du peloton. "Jeudi, j’ai pris le départ de la 5e étape mais j’avais trop mal, j’ai dû abandonner, raconte-t-il. Le lendemain, j’étais dans le TGV et le soir j’étais à la maison pour mon anniversaire… Un vendredi 13 !"

Depuis, il vit au rythme de la ferme et de l’évolution de la pandémie de coronavirus, qui a amené l’UCI à annoncer le report de toutes les épreuves prévues d’ici la fin avril, a minima. Comme la France et plusieurs de ses voisins européens, la Belgique a mis en place des mesures de confinement qui limitent les possibilités de sortir.

" La vie à la ferme, c’est déjà un peu la vie en quarantaine"

"J’ai le bras immobilisé pendant quatre semaines, ce n’est pas plus mal que ça arrive maintenant plutôt qu’en juin", philosophe le Belge. Et si certains craignent de s’ennuyer pendant le confinement, Frederik Backaert, coureur à plein temps et fermier le reste du temps, n’a pas beaucoup de soucis à se faire : "Je ne vis pas dans un tout un petit bâtiment entre quatre murs. Ici, on a un peu de liberté !"

Backaert a donc commencé son mercredi en s’occupant des asperges puis des vignes. "Je ne peux pas faire la traite des vaches, mais je nettoie un peu les étables et je peux encore donner à manger, faire de petites choses", raconte-t-il avec sa casquette d’agriculteur. "Pour l’instant, il n’y a pas trop de travail. Ça commence mais le plus gros interviendra dans quelques semaines, dans les champs aussi, avec les tracteurs."

"Pour nous, la vie à la ferme, c’est déjà un peu la vie en quarantaine", observe-t-il. Avec son oncle et ses parents, il peut encore servir les clients dans la boutique où ils vendent directement des produits de leur exploitation : "On prend des précautions, il faut tout bien désinfecter et il n’y a qu’un client à la fois dans la boutique." Et il y a la compagnie des vaches et les grands espaces d’une exploitation d’une centaine d’hectares, entre les betteraves, les pommes de terre et le maïs.

Le Tour en juillet, les classiques à l’automne ?

À distance, entraineurs et médecins sont également aux côtés des coureurs. "Et Jéjé (NDLR : Jérôme Pineau, directeur de l’équipe B&B Hotels-Vital Concept) nous appelle personnellement. On sait quoi faire”, assure Brackaert. “L’important, c’est de trouver des objectifs, sinon il peut être dur pour certains de se motiver. Moi, j’ai envie d’être sur mon vélo de toute façon…"

Le Flamand compte tout de même profiter des circonstances pour s’offrir une petite coupure, avant de se projeter sur la suite incertaine de la saison. "J’espère que le Tour se déroulera comme prévu et, sans la campagne des classiques, c’est vraiment notre grand objectif de la saison", décrit-il. "Et puis, la saison peut encore être très longue si on met les classiques en automne…"

L’UCI envisage de prolonger la saison jusqu’au 1er novembre et les organisateurs se mobilisent sur tous les fronts dans l’espoir de préserver leurs événements. "Il faut voir comment ils peuvent se réorganiser, parce qu’on ne pourra pas faire les classiques de 250 km en novembre et il y a beaucoup de courses, comme les .1 ou les .2, qui n’auront pas leur place", craint celui qui disait rêver de remporter le cochon du Tro Bro Léon lorsqu’il a rejoint les Men In Glaz. En attendant de remettre les roues sur les ribinoù bretons, il est de retour à la ferme.