Vauquelin, Seixas ou un autre : La disette française sur les courses par étapes World Tour s'arrête cette année

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Dans six mois, nous entrerons dans la 20e année de la disette française sur les courses par étapes World Tour. Le Critérium du Dauphiné 2026, ou Tour Auvergne-Rhône-Alpes selon sa nouvelle appellation, sera le dernier avant cette barre fatidique… que les coureurs français n'atteindront pas. Kevin Vauquelin, Paul Seixas et les autres ont tout pour qu'un successeur à Christophe Moreau émerge enfin.

Seixas et la tentation du Tour : "Suis-je vraiment prêt pour ça ?"

Video credit: Eurosport

On le sait, vous les avez entendus les "cette fois, c'est la bonne", "la France tient le successeur de Bernard Hinault", les Thibaut Pinot, les Romain Bardet, les David Gaudu… Non, un Français ne sera pas en jaune sur les Champs-Elysées cet été. Ce n'est pas cette promesse-là qu'on vous fait, pas encore. Voici la nôtre : en 2026, un coureur tricolore remportera l'une des douze courses par étapes d'une semaine ou moins du World Tour, lancé depuis ce mardi matin par le Tour Down Under. On va même jusqu'à vous donner deux noms : Kevin Vauquelin et Paul Seixas tout en restant ouvert à la surprise.
Cette promesse ne se base pas sur du rien, sur un sentiment ou un doigt mouillé. Prenez la saison 2025 et vous avez déjà de sérieux arguments. Les deux défaites de Lenny Martinez (Tour de Romandie) et Kevin Vauquelin (Tour de Suisse), le dernier jour face à Joao Almeida, par exemple. Il a manqué plus d'une minute au second face à un immense Portugais en juin, "seulement" 26 secondes au premier un peu plus tôt dans la saison. L'émergence des Seixas ou Paul Magnier désinhibe quant à elle leurs compatriotes. 

Vauquelin, Seixas, Martinez : Plus complet que leurs prédécesseurs ? 

S'il faudra qu'elle patiente encore un peu et qu'elle en fasse beaucoup pour que l'on décrète que la nouvelle génération française est meilleure que la précédente, et plus encore que celle des Pinot-Bardet, on peut acter qu'elle est plus complète. Champion du monde juniors du contre-la-montre, Seixas en est le meilleur exemple, lui pour qui une année n'a pas suffi à déceler une faille. Vauquelin, 5e du premier chrono du dernier Tour de France (et 7e à Paris), en est un autre. Moins bon grimpeur mais meilleur rouleur. Et Martinez, malgré son tout petit gabarit, se défend plus que bien sur l'effort solitaire. 
Or, pour gagner une course par étapes World Tour, être excellent dans un domaine ne suffit pas, sauf à être le meilleur grimpeur, par exemple, d'un Tour de Catalogne toujours trop relevé pour les Bleus. Martinez, un coureur qui sait gagner - ce qui n'est jamais anodin sur des courses qui se jouent souvent à coup de secondes -, aurait pu avoir le bon profil mais sur la première moitié de saison, son programme coïncide avec celui de… Tadej Pogacar (Romandie et Suisse). Lui restera Paris-Nice mais on misera plutôt sur un de ses compatriotes pour la première belle chance française de 2026. 

Paris-Nice et le Pays basque 

Arrivé chez INEOS à l'hiver, Vauquelin a le profil idéal pour la Course au Soleil. D'abord, celle-ci ne verra ni Pogacar, ni Jonas Vingegaard, ni Remco Evenepoel sur la liste de départ. Ensuite, elle offrira un contre-la-montre par équipes qui sied généralement très bien à sa nouvelle formation. Les massifs n'ont, enfin, rien d'insurmontable pour le 7e du dernier Tour de France qui pourrait se régaler de la 4e à la 7e étape. S'il s'est remis de sa blessure qui l'a coupé dans son élan après le Tour et qu'il a déjà commencé à progresser chez INEOS, Vauquelin est un candidat sérieux. 
Quant à Seixas, sa chance, sur la première partie de saison puisqu'on ne connaît pas son programme à partir de fin avril, se situera au Tour du Pays basque. Sauf surprise, ses adversaires s'appelleront Primoz Roglic, Isaac Del Toro ou Juan Ayuso. Du très lourd donc mais le Lyonnais n'a-t-il pas prouvé que les limites n'existaient pas encore pour lui ? Le coureur de Decathlon CMA CGM ne sera pas favori, loin de là mais il fera, n'en doutez pas, figure d'outsiders pour tout le monde, ses rivaux y compris. 

Et pourquoi pas en Chine ? 

Et si les plus belles cartes ne parvenaient pas à mettre fin à cette disette vieille de 19 ans, resteraient alors les autres, ceux que l’on n’attend pas. Victor Lafay a bien failli être l'élu sur le dernier Tour de Guangxi (2e), comme Rémy Rochas deux ans plus tôt au même endroit (2e lui aussi). 
Pensez à un Tour de Pologne parfois ouvert ou à un Renewi Tour (Magnier ?) et vous obtenez une foule de possibilités. Songez également que rien que ces cinq dernières années, des coureurs comme Ethan Hayter, Stephen Williams, Aleksandr Vlasov ou Lennert Van Eetvelt ont réussi là où les Français ont échoué. Avec une nouvelle génération française décomplexée, tout est possible.
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