"Pas si mauvais que ça"

Dimitri Champion savoure sans revanche la conquête du titre de champion de France à Saint-Brieuc, lui qui avait été remercié en fin de saison dernière par l'équipe Bouygues Telecom.

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Crédit: Eurosport

DIMITRI CHAMPION, cette victoire est-elle une revanche sur les formations du Pro-Tour (première division)?
D.C. : Pas vraiment une revanche, mais oui, c'est sûr, ça prouve que je ne suis pas si mauvais que ça et que j'ai des qualités. Mais il ne faut pas dénigrer nos équipes de troisième division (Champion court pour Bretagne-Schuller, ndlr). C'est heureux qu'elles existent, ça donne la possibilité à des coureurs qui n'ont pas de boulot de se relancer. Si elles n'existaient pas, il y aurait beaucoup de coureurs au chômage.
Comment aviez-vous préparé ce championnat, et pensiez-vous pouvoir y briller?
D.C. : Oui, ce matin j'y pensais, je savais que j'étais en bonne condition physique. Jeudi dans le contre-la-montre, je n'avais pas gagné mais j'avais de bonnes sensations, simplement je n'avais pas pu m'exprimer à 100% à cause des conditions climatiques. Pour préparer ce championnat, on a travaillé plus que d'habitude. Avec l'équipe, on était en stage en montagne il y a deux semaines, et on ne roulait pas juste pour rouler: chaque jour il y avait des exercices spécifiques. On en a bavé, je peux vous dire que ce n'était pas facile.
Votre équipe ne participe pas au Tour de France. Ce maillot va-t-il vous donner l'ambition de changer de formation?
D.C. : Chez Bouygues, j'étais en fin de contrat, il n'a pas été renouvelé. Je n'ai jamais eu vraiment d'explications. Avec Bretagne, j'ai trouvé une équipe qui m'a donné une chance de me relancer. Je prouve aujourd'hui qu'ils ont eu raison d'avoir confiance en moi. Je n'ai aucun contact ailleurs, je suis très, très bien chez Bretagne, avec l'encadrement, les responsables. J'espère qu'ils vont évoluer. Et si mon titre peut les aider à évoluer et à devenir Continental Pro (deuxième division), je serai très fier de participer au projet.
Les oreillettes étaient interdites pendant la course. Est-ce que cela a pu aider une petite équipe comme la vôtre?
D.C. : Je ne sais pas si ça aide, mais ça change l'ambiance dans le peloton. C'était marrant, il y avait plus de conversations, les coureurs parlaient plus entre eux, c'était une autre course. Au fond, c'était une bonne chose, et je ne pense pas que ça ait gêné personne. En tout cas, c'est la preuve que c'est faisable.
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