Brard rafle la mise

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Au terme d'un course enlevée, Florent Brard (Caisse d'Epargne) a été sacré champion de France dimanche à Chantonnay. Malin, il a su tirer son épingle du jeu dans le final, pour piéger l'équipe Bouygues Telecom sur ses terres. Thomas Voeckler et Didier Rou

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Crédit: Eurosport

Fin de règne pour Bouygues Telecom. Sacrée en 2004 avec Thomas Voeckler puis avec Pierrick Fedrigo l'an dernier, l'équipe vendéenne visait une nouvelle couronne. Avec les deux titres de Didier Rous en 2001 et 2002, la troupe de Jean-René Bernaudeau restait même sur quatre victoires lors des cinq derniers Championnats de France. Elle avait la force du nombre (26) et celle de l'habitude. Elle avait même l'avantage du terrain, sur ce parcours de Chantonnay, à quelques kilomètres de son camp de base.
L'échec est donc cruel, d'autant que les Bouygues ont assumé la charge de la course tout au long de la journée. Tactiquement, ils n'ont pas commis de faute majeur. Mais dans le final, alors que Thomas Voeckler, leur atout numéro un, se trouvait en compagnie de Christophe Moreau et Florent Brard, c'est ce dernier qui était le plus fort, le plus frais, et le plus filou. Tout simplement. Revenu dans l'avant-dernier tour sur Moreau et Voeckler, qui étaient sortis à 50 kilomèes de l'arrivée en compagnie de Christophe Agnolutto, Brard s'est fait la malle à six kilomètres du but.
Trop tard, Rous
Moreau, au bout du rouleau, n'avait plus la force de suivre. Voeckler s'y essaya, mais en vain. Lui non plus n'avait plus une goutte d'essence dans le réservoir. Désespéré, Didier Rous, qui avait contenu toutes les tentatives de contre, celles d'Halgand, de Chavanel, ou de Jalabert, pour protéger le champion de France, donna tout ce qui lui restait pour sauver meubles. Mais il était trop tard. Il rejoindra certes Voeckler et Moreau, mais pas Brard, vainqueur avec une vingtaine de secondes d'avance. Voeckler et Rous, deuxième et troisième, peuvent être frustrés.
Professionnel depuis 1999, Brard, 30 ans, avait déjà goûté au maillot tricolore, en 2001, après son titre dans le contre-la-montre. Un fait de gloire, préalable à une traversée du désert. Contrôle positif aux corticoïdes en 2002 sur le Tour de l'Ain, il fut suspendu et licencié par l'équipe Crédit Agricole au mois d'octobre de la même année. Après deux saisons très difficiles, il a retrouvé cette année son meilleur niveau en Espagne, sous les couleurs de l'équipe Caisse d'Epargne, au service d'Alejandro Valverde.
"La course de mes rêves"
Evidemment, le fait que le champion de France se soit fait prendre par le apssé dans les filets du dopage et qu'il courre en Espagne, à l'heure où le cyclisme ibérique se trouve dans l'oeil du cyclone, pourrait faire mauvais genre. Lui n'en a cure. Il a beaucoup bossé pour revenir au premier plan. Aujourd'hui, il veut simplement savourer. "Je suis en train de vivre ma meilleure année sur le plan personnel dans une équipe qui a une grande tradition de cyclisme, on est vraiment sans pression. C'est le vélo que j'aime, et c'était la course de mes rêves", a-t-il confié.
Paradoxalement, l'équipe Caisse d'Epargne était numériquement une des moins bien représentées au départ dimanche matin. Face à l'armada Bouygues, le contingent de l'Ecureuil n'aurait pas dû peser lourd. "Nous n'étions que trois coureurs de l'équipe Caisse d'Epargne, confirme Brard. On est arrivé ici sans pression, on a fait la course 'tranquillou', on a profité du travail des grosse équipes puis, dans le final, c'était chacun pour soi ". A ce petit jeu là, c'est lui qui a raflé le jackpot...
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