Eurosport
Choix du coeur, condition et place dans l'équipe : Cavendish chez Deceuninck en 3 questions
Par
Publié 08/12/2020 à 11:22 GMT+1
SAISON 2021 - Dimanche, la formation Deceuninck-Quick Step annonçait l'arrivée de Mark Cavendish pour 2021. Un sprinteur qui a certes beaucoup gagné dans l'équipe belge mais qui n'a plus levé les bras depuis février 2018. Alors, pourquoi ce nouveau mariage ?
Eurosport
Crédit: Eurosport
Pourquoi Cavendish a-t-il choisi Deceuninck-Quick Step ?
Mark Cavendish a beaucoup bougé dans sa carrière. HTC (et ses variantes), Sky, Quick Step, Dimension Data et Bahrain-McLaren avant un retour dans la formation belge. Le Britannique n'a jamais caché qu'il avait passé trois magnifiques saisons au sein de l'équipe de Patrick Lefévère. Il y a décroché 46 succès et découvert une nouvelle culture dans l'une des meilleures équipes du monde. Le voir revenir là alors que sa carrière semblait sur le point de s'achever est une surprise, sans tout à fait l'être finalement. "Je n'ai jamais caché mon affection pour le temps passé dans cette équipe, a assuré le sprinteur. Pour moi, ça ressemble vraiment à un retour à la maison".
De l'autre côté, Patrick Lefévère a évidemment fait parler le cœur mais pas seulement. Dans une interview à Cyclingnews, il a révélé avoir expliqué au "Cav" qu'il n'avait pas d'argent pour le signer, qu'il devait trouver quelqu'un (un sponsor) qui paierait son salaire. Ce que Cavendish a, de toute évidence, réussi à faire. "Je ne pense pas qu'il méritait de finir sa carrière comme ça", tranche le grand manitou belge habitué à faire signer dans son équipe des vieux briscards. On peut citer Philippe Gilbert, Alessandro Petacchi ou encore Levi Leipheimer sur la décennie écoulée.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2020/08/13/2863699-59019988-2560-1440.png)
Hinault : "Je ne crois pas qu’Alaphilippe puisse gagner le Tour un jour"
Video credit: Eurosport
Dans quelle condition se trouve Cavendish ?
Un chiffre, déjà : 1032 jours. La dernière victoire de Mark Cavendish remonte au 8 février 2018 sur la 3e étape du Tour de Dubaï. Ce jour-là, il avait devancé Bouhanni et Kittel mais aussi Colbrelli et Viviani. Depuis ? Il a terminé 3e d'une étape du Tour de Turquie et 6e sur une étape du Tour de Pologne en 2019 et… c'est tout. Pire, en 2020, une année tronquée certes, il n'est tout simplement jamais entré dans le top 10 (12e sur une étape en Pologne).
Condition moyenne ou conséquence d'un âge avancé et de divers problèmes de santé ? C'est toute la question que Patrick Lefévère s'est posée avant de recruter le Britannique. "Mon cœur dit oui, mon cerveau non", résumait-il. La raison poussait à ne pas faire confiance à un sprinteur qui a perdu sa pointe de vitesse. A 35 ans, il n'est évidemment plus aussi rapide qu'à 25 et le virus d'Epstein-Barr dont il souffre depuis 2017 n'aide pas. Au contraire. Pour briller à nouveau, Cavendish doit d'abord se débarrasser de ses soucis de santé.
Quelle place pour Cavendish chez Deceuninck-Quick Step ?
"Je ne sais pas, a avoué Lefévère pour Cyclingnews. Nous allons jauger sa condition, il va venir en Espagne en stage pour faire des tests. Nous avons toujours les données de sa première période avec nous. Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour le rendre meilleur". S'il y a bien une équipe qui rend ses coureurs meilleurs, c'est la Deceuninck-Quick Step et cet état de fait n'est sans doute pas étranger au choix du "Cav".
De son niveau dépendra sa position dans une équipe où le sprint n'est pas vraiment une faiblesse. Sam Bennett a ramené le maillot vert du Tour en plus de 7 succès en 2020 et Alvaro Hodeg monte en puissance. Sans parler de Fabio Jakobsen, quatre fois vainqueur en 2020 avant son terrible accident en Pologne. A l'heure actuelle, Cavendish est indiscutablement derrière ces trois hommes dans la hiérarchie. Difficile donc de l'imaginer sur les plus grandes courses dont le Tour de France.
Mais attention, Lefévère prévient : "Nous l'accueillons pour son expérience mais il n'est pas un entraîneur ou un directeur sportif". Comprenez, il est un coureur comme les autres et devra rendre des comptes sur ses performances. Reste que sa carrière parle pour lui et qu'il a sans doute des conseils à donner à Bennett (30 ans), Hodeg (24 ans) et Jakobsen (24 ans). "Il est le meilleur sprinteur de sa génération, pointe le manager de la Deceuninck. Il va pouvoir donner quelques astuces à nos jeunes. Sam Bennett est fort et rapide mais il doute de lui parfois. Mark va pouvoir aider là-dessus et s'il peut encore gagner, ce sera génial".
Sur le même sujet
Publicité
Publicité