Vuelta 2026 | Réchauffement climatique et adaptation nécessaire : le cyclisme n'est pas encore prêt à faire sa révolution
Eurosport sur GoogleAvec le tragi-comique épisode de la 15e étape de la Vuelta finalement raccourcie face à la chaleur et surtout les demandes répétées, et longtemps refusées du peloton, le cyclisme a une nouvelle fois prouvé qu’il n’était pas encore prêt à s'adapter à un réchauffement climatique pourtant déjà bien entamé. Tôt ou tard, il faudra pourtant repenser ce sport de fond en comble, ou presque.
42°C, de la souffrance partout… "Molard était proche du malaise en rentrant dans le bus"
Video credit: Eurosport
"Ne levez pas les yeux", ne regardez pas ce qui vient, n'y croyez pas, ce ne sont que des mensonges propagés par ceux qui en ont besoin. On n'ira pas jusqu'à dire que le monde du cyclisme est climatosceptique, on lui en met assez sur le dos pour ne pas ajouter une insulte dénuée de sens, mais il y a bien un problème dans ce sport, problème encore mis en exergue par la 15e étape de la Vuelta ce dimanche, le parcours du dernier grand tour de la saison et plus globalement un été qui a mis les coureurs au supplice.
Voilà plusieurs jours que le peloton s'inquiète alors que le mercure grimpe à mesure que le peloton gagne les endroits les plus chauds de l'Andalousie, à savoir son nord, loin de l'air marin. Plusieurs jours et plusieurs plaintes avant que l'organisation daigne faire quelque chose… pour la seule étape de dimanche. "Le syndicat des coureurs suivait les prévisions pour voir s'il était possible de raccourcir les étapes de samedi et dimanche, racontait Sander de Pestel (Decathlon CMA CGM) samedi. Finalement, nous avons reçu un message pour nous dire que rien ne changerait samedi parce qu'il allait faire plus chaud dimanche. J'ai trouvé cette remarque un peu bizarre".
Des coureurs sont allés à l’hôpital hier, mais on n’en parle pas
Bizarre oui, d'autant que le Tour d'Espagne devait pas faire avec de fortes chaleur depuis plusieurs jours désormais. "Il y a des choses à adapter, rappelle Maxime Monfort, directeur sportif de Lidl-Trek, auprès de la RTBF. On est dans un cyclisme moderne, des coureurs sont allés à l’hôpital hier, mais on n’en parle pas. Il faut être davantage dans la prévention qu’autre chose, et je trouve que l’organisation est un peu lente là-dessus. À un moment donné, l’organisation doit prendre ses responsabilités." Voilà évidemment le nœud du problème.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/06/image-886f2e8a-155b-49bb-ac0f-aab7ac83c285-85-2560-1440.jpeg)
Canicule et Vuelta, Laurance découvre : "Je n'ai jamais eu aussi chaud sur un vélo"
Video credit: Eurosport
Il n'y aura que les organisateurs, mais aussi et surtout l'Union cycliste internationale, pour insuffler un vrai changement de paradigme. Or, jusqu'ici, ni les uns ni les autres n'ont engagé de réelles politiques pour lutter, ou plutôt s'adapter au réchauffement climatique, non pas demain mais dès aujourd'hui. Le "Protocole de conditions météorologiques extrêmes" de l'UCI rend des services, c'est d'ailleurs lui qui a été invoqué dimanche pour raccourcir l'étape, mais il n'est qu'un outil de correction.
On ne sait pas non plus quel temps il fera précisément, par exemple le 15 juillet 2029
En 2026, avec les évolutions climatiques déjà observées ces dernières années en Espagne et ailleurs, un parcours à 100% dans la partie sud du pays est-il acceptable ? Dès sa publication, celui-ci avait soulevé des questions, des doutes et même des craintes. Il aurait fallu un miracle pour que l'Andalousie et les autres régions visitées ne soient pas assommées par la chaleur. De miracle il n'y a pas eu et, disons-le, il y en aura de moins en moins dans le futur.
Le cyclisme est-il prêt à faire sa révolution, puisque c'est ce que la situation réclame dans les années à venir ? "Le Tour de France, c’est juillet, martelait Christian Prudhomme cet été, avec raison, les congés payés de 1936 ayant beaucoup fait, pour ne pas dire tout, pour sa réputation et son prestige. Bien sûr, il y a une réflexion qui s'engagera. [...] Cette réflexion existe. Simplement, ce n’est pas un changement qui peut se faire dans la minute. Bien évidemment que nous sommes dans un processus de changement climatique, sans aucun doute. Mais on ne sait pas non plus quel temps il fera précisément, par exemple le 15 juillet 2029."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/05/image-55a9e670-ffdd-4a40-a399-78daacfc3a89-85-2560-1440.jpeg)
Indice de stress thermique, ravitaillements, horaires… comment le Tour s'adapte à la chaleur
Video credit: Eurosport
On ne sait pas non mais on a quand même une petite idée et si ce n'est pas le 15, ce sera le 13, le 14, le 16 ou le 17. Le Tour pourra-t-il s'accrocher à l'infini à juillet ? Peut-être pas. Pourra-t-il s'accrocher à des arrivées d'étape autour de 17h ? Sans doute pas. Personne ne prétend ici avoir la solution miracle, d'autant que les enjeux économiques, s'ils ne devraient pas, ont leur place dans le débat.
Faut-il attendre un drame ?
On peut pourtant s'inquiéter d'une révolution qui n'a pas été encore entamée quand le changement climatique, lui, prend déjà une ampleur considérable et fait peser des risques sanitaires sur le peloton. Faudra-t-il attendre un drame pour que la prise de conscience soit générale ? Les accidents mortels et les si peu de changement qui les ont accompagnés, tendent à laisser penser que non.
Pas question de débattre de l'idée d'inverser le Giro et la Vuelta selon les principaux intéressés. Pas le moment de se lancer dans de grands changements, comme la réduction permanente du kilométrage des étapes, à défaut de faire bouger les calendriers, pensent d'autres. En attendant, tout le retard pris ne sera jamais rattrapé puisqu'on imagine qu'il faudra du temps pour mettre tout ce beau monde autour d'une table, et qu'il en faudra encore plus pour qu'ils se mettent d'accord sur des solutions concrètes, et surtout efficaces.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/02/image-762153d1-43fe-47bc-a55b-87dd5e59fbfc-68-310-310.jpeg)