Qui est le dernier coureur à avoir triomphé à Roubaix et Liège ? “Eddy Merckx ?”, suggère Greg Van Avermaet, parce qu’il est Belge, et parce que le grand Eddy reste la référence naturelle pour n’importe quel suiveur sondant les plus hauts faits d’armes de l’histoire cycliste.
Depuis, Bernard Hinault et Sean Kelly ont imité le grand Eddy, dans les années 1980, et le nouveau final tracé cette année dans la cité ardente, sur le plat, a réveillé un fantasme que le champion olympique a tempéré lorsque nous l’avons rencontré à Oman, mi-février.
Sous ses nouvelles couleurs de la CCC, le Belge de 33 ans, fer de lance d’une équipe contrainte de réduire la voilure cet hiver en changeant de sponsors, se voit plutôt étoffer son palmarès sur le Tour des Flandres et les Championnats du monde.
Tokyo 2020
Revivez le jour de gloire de Van Avermaet
12/04/2021 À 10:02
Nouvelle saison, nouvelles couleurs, nouvelles ambitions… Comment abordez-vous 2019?
Greg Van Avermaet : Je suis très satisfait de ma préparation. C’est une nouvelle équipe mais nous sommes ambitieux. On a bien commencé au Down Under avec Patrick Bevin (vainqueur de la 2e étape) et j’étais évidemment très content moi-même de gagner une étape à Valence. C’est très important. On a un nouveau sponsor. En commençant bien, on peut espérer créer une bonne dynamique et poursuivre sur ce ton toute la saison.
À quel point le passage de témoin entre BMC et CCC a changé les choses ?
G.V.A. : Oh… La base de l’équipe est toujours la même. On a gardé le même encadrement, la même structure avec les mêmes personnes : mécaniciens, soigneurs, directeurs… On est allé en camp d’entraînement dans le même hôtel donc je pense que c’est pareil, on a simplement changé de sponsors. CCC est notre sponsor principal, Giant notre nouveau fournisseur de vélo, et Etxeondo s’occupe des vêtements. Ce sont de très bonnes marques, je dois simplement m’adapter un peu mais on a eu tout l’hiver pour ça. Donc pour l’instant je ne vois pas de désavantage lié à ces changements. Ça me donne même une motivation supplémentaire. Dans un nouvel environnement, tu as envie de faire des efforts en plus.
Ça s’est traduit par une victoire à Valence, après une période de disette (2 victoires en 2018 : une étape à Oman et le général au Yorkshire)… Qu’avez-vous ressenti en gagnant à nouveau ?
G.V.A. : C’était génial. Quand on court, c’est avec l’ambition de gagner. Et j’ai enfin retrouvé ça. Je pense que l’année dernière était une bonne année. J’étais à un bon niveau de performance, j’ai porté le maillot jaune pendant huit jours, il me manquait juste une grosse victoire pour que ce soit une super année mais la concurrence est toujours très élevée sur les courses que je vise. 2017 s’est très bien déroulée, peut-être trop bien. 2018 a été une bonne année, mais c’est toujours mieux de pouvoir lever les bras à nouveau, pour moi et pour mes partenaires.

Van Avermaet était plus puissant que Trentin, sa victoire en vidéo

2017, c'était bizarre en fait. Tout est un peu venu tout seul.
Comment définiriez-vous votre rapport à la victoire ?
G.V.A. : Ce n’est pas une obsession, elle vient comme une récompense de tout le travail accompli. Les gens ne voient pas nécessairement tout le travail qu’on accomplit pour essayer de faire en sorte que tout se déroule bien. On fait tellement d’efforts en dehors de la course… Alors ensuite, c’est vraiment particulier de se voir premier sur la ligne d’arrivée. C’est ce qui te motive.
Alors comment vous sentiez-vous en 2017, lorsque la victoire ne semblait pas pouvoir vous échapper ?
G.V.A. : C’était bizarre en fait. Je prenais le départ avec la même ambition, en ayant fait le travail et ensuite tout est un peu venu tout seul. C’est une sensation étrange parce que j’étais toujours le mec qui devait travailler dur pour gagner des courses et en 2017 j’étais toujours premier ou deuxième. Je pense qu’il faut juste profiter du moment, et c’est ce que j’ai fait. J’ai compris ce qui se passait, je n’aurai probablement jamais une autre année comme 2017. Je peux avoir la même forme mais les courses ne se dérouleront jamais aussi bien. C’est aussi ce qui s’est passé en 2018. Je ne me sentais pas moins bon mais la tactique joue aussi un rôle plus important sur les classiques, il y a une grande part de décisions.
Les Jeux olympiques ou un monument comme Roubaix, les succès sur les Grands Tours… Quelle est votre victoire la plus significative ?
G.V.A. : Rio est le grand moment de ma carrière. Je l’ai dit tout de suite après avoir gagné : rien ne peut être plus grand. C’est une victoire spéciale parce que je pense qu’on n’a qu’une chance de gagner les Jeux olympiques dans une carrière. Il faut avoir le bon parcours, avoir la bonne condition… J’étais évidemment très très heureux de cette victoire et ce sera toujours le sommet de ma carrière.

Belgium's Greg Van Avermaet celebrates after winning the Men's Road cycling race in the Rio 2016 Olympic Games in Rio de Janeiro on August 6, 2016

Crédit: AFP

Au contraire, quelles défaites vous ont profondément marqué ?
G.V.A. : Les chutes font toujours mal, pas seulement physiquement. Il faut se relever et tenter de revenir à un bon niveau. Lorsque j’ai chuté sur le Tour des Flandres (en 2016), je pensais pouvoir gagner… Et l’instant d’après je me retrouve au sol et ma course est finie (il est victime d’une fracture de la clavicule, NDLR). J’imagine que ça fait partie du sport. Heureusement, j’ai pu échapper à de nombreuses chutes et j’ai connu une belle carrière.
Ok, il reste 15 kilomètres après la Roche-aux-Faucons, mais je pense toujours que Valverde et Alaphilippe peuvent faire la différence.
Avez-vous étudié le nouveau final de Liège-Bastogne-Liège ?
G.V.A. : J’ai vu le parcours et c’est une région que je connais très bien. Le problème, c’est que je fais une campagne des classiques très longue. Certaines années, j’ai fait Liège (7e en 2011, 11e en 2017), mais il faut que je prenne les choses au fil des semaines. Ce qui est sûr, c’est que je vais faire l’Amstel, et après peut-être que je peux enchaîner avec Liège. Mais ça dépend de ma condition et de comment je me sens à l’approche de la Doyenne. C’est toujours une course difficile.
Ce nouveau parcours peut-il mieux vous correspondre ?
G.V.A. : Ils ont musclé le milieu de parcours, avec la côte de Mont-le-Soie pour aller avec la Haute-Levée et le Rosier. Ça fait un gros bloc de difficultés. Et la Roche-aux-Faucons sera le juge de paix. Ok, il reste 15 kilomètres ensuite, mais je pense toujours que des coureurs comme (Alejandro) Valverde ou Julian Alaphilippe peuvent faire la différence dans cette ascension. Alors pour des coureurs comme moi, il faudra espérer qu’ils s’observent un peu.
Si vous gagniez le Tour de Flandres, pourriez-vous décaler votre pic de forme et vous concentrer sur Liège ?
G.V.A. : Je pourrais. Mais pour le moment, mon palmarès n’est pas assez étoffé pour ça. Je veux toujours me concentrer sur les flandriennes et l’Amstel dans la continuité. Je vais essayer de gagner le Ronde et après peut-être…
Il y a un côté flandrien dans le parcours des Mondiaux, c’est très bien pour moi.
Qu’est-ce qui vous fait penser que ça pourrait être votre année pour les Mondiaux ?
G.V.A. : Ce sera une course très longue, autour de 280-290 kilomètres. Il y a un côté flandrien dans le parcours, c’est très bien pour moi. C’est pour ça que j’irai avec de l’ambition. Je ne vais pas avoir beaucoup d’autres opportunités donc j’espère faire un bon résultat là-bas.
L’an dernier, c’était pour les grimpeurs. Qui seront vos rivaux cette année ?
G.V.A. : Ce seront les mecs des classiques, (Peter) Sagan, (Alexander) Kristoff… Des gars rapides avec beaucoup de punch. Je pense qu’on aura les meilleures cartes à jouer. (Michael) Matthews peut aussi être très bon. Il faut voir comment la saison évolue mais les flandriens et les sprinteurs costauds seront dans le coup.
Et vous pourriez ajouter l’arc-en-ciel des Mondiaux à vos anneaux olympiques…
G.V.A. : Oui, mais c’est un objectif très difficile à atteindre. Les Mondiaux comme les Jeux sont tous les deux immenses. Mais pour moi… Les Jeux, c’était aussi particulier parce que mon père y a participé. Évidemment, les Mondiaux, c’est géant aussi mais j’ai pu profiter de ma victoire à Rio. Ça a changé ma vie et c’est pour ça que je les apprécie encore plus.

CCC Team UNICEF Greg Van Avermaet

Crédit: From Official Website

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