"On avait peu parlé depuis un an et on pensait que j’avais un truc à cacher. Non, je n’avais juste pas envie." Thibaut Pinot est un homme assez rare en interview. Mais quand il s'exprime, c'est parce qu'il a des choses intéressantes à raconter. Même si elles sont dures. Le grimpeur de la Groupama-FDJ ronge son frein depuis des mois et cette chute dans le final de la 1re étape du Tour de France 2020 sur la Promenade des anglais niçoise. Touché au dos, Pinot n'est toujours pas sorti de son calvaire, des douleurs permanentes, et un diagnostic difficile à réaliser. Après avoir assuré il y a une semaine que le chemin de la guérison était enfin sur la bonne voie, le Franc-Comtois peut jeter un œil sur ces derniers mois. Un œil franc, dur, acéré. A l'image de sa souffrance qui lui a ruiné le moral.
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"Il y a des jours où j’ai eu des instants pénibles, évoque-t-il dans une longue et très intéressante interview au Parisien ce mardi. Parfois, j’étais bloqué dans les bouchons pour aller à Paris et je me demandais à quoi tout cela rimait. Le Giro, que j’aurais dû disputer, se courait. La météo était dégueulasse, j’enchaînais les rendez-vous… Je refusais de regarder la moindre course à la télé, ni le Giro ni le Dauphiné tellement j’étais dégoûté. Tout cela me faisait trop mal."
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Déjà la poisse pour Thibaut Pinot, au tapis dans le final

Pris dans une spirale d'examens pour tenter d'en savoir enfin un peu plus sur ses douleurs – "même en cuisinant ou en marchant" explique-t-il -, le cyclisme lui a semblé si loin. Au point de remettre très sérieusement en question la suite de sa vie dans le peloton. "Combien de fois j’ai pété les plombs, seul dans ma voiture. Il y a même un jour, sur le périphérique parisien, où j’ai fondu en larmes tellement je n’en pouvais plus. Alors, oui, j'ai songé à stopper ma carrière."
Quelle que soit la course, je m’en fous. Je veux juste recourir.
Par la force de son entourage, tant familial qu'au sein de sa formation de la Groupama-FDJ, Thibaut Pinot est désormais formel, ces "pensées négatives" sont derrière lui. Mieux, il envisage désormais la suite, qui semblait plus qu'abstraite après son Tour des Alpes qu'il jugeait "catastrophique" fin avril. "J’ai recommencé récemment à faire du vélo plus sérieusement avec des sorties de 4 heures. Se coucher avec un mal de ventre parce qu’on a beaucoup roulé, ça fait du bien. […] Il y a un stage à Tignes mi-juillet avec l’équipe et je vais y aller. Je n’étais pas obligé mais j’ai envie de retrouver mes coéquipiers."
"Je me donne jusqu’à fin juillet pour savoir si je peux espérer remettre un dossard avant la fin de saison, poursuit-il. Quelle que soit la course, je m’en fous. Je veux juste recourir." A 31 ans, Pinot a encore quelques belles années à venir et le clame : "je reviendrai sur le Tour". Il ne manquera en tout cas pas de sources de motivation, entre cette chute de 2020 sur laquelle il n'arrive pas encore à passer – "cette colère, je la ressens toujours" assure-t-il – et les mauvaises langues qui voient dans son absence de compétition une blessure psychologique et non physique. "Si vous saviez combien de fois, je me suis retenu sur Twitter de répondre à des messages ignobles. Je respirais un grand coup pour ne pas écrire n’importe quoi. Il y a des gens que j’ai envie d’allumer sévèrement. Je le ferai peut-être quand je ne serai plus coureur. Pour l’instant, je reste poli, même si certains mériteraient des claques. Lire que mes douleurs sont imaginaires, ça me rend fou."
Les occasions de faire oublier ces mois de galère ne devraient pas manquer de se présenter. Comme Thibaut Pinot le dit à fort juste titre, sa carrière aura de toute façon rarement été un long fleuve tranquille, "des très hauts et aussi des très bas, jamais de trucs tièdes". Comme la flamme ne s'est pas consumée…
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