Victor Lafay et sa signature chez Unibet Rose Rockets : "Ça ne servait à rien qu'une équipe World Tour vienne discuter"

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Mercredi, l'équipe Unibet Rose Rockets a annoncé la signature de Victor Lafay. Le Français, 29 ans, avait évoqué, en septembre, ses envies de retraite et de quitter un monde dans lequel il ne se retrouvait pas toujours. C'est dans une équipe différente qu'il va poursuivre l'aventure avec deux idées en tête : celle de participer au Tour de France 2026 et celle de retrouver son meilleur niveau.

Pourquoi Unibet Rose Rockets a des chances d'être au départ du Tour de France 2026

Video credit: Eurosport

Victor Lafay a trouvé un point de chute. Ce ne sera pas la retraite à 29 ans mais une nouvelle aventure dans une équipe pas comme les autres, Unibet Rose Rockets. Fondée notamment par l'ancien coureur devenu YouTubeur, Bas Tietema, cette formation casse les codes du cyclisme, notamment dans sa communication qui a évidemment épousé les envies de son créateur. C'est ce cadre, un peu moins formel et plus ouvert au public, qui a plus à Lafay. Entretien.
Il y a un mois et demi au Québec, vous ne saviez pas encore de quoi serait fait votre avenir. Sauriez-vous expliquer ce qui a changé depuis ?
Victor Lafay : J'étais un peu au début de la réflexion. Elle a énormément évolué depuis. Disons que je savais ce que je ne voulais pas mais je ne savais pas encore ce que je voulais vraiment. Ce que je ne voulais pas, c'était rester dans un cadre d'équipe classique World Tour où tout doit être contrôlé, tout doit être parfait et où il n'y a pas trop de place à l'exotisme, à l'improvisation. Tout doit être réglé et ce n'est pas du tout comme ça que je fonctionne. C'est pour ça que j'ai dit à mon agent que ça ne servait à rien que n'importe quelle équipe World vienne discuter avec moi.
Vous cherchiez le bon cadre…
V.L. : Il me restait encore la possibilité de faire complètement autre chose, mais j'ai rapidement écarté cette possibilité en me disant que j'avais envie de rester déjà dans le sport, mais surtout dans le vélo parce que je prenais beaucoup de plaisir à rouler. Je me suis aussi dit qu'il y avait peut-être d'autres personnes comme moi qui galéraient un peu à trouver leur place dans ce monde-là et que je pouvais me servir de la place que je me suis faite pour communiquer là-dessus et partager mon expérience. C'est quelque chose qui me tient à cœur.
En disant que vous recherchez de l'exotisme, un peu moins de cadre, n'avez-vous pas peur qu'on vous taxe de dilettantisme ?
V.L. : Au contraire. D'ailleurs, quand je vois les retours sur ma signature chez Unibet Rose Rockets, je crois que tout le monde a bien compris que ce serait une équipe où je serai vraiment bien. Donc non, au contraire, je crois que la plupart des gens sont très contents que je continue. L'équipe est quand même d'un bon niveau et surtout elle progresse très rapidement. 
À Montréal, je me suis arrêté dans un virage pour profiter de la course
Au Canada, vous disiez avoir de bonnes jambes, vous espériez un résultat, peut-être trouver des réponses aussi. Vous étiez dans l'échappée sur le GP de Montréal mais ce fut deux courses difficiles. Cela vous a-t-il rapproché de la retraite ? 
V.L. : Non, pas forcément. A Montréal, je pense que j'étais en bonne forme, mais la course a littéralement été écrasée par l'équipe UAE et par Tadej Pogacar. J'ai pris beaucoup de plaisir parce que j'ai réfléchi avant de prendre le départ de la course, je connaissais le scénario, je savais très bien ce qui allait se passer. Je me suis demandé où j'allais prendre le plus de plaisir et c'était dans l'échappée. J'ai pris beaucoup de plaisir même si quand je me suis fait rattraper, je savais que j'étais cuit pour faire un résultat et même pour terminer la course. Je me suis arrêté dans un virage où il y avait beaucoup de spectateurs et j'ai profité de la course avec eux.
Vous ne vouliez donc pas d'équipes World Tour mais est-ce que certaines sont tout de même venues prendre la température ? 
V.L. : Oui, quelques-unes, notamment après la Chine (il a terminé 2e du Tour de Guangxi, ndlr) ou après les courses en Italie. J'ai aussi discuté avec TotalEnergies qui avait un beau projet pour moi et qui, je pense, est une équipe vraiment humaine dans laquelle j'aurais pu m'épanouir. Mais le projet de Unibet Rose Rockets m'a vraiment motivé. Le fait que ce soit une équipe hyper récente et qu'ils fassent vraiment les choses différemment que les autres… Rien que sur la communication, ils sont assez exceptionnels. Je veux un peu plus partager ma vie de cycliste professionnel, continuer à inspirer. C'est une équipe qui me permettra d'avoir une bonne visibilité. C'est excitant.
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Comment se sont passées les discussions avec eux ?
V.L. : Au début, je leur ai dit non. Je me voyais plus partir sur un projet à faire du gravel, un peu d'ultra distance, des voyages à vélo, certains axés performances, d'autres axés découverte et exploration. Ils ont réussi à me convaincre. Quand je leur ai dit non, Bas Tietema (l'un des fondateurs de l'équipe, ndlr) m'a demandé de venir me voir à Annecy. C'était par curiosité. Il voulait comprendre pourquoi je voulais arrêter et trouver un compromis qui me rende heureux de continuer à faire du vélo sur la route. 
On imagine qu'on ne se trompe pas si on dit que le Tour de France et l'invitation espérée par cette équipe ont joué dans leur volonté de vous faire venir…
V.L. :  L'équipe a été créée pour aller sur le Tour de France, pour essayer de gagner une étape. Je pense que leur recrutement pour l'année prochaine a été axé autour de ça. Ils ont dû voir qu'avec ce qui se passait, des équipes qui disparaissaient, c'était peut-être l'année où ils avaient le plus de chances d'aller sur le Tour de France. Je pense que c'est aussi pour ça qu'ils souhaitaient vraiment m'avoir avec eux.
Avez-vous discuté de votre rôle ?
V.L. : Je pense que j'aurai un rôle de leader-puncheur, ça c'est clair. Après, il y a quand même Dylan Groenewegen. On a parlé notamment du Tour de France. Je leur ai dit que s'ils veulent aller chercher une victoire sur le Tour, il ne faut pas trop se disperser à vouloir chasser plusieurs types d'étapes. Tu ne peux pas arriver avec une équipe coupée en deux. J'étais carrément prêt à aider l'équipe pour les sprints dans le train autour de Dylan. Je pense que c'est la meilleure chance de victoire sur le Tour.
Votre volonté de quitter World Tour, était-ce aussi pour éviter parfois de vous retrouver dans des courses comme le GP de Montréal, avec Pogacar ?
V.L. :  J'aime bien quand on peut aller voyager et faire des courses comme j'ai pu faire en Chine sur la fin de saison ou comme je l'avais déjà fait aussi quelques fois avec Cofidis, quand on allait par exemple l'Artic Race. Mais ce n'est pas le but d'aller chercher une adversité un peu moins élevée. J'ai beaucoup aimé les courses en Italie avec Pogacar ou Del Toro. C'est quelque chose qui me motive de se frotter aux meilleurs coureurs du monde. Mais ce que je veux, c'est découvrir de nouvelles courses et d'en profiter pour voyager, voir de nouveaux pays. C'est quand même un luxe qu'on a de pouvoir faire ça. 
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Sur les Trois Vallées Varésines, on vous a vu à l'attaque avec Pogacar et Del Toro. On croyait revivre le début du Tour de France 2023 au Pays basque quand vous aviez suivi Pogacar et Vingegaard… 
V.L. :  C'était assez fou comme moment. A la base, c'est moi qui lance l'attaque. Et au bout d'un moment, j'entends que Del Toro est dans ma roue. Il me passe devant et là, je me dis : "tu t'accroches jusqu'au sommet". J'étais au maximum de ce que je pouvais faire. Au sommet, il y avait aussi Pogacar dans ma roue. J'étais dans une super journée. J'ai été déçu que dans la descente Del Toro fasse la cassure pour Pogacar. Je me suis dit que c'était un peu bête de faire cet effort-là pour ensuite me faire enterrer comme ça. J'aurais bien essayé de voir si je pouvais suivre Pogacar dans la montée suivante. Mais par contre, ça fait plaisir de voir que sur un effort de puncheur sur deux minutes, j'arrive à tenir les meilleurs coureurs du monde.
Pensez-vous que l'on peut retrouver ce Victor Lafay ? Celui qui avait suivi Pogacar et Vingegaard en 2023, qui avait remporté une étape du Tour de France ?
V.L. : Oui, complètement ! Quand je vois la forme dans laquelle j'étais en Chine notamment, je pense que oui. J'ai explosé mes valeurs là-bas sur la dernière course de la saison. Forcément, c'est moins vu. C'est une course exotique, même si c'est World Tour. Il y a quand même un niveau un peu en dessous. Mais franchement, j'étais vraiment super bien. Après, tous les autres progressent aussi. Il faudra essayer d'être encore meilleur que le niveau que j'avais en Chine. Je pense que sur certaines courses vraiment faites pour moi, comme une Flèche Wallonne ou peut-être l'étape de Barcelone sur le Tour de France 2026, ça peut vraiment être des journées où je peux arriver à retrouver le même niveau qu'il y a deux ans. 
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