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Course aux points, barème, réactions : Qui sera en World Tour en 2023 ?
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Publié 12/10/2022 à 13:23 GMT+2
La saison sur route s’achève, et avec elle un cycle de trois ans à l’issue duquel l'UCI attribue les 18 licenses World Tour qui assurent aux meilleures équipes du monde une participation automatique aux plus grandes épreuves du calendrier. Cette semaine, nous revenons sur ce nouveau système qui, après de vifs débats, va permettre à Alpecin-Deceuninck et Arkea-Samsic d'intégrer la division d'élite
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Quel est le principe ?
Sur la route, on court toute l’année à travers la planète. L’Union cycliste internationale compte 340 jours de course (dans la catégorie Hommes Elite, les pros) pour la saison 2022, débutée en octobre 2021 et qui s’achève ce week-end avec la Veneto Classic, le Chrono des Nations et la Japan Cup. Le calendrier international s’organise en divisions (World Tour, Pro Series, circuits continentaux).
Les équipes ont accès aux différentes épreuves en fonction de leur propre statut. Au sommet de la hiérarchie, les “World Teams” sont inscrites d’office aux épreuves World Tour : les Grands Tours, les Monuments et certaines épreuves par étapes (Paris-Nice, Tirreno, Pologne…) et courses d’un jour (Het Nieuwsblad, Strade Bianche, Bretagne Classic…). Les autres équipes peuvent être invitées par les organisateurs ou se qualifier, sous certaines conditions.
Pour intégrer la division d’élite, il faut répondre aux exigences de l’UCI sur différents critères (finances, éthique…). "Les 18 équipes les mieux classées au [classement mondial UCI sur 3 ans], parmi les équipes ayant fait candidature pour une licence UCI WorldTour, sont réputées satisfaire au critère sportif”, précise le règlement.
La "course aux points" correspond donc au besoin de défendre sa place parmi les meilleures équipes du monde selon le barème établi par l’UCI. Une fois les licences attribuées, un nouveau cycle de trois ans s’ouvre jusqu’aux prochaines montées et relégations potentielles.
Comment marquer des points ?
En gagnant des épreuves, en montant sur les podiums, en portant le maillot de leader, en brillant dans les classements annexes, en faisant des places d’honneur, voire des places tout court. L’UCI a établi un vaste barème en fonction de la classification des épreuves au sein du calendrier international.
La course la plus créditée est le Tour de France : Jonas Vingegaard a apporté 1 000 points à la Jumbo-Visma avec sa victoire au classement général. Il faut ajouter 120 points par victoire d’étape, autant pour le maillot à pois ou encore 25 points pour chaque jour en jaune.
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Des points sont attribués pour les 60 premiers coureurs des Mondiaux et des courses World Tour, selon une échelle qui prend en compte le prestige des épreuves. Les courses de classe 2 (la plus petite division des circuits continentaux) et les championnats nationaux sont les moins bien dotés.
Le classement final est établi en additionnant les classements mondiaux à l’issue de chacune des trois saisons prises en compte. Seuls les dix meilleurs coureurs de l’équipe lors de chaque saison sont pris en compte.
Qu’en pense le peloton ?
La réforme de l’UCI a visiblement laissé coureurs et dirigeants sans voix, puisqu’il a leur a fallu longtemps avant de s’emparer du sujet. Le nouveau système de promotion et de relégation a été annoncé fin 2018, dans le cadre d’une refonte plus large du calendrier, et est entré en vigueur pour la saison 2020. Mais c’est en 2022 que les débats ont émergé, à l’approche du couperet au bout d’un premier cycle de trois saisons.
"Aujourd’hui, nous sommes six ou sept équipes à devoir courir pour marquer des points, c’est une folie", a lancé le patron de l’équipe Movistar, Eusebio Unzué, cet été. Son homologue d’EF Education, Jonathan Vaughters, renchérissait en parlant du "maintien ou la mort".
Également concernés par la course aux points, Bryan Coquard et la Cofidis se montraient eux aussi bien embêtés sur la dernière Vuelta : "Gagner une étape sur la Vuelta (100 pts) rapporte moins que sur Cholet-Pays de Loire ou la Tourangelle (125 pts)". Le barème, qui valorise les courses d’un jour face aux étapes, fait partie des éléments les plus critiqués de la réforme.
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Bryan Coquard
Crédit: Getty Images
D’autres, notamment au sein d’une équipes BikeExchange frappée par les accès de malchance de Simon Yates, ont regretté que leur place dans l’élite soit menacée en pleine pandémie, avec tout l’impact que le Covid-19 a eu sur le calendrier et la participation des coureurs. Dans un tweet rapidement supprimé, Tao Geoghegan Hart (dont l’équipe Ineos Grenadiers n’a jamais rien eu à craindre) en appelait à la "solidarité" du peloton face à l’application du système de promotion/relégation, que certaines équipes ont envisagé de contester en justice.
Les échos sont bien différents parmi les équipes de deuxième division aspirant à la montée. Sponsor de l’équipe norvégienne Uno-X, Vegar Kulset a illustré cet entre-soi cycliste : "Imaginez un club de Premier League qui, à la fin de la saison et à l’approche de la relégation, se plaint que le système est injuste à cause des blessures et du Covid. Et le dernier argument : nous sommes un club historique et nous ne méritons pas ça."
Qui va monter et descendre ?
Il reste une poignée d’épreuves à disputer et les suiveurs avertis savent que l’UCI peut encore opérer quelques corrections mineures au sein de son classement, mais les tendances des trois dernières années ne peuvent plus être inversées. Avec 2 000 points de retard sur la 18e place, Israel Premier Tech est condamnée depuis le mois dernier. Lotto Soudal a entretenu un peu plus d’espoir, sans succès.
Sans surprise, la première promotion revient à Alpecin-Deceuninck. Avec des victoires sur les plus grandes épreuves du monde, la bande de Mathieu van der Poel va finir dans le top 10 du classement sur trois ans (8e avant les dernières épreuves). "Ça ne change pas grand chose en termes de calendrier mais il est normal pour nous et nos partenaires de vouloir faire partie de l’élite", nous explique le manager Christoph Roodhooft.
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A la 18e place, les Bretons d’Arkea Samsic attendent les dernières courses pour célébrer la montée mais les calculs du directeur sportif Yvon Caër (et les performances des coureurs, même sans le Tour de Quintana) vont porter leurs fruits. L’équipe française a un peu plus de 1 000 points de marge sur Lotto Soudal.
L’équipe belge n’est pas pour autant condamnée à l’anonymat. Parmi les équipes qui ne seront pas au sein du World Tour l’an prochain, elle est celle qui a signé la meilleure saison 2022 au classement mondial, devant TotalEnergies. Les règlements UCI prévoient que ces deux équipes soient automatiquement invitées sur toutes les épreuves World Tour en 2023 (libre à elles de participer ou non). Israel Premier Tech les suit au classement et sera donc invitée sur les courses d’un jour du World Tour. Pour les autres événements, cela dépendra des organisateurs.
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