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Vino, 12 ans après?
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Publié 07/06/2011 à 09:03 GMT+2
Rayonnant sur le podium, Alexandre Vinokourov a endossé le maillot jaune et bleu de leader lundi à Saint-Pierre-de-Chartreuse. A 37 ans passés, le Kazakh reste un sacré client sur une course comme le Dauphiné. A point de pouvoir briguer une 2e victoire dans le Critérium, 12 ans après la première.
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Crédit: Eurosport
C'est presque le début de semaine idéal. Bien sûr, Alexandre Vinokourov n'aime rien tant que lever les bras. La victoire a toujours été sa raison de courir. Mais en terminant le prologue à la deuxième place dimanche derrière Lars Boom, avant de prendre la 4e place de la très sélective première étape en ligne le lendemain, le leader de l'équipe Astana s'est montré particulièrement à son avantage en ce début de Dauphiné. Résultat, après deux jours, le leader du classement général, c'est lui. Il ne l'avait pas forcément prévu, mais c'est comme ça.
Ce final exigeant semblait même taillé pour lui et certains avaient fait de Vino un vainqueur potentiel pour ce premier rendez-vous en moyenne altitude. Mais A vrai dire, Vino n'était pas déçu de ne pas avoir joué la gagne à Saint-Pierre-de-Chartreuse. D'abord parce qu'il a souffert dans le final. Tout n'a pas été simple, même pour lui. "Je ne savais pas que le final était si raide, a avoué le Kazakh. Ce dernier kilomètre était vraiment difficile. J’étais un peu en difficulté quand Rodriguez a attaqué, j'étais même un peu dans le rouge. Mais je me suis accroché pour le suivre et finalement mes jambes ont bien répondu quand même. C'était difficile de gagner dans une montée comme ça. Puis Van den Broeck a pris l'avantage tout de suite."
Le point après le chrono
Puis Vinokourov savait pertinemment qu'à défaut du gain de l'étape, il y avait le maillot jaune et bleu à récupérer. Lars Boom, le seul à l'avoir devancé dans le chrono initial de Saint-Jean-de-Maurienne, n'avait pas les moyens de suivre les meilleurs lundi. Alors, en contrôlant, le Kazakh était presque assuré de prendre le pouvoir, d'autant qu'il n'y a pas de bonifications sur le Dauphiné. "On en avait discuté, confie Vino. Il y avait là une bonne occasion de prendre le maillot jaune et je l’ai fait. C’est magnifique." Un maillot qu'il doit maintenant défendre, en attendant le rendez-vous déterminant du contre-la-montre de Grenoble. "Mardi, on va contrôler avec les équipes des sprinteurs, pour eux il n'y a pas beaucoup d'arrivées possibles sur ce Dauphiné."
Pas sûr, pourtant, que les sprinters aient leur mot à dire dans l'arrivée en côte de la Croix-Rousse, davantage formatée pour un puncheur que pour un pur sprinter. Pour un peu, on y verrait bien Vinokourov passer à l'attaque…. Mais pour lui, pas question pour l'instant de verrouiller la course coûte que coûte. "Nous n'avons pas Contador dans notre équipe!, reprend le nouveau leader. Nous allons aussi voir comment les autres équipes vont réagir." En somme, sa prise de pouvoir ne change pas fondamentalement son approche. Il veut se montrer opportuniste, saisir les occasions, et faire les comptes après le chrono grenoblois. "Il faudra voir après, dit-il prudemment. Les écarts sont encore faibles puis il peut se passer beaucoup de choses dans les étapes dures de vendredi à dimanche."
En attendant, il se satisfait de sa position, et plus encore de sa condition. "Je suis content en tout cas de ma forme, concède-t-il. Je n'ai pas couru depuis le Tour de Romandie, plus d'un mois. Je sens que je peux encore progresser en montagne". Pour ce qui doit être son dernier Dauphiné, on le sent en tout cas heureux d'être dans le coup. Car le Dauphiné, pour Vino, n'est pas une course anodine. C'est là, en 1999, un an après avoir signé chez Vincent Lavenu, qu'il avait révélé pour de bon son talent. Certes, il avait enlevé les Quatre Jours de Dunkerque quelques semaines plus tôt, mais sa victoire dans le Critérium l'avait fait entrer dans la cour des grands. Même s'il avance à pas comptés, il ne cracherait pas sur un deuxième sacre, 12 ans après.
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