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Critérium du Dauphiné Libéré : Les quatre endroits où Alberto Contador peut vaincre Chris Froome

Si Contador doit attaquer Froome jusqu'à dimanche, c'est ici qu'il doit le faire

Le 12/06/2014 à 19:02Mis à jour Le 13/06/2014 à 11:15

Si l'offensive d'Alberto Contador dans la descente du col de la Morte n'a pas payé, elle nous a au moins rappelé une chose. L'Espagnol, deuxième du général à 12 secondes, va attaquer Chris Froome à la moindre occasion. "S'il est très fort, il attaquera en montée. Pas en descente" a piqué le Britannique, qui a cette fois pu compter sur son équipe. Voici où Contador pourrait le faire vaciller.

Un raidard à 15%

6E ETAPE : Grenoble – Poisy (178,5km)

Pourquoi ? Placé à moins deux kilomètres de l'arrivée de la sixième étape vendredi à Poisy, ce mur à 15% pourrait convenir à l'Espagnol, qui semble avoir retrouvé son punch d'antan. L'effort, placé si près de l'arrivée, ne devrait pas lui coûter beaucoup d'énergie avant la haute-montagne samedi et dimanche.

Comment ? En faisant rouler à bloc son équipe dans les 20 derniers kilomètres qui sont très vallonnés (deux côtes de 4e catégorie). Pour durcir la course et isoler Froome.

Qu'est-ce qui peut bloquer ? La Sky aura des alliés. Les sprinters qui passent les bosses (du genre Julien Simon) vont être intéressés par la victoire d'étape et vont mettre à contribution leur équipe pour favoriser une arrivée massive.

Probabilité de l'attaque : 50 %

Le col du Corbier

7E ETAPE : Ville-la-Grand / Finhaut-Emosson (160km)

Pourquoi ? Col de première catégorie, le col du Corbier (7,5km à 7,5%) est assez difficile pour créer des écarts. Et à 100 kilomètres de l'arrivée, la surprise sera totale pour les équipiers de Christopher Froome. Pour enfoncer le clou, il restera alors trois ascensions dont les difficiles col de la Forclaz et montée finale vers Finhaut-Emosson. Et si Contador n'a jamais eu peur d'attaquer au risque de tout perdre, ça ne va pas débuter ici, sur le Dauphiné.

Comment ? En ayant placé deux équipiers dans une échappée matinale, qui lui serviront ensuite de soutien une fois l'attaque lancée.

Qu'est ce qui peut bloquer ? Les 25 kilomètres de plaine entre le pied de la descente du Pas de Morgins (Km104) et l'ascension du col de la Forclaz (Km130). Certes, Contador aime les coups de loin. Mais son amour pour les chevauchées fantastiques pourrait avoir des limites.

Probabilité de l'attaque ? 15%. Bon d'accord, c'est la moins attendue. Mais ça aurait de la gueule, non ?

La descente du col de la Forclaz

7E ETAPE : Ville-la-Grand / Finhaut-Emosson (160km)

Pourquoi ? Parce que Contador aime les descentes. Et Froome beaucoup moins. Dans celle du col de la Morte jeudi, Contador lui a repris une minute en l'espace de dix kilomètres. Un avantage qui pourrait être suffisant au pied de la descente du Forclaz (longue de dix kilomètres également) pour envisager la victoire. Il ne restera qu'à tenir sur les dix kilomètres à 8% de l'ascension finale vers Finhaut-Emosson

Comment ? En attaquant tout simplement. Contador n'a besoin de personne sur ce coup-là. Même si un renfort de Nibali, excellent acrobate, ne se refuserait pas.

Qu'est ce qui peut bloquer ? La descente n'est pas très sinueuse. Peu de lacets, et de courbes techniques pour se faire la malle en un éclair. Un Froome averti, et il l'est, semble capable d'amortir une accélération de Contador dans ces conditions.

Probabilité de l'attaque ? 80%

Dans la vallée d'Albertville

8E ETAPE : Megève / Courchevel (131,5km)

Pourquoi ? Après les premières ascensions du jour, il y aura près de 45 kilomètres de vallée pour rejoindre la côte de Montagny (1ère catégorie). Une transition qui pourrait s'avérer fatale pour un Froome isolé. Impérial dans les forts pourcentages, il ne pourra pas aller tout chercher sur le plat. Et qui dit étape courte (131,5km), dit aussi étape nerveuse. C'est la dernière de ce Dauphiné. Contador n'aura pas d'arrière-pensée. Et pourrait trouver de nombreux alliés de circonstances face à la domination de Froome qui en agace beaucoup.

Comment ? En faisant tout exploser d'entrée dans la côte de Domancy et le col des Saisies avec son équipe Tinkoff-Saxo. Sur le Tour 2013, Froome s'était retrouvé vulnérable et isolé au bout de 50 kilomètres de course lors de la 9e étape, grâce aux assauts coordonnés de ses adversaires dans le Portet d'Aspet et le col de Menté. Il avait manqué un peu d'audace à Quintana et Contador pour l'achever. Mais cette année, le Madrilène n'en manque pas.

Qu'est ce qui peut bloquer ? Pas sûr que le col des Saisies (13,4km à 5,2%) soit suffisamment raide pour faire craquer l'équipe Sky. Richie Porte et Mikel Nieve se sont montrés impériales dans la côte de Laffrey pour revenir ensuite sur Alberto Contador. Puis, après tout, si El Pistolero n'a toujours que 12 secondes de retard, il n'aura pas besoin de dégainer d'aussi si loin. Une attaque à 20 kilomètres de l'arrivée, au plus fort de la pente dans la côte de Montagny (8km à 6,5%), ou plus simplement dans le final de l'arrivée à Couchevel Le Praz (5,9km à 6,2%) pourrait suffire à faire basculer la course. Mais en attaquant en montée, et pas dans la descente, il prouverait au moins qu'il est bel et bien "très fort" à Froome. Et l'essentiel est peut-être là à trois semaines du Tour de France.

Probabilité de l'attaque ? 30%

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