Un pari audacieux. L'an passé, Primoz Roglic s'était aligné au départ du Tour de France sans la moindre course de préparation. Il n'avait pas épinglé de dossard pendant deux mois, entre Liège-Bastogne-Liège et la Grande Boucle. Résultat : il avait goûté au bitume dans l'Hexagone, avant de s'éclipser après huit étapes. Cette année, le leader de la Jumbo-Visma adopte une approche plus classique. Dimanche, il débutera le Critérium du Dauphiné (5-12 juin) avec l'étiquette de favori.
Retenter le coup de 2021 n'était pas envisageable. Absent depuis le Tour du Pays basque (4-9 avril), Roglic a besoin de rythme. Il avait fait l'impasse sur les Ardennaises en raison d'une douleur derrière un genou. Un pépin physique oublié, à l'en croire. "La douleur était apparue après Milan-San Remo (soit le 19 mars, NDLR) et elle disparaissait après un jour de repos (…) C'est un problème assez spécifique mais, désormais, c'est réglé", a-t-il déclaré il y a un mois, selon L'Equipe.
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"Roglic a besoin d'automatismes"

Aux yeux de Nicolas Fritsch : pas de regret. L'option d'une reprise au Tour n'était pas idéale, au-delà de ce contretemps dans la saison du Slovène. Il a cessé d'exister en tant que "simple" sauteur à ski reconverti, mais Primoz Roglic reste un cycliste qui s'est découvert sur le tard. "Il ne fait pas du vélo depuis qu'il a cinq ans, il n'est pas habile comme Van der Poel, étaye notre consultant. Roglic a besoin d'automatismes (…) de se réhabituer à être dans un peloton, à frotter."
Le Dauphiné lui offre l'opportunité de se remettre en route, à quatre semaines du Tour de France (1-24 juillet). L'épreuve qui peut le faire changer de dimension dans l'histoire du cyclisme. Triple tenant du titre de la Vuelta, Primoz Roglic n'a jamais gagné le Tour. Il l'a achevé au pied du podium en 2018, alors qu'il toquait tout juste à la porte des ténors. Il l'a perdu la veille de l'arrivée en 2020, face à un Tadej Pogacar éblouissant, et il l'a donc quitté précipitamment en 2021.

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Pas de Pogacar pour s'étalonner

Ce Critérium du Dauphiné – qu'il n'a jamais remporté non plus – ne lui offre pas l'occasion de se mesurer à Pogacar. Son compatriote, lauréat des deux dernières éditions du Tour de France, a choisi le Tour de Slovénie (15-19 juin) pour parfaire sa condition. Dommage. Parce que même en se disant diminué, Roglic a pris la 8e place au Pays basque, après avoir porté la tunique de leader pendant quatre jours. Saura-t-on s'il est en pleine possession de ses moyens ?
Le plateau n'est pas indigne d'une course World Tour, loin s'en faut, mais le contre-la-montre de 32 bornes qui interviendra lors de la 4e étape pourrait mettre le leader de la Jumbo-Visma en position de force. Ses principaux adversaires se nomment Enric Mas (Movistar), David Gaudu (Groupama-FDJ), Brandon McNulty (UAE Emirates) ou autre Damiano Caruso (Bahrain - Victorious), tandis que l'équipe INEOS Grenadiers présente une drôle de composition.
Daniel Felipe Martinez, Geraint Thomas et Adam Yates vont faire le Tour de Suisse (12-19 juin), et non le Dauphiné. En France, la formation britannique va peut-être miser sur le vainqueur du Giro 2020, Tao Geoghegan Hart. Mais elle pourrait aussi se mettre dans l'optique de chasser les bouquets, avec Ethan Hayter et Michal Kwiatkowski en fers de lance. Autre atout en ce sens : le chrono est taillé pour Filippo Ganna, double champion du monde de la spécialité.

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Jumbo-Visma sort l'artillerie lourde

Du côté de la structure néerlandaise, l'ambition de s'adjuger le classement général semble plus manifeste. L'armada est de sortie. Primoz Roglic devrait être accompagné de Jonas Vingegaard, 2e du Tour l'an dernier, de Wout van Aert, qui a été décisif dans son succès lors de Paris-Nice cette saison, ou encore de Christophe Laporte, qui s'est vite fondu dans le moule de sa nouvelle équipe. Lors de la "course au soleil", il y avait un temps eu Jumo-Visma et les autres. Bis repetita ?
Vingegaard n'a terminé ni la Flèche wallonne (20 avril), ni Liège-Bastogne-Liège (24 avril), ses deux dernières courses. Mais il reste un lieutenant de luxe. L'imaginer en jaune lors du dernier week-end, montagneux, n'est pas saugrenu. Van Aert sera aussi à scruter, lui qui assume des envies de maillot vert pour le prochain Tour de France. L'avant-goût de Tour de France n'est que partiel sur ce Dauphiné. Mais du côté de la Jumbo-Visma, la Grande Boucle a quasiment commencé.

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