Cyclisme – Egan Bernal évoque la surdomination de Tadej Pogacar : "Il nous fait souvent passer pour des nuls"

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Egan Bernal n'est plus le prodige voué à dominer la planète cyclisme. Le Colombien, terrassé par un terrible accident en 2022, est rentré dans le rang depuis. Le vainqueur du Tour de France 2019 subit, comme le reste du peloton, la tyrannie d'un Tadej Pogacar omnipotent. Une situation difficile à vivre pour le Colombien qui espère quand même regagner un jour un grand tour.

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À une époque pas si lointaine, avant un accident dramatique de la circulation et l'avènement des fantastiques, Egan Bernal portait fièrement l'oriflamme de prodige de la petite reine. Vainqueur du Tour de France à seulement 22 ans (2019), le Colombien semblait filer tout droit vers une destinée dorée, sertie d'une bagatelle de grands tours. Un Giro, en 2021, est venu se greffer à son palmarès mais, depuis, rares ont été les victoires de prestige, la faute à une montagne de blessures causées par l'accident survenu en janvier 2022 lors d'un entraînement chez lui, en Colombie.
La nature a horreur du vide et le vélo s'est vite retrouvé un patron. Tadej Pogacar, depuis son sacre précoce sur la Grande Boucle en 2020, n'a cessé de cannibaliser les succès, anesthésiant une concurrence réduite en victime expiatoire et simple témoin de ses exploits. Bernal (28 ans), revenu à un haut niveau en 2025, a pu mesurer l'écart abyssal qui sépare le cheptel de son berger. "Il (Pogacar) est d'un autre niveau, reconnait sans fard l'Aigle de Zipaquira lors de l'émission colombienne Despierta Win. Quand on court contre lui, il nous fait souvent passer pour des nuls."
Je crois toujours qu'un jour je pourrai gagner à nouveau un grand tour
Une situation difficile à vivre pour celui qui était promis jadis à ce rôle de tyran. "Ça me met en colère, on se donne à fond, et lui, il file comme si de rien n'était." Derrière la frustration, pointe quand même une lueur de respect, voire d'admiration. "C'est génial de courir contre lui, il nous pousse à nous surpasser, se réjouit Bernal. C'est super de voir l'ère Pogacar."
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De retour quasiment à son meilleur niveau après des années passées à se reconstruire, Bernal espère bien réduire l'écart avec le Slovène, pour se donner les moyens de gagner à nouveau un grand tour. "Cette année, j'ai eu l'impression de retrouver mon niveau, je me sentais plus fort, a appuyé le grimpeur d'INEOS Grenadiers (7e du Giro et champion de Colombie sur la course en ligne et le chrono en 2025). Je me sens différent, je crois toujours qu'un jour je pourrai gagner à nouveau." Le rêve encore accroché à l'esprit, Bernal n'a plus de temps à perdre, car l'émergence de la génération Seixas pourrait (déjà) refermer l'horizon d'un retour au sommet.
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