Le succès à l'origine de tout

Le 28 mai 2017 est sans conteste le plus beau jour de la vie professionnelle de Tom Dumoulin mais, avec le recul et les conséquences qu'il a eues, pas sûr que le Néerlandais n'en garde que des bons souvenirs. Ce jour-là, le coureur de la Sunweb remporte le Tour d'Italie en renversant Nairo Qiuntana à l'occasion du contre-la-montre final dans les rues de Milan. Un succès qui le transforme en vainqueur de Grand Tour, le troisième pour les Pays-Bas après Jop Zootemelk (Vuelta 79 et Tour 80) et Jan Janssen (Vuelta 67 et Tour 68).

Tour d’Italie
L'image du Giro 2017 : En rose, Dumoulin s'arrête en catastrophe pour satisfaire un besoin naturel
23/05/2020 À 14:53

Un succès qui en fait également un potentiel vainqueur du Tour de France et change tout pour Dumoulin, qui porte alors, seul, les attentes de tout un pays. A partir de là, le Néerlandais va cristalliser toute l'attention et être érigé en adversaire numéro 1 d'une formation Sky qui balaie tout sur son passage. Un changement de statut qu'il vivra très mal et qu'il aura beaucoup de mal à digérer, comme il l'a avoué au moment d'évoquer sa pause.

Tom Dumoulin après son triomphe sur le Tour d'Italie 2017.

Crédit: Getty Images

2018, l'année du presque

Sportivement, son année est absolument exceptionnelle. Toujours présent sur ses objectifs annoncés, le Néerlandais joue la gagne partout. mais ne gagn nulle part. Deuxième du Giro, deuxième du Tour, deuxième du championnat du monde du chrono, Tom Dumoulin rate en plus une médaille sur la course en ligne dans un sprint à quatre. Et tout ça se sera joué à peu de choses, à l'exception du chrono des Mondiaux. Sur le Giro, tenant du titre, il est en parfaite position à deux jours de l'arrivée mais il subit la folle chevauchée de Christopher Froome vers Bardonecchia et laisse échapper sa couronne pour une quarantaine de secondes.

Revanchard sur le Tour, il ne peut rien face à Geraint Thomas, au même profil que lui mais simplement plus fort. Et, sur les Mondiaux, il parvient à recoller à Alejandro Valverde, Romain Bardet et Michael Woods à quelques kilomètres de l'arrivée mais, épuisé, ne peut vraiment défendre ses chances au sprint. Une année énorme dont le Néerlandais aura tiré une énorme frustration.

La chute et le début de l'enfer physique

Même si la pression et les attentes ont fortement changé sa vie après son succès sur le Giro 2017, rien ne semble perturber Tom Dumoulin, brillant en ce début d'année 2019 (6e du Tour d'Abou Dabi, 4e de Tirreno-Adriatico et 11e de Milan-SanRemo). Le Néerlandais se présente d'ailleurs au départ du Giro en mai en qualité d'immense favori, en l'absence de Thomas et Froome. Et tout commence plus bien avec la 5e place sur le chrono inaugural. Mais, lors de la 4e étape vers Frascati, Dumoulin est pris à quelques kilomètres de l'arrivée dans une chute qui semble anodine. Elle ne le sera pas du tout.

En difficulté pour remonter sur son vélo, il concède plus de 4 minutes ce jour-là. Mais le pire est à venir. Incapable de pédaler, il abandonne le lendemain mais revient dès le Dauphiné avec une 3e place sur le chrono. Ce n'était qu'un leurre. Il ne prend pas le départ trois jours plus tard et ne recourra pas de la saison. Une saison 2019 au final quasi blanche dont il ne se remettra jamais vraiment sur un plan physique.

Tom Dumoulin (Sunweb) blessé au genou à l'arrivée de la 4e étape du Giro 2019

Crédit: Getty Images

Tour de l'Ain, origine de son statut de lieutenant de luxe

Passé sous les couleurs de la Jumbo-Visma à l'intersaison 2020, Tom Dumoulin ne reprend la compétition qu'au mois d'août, à l'occasion du Tour de l'Ain, après avoir été malade les premiers mois de la saison. Une course primordiale pour le Néerlandais, qui veut montrer qu'il peut être le leader de sa formation sur le Tour de France. Il n'en sera rien. Incapable de se mêler à la lutte des chefs entre Roglic, Bernal et Quintana malgré une reprise honnête (11e), il pâtit de la comparaison avec son équipier slovène et doit lui laisser les clés de la maison jaune sur le Tour.

Conscient de ses difficultés, Dumoulin se sacrifie sans discuter pour Roglic mais il vit mal la situation, encore plus après l'échec du Slovène. Il assure alors vouloir revenir sur le Tour l'année suivante pour jouer sa carte. Mais cette situation d'équipier sur le Tour, là où tout le monde aux Pays-Bas espérait le voir gagner, lui pèse.

La Vuelta, ultime coup de poignard

Pourtant, il semble progresser au fur et à mesure du temps, se montrant convaincant aux Mondiaux (14e en ligne, 10e du chrono) avant d'effectuer un énorme travail dans le final pour Roglic à Liège (12e). De quoi aborder le Tour d'Espagne avec ambition pensait-on, voire, peut-être, d'être le leader de la Jumbo-Visma et de Roglic. Comme un paiement pour le travail effectué jusqu'ici. Mais il n'en sera rien. Mais alors pas du tout. Dans le dur dès le premier jour (16e), Tom Dumoulin ne fait pas illusion une seule seconde et ne pèse pas du tout sur la course. Pire, il ne peut même pas aider véritablement le Slovène. Epuisé, il quitte la course presque anonymement au départ de la 8e étape. Un peu comme il a quitté, au moins provisoirement, le peloton professionnel. Une fin bien loin de son statut.

Primoz Roglic of Slovenia and Team Jumbo - Visma Red Leader Jersey / Tom Dumoulin of The Netherlands and Team Jumbo - Visma

Crédit: Getty Images

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