Y pense-t-il ? Se rappelle-t-il seulement du scénario de 2015 ? Il semble tellement sûr de lui, sûr de sa force et de ses jambes qu’on a peine à imaginer Remco Evenepoel craquer au pire moment. Maillot rouge depuis sa victoire au Pico Jano, à l’occasion de la 6e étape, le Belge domine depuis la Vuelta de la tête et des épaules, gérant à la perfection ses rares moments de "faiblesse". A deux jours de l’arrivée, ses 2’07’’ d’avance sur Enric Mas (Movistar) paraissent un gouffre insurmontable pour l’Espagnol.

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Mais ce dernier promet de se battre jusqu’au bout. "Je sens qu’on est capable de tout", disait-il d’ailleurs jeudi après sa 2e place à l’Alto de Piornal. Surtout sur une 20e étape qui peut s’y prêter. Tracée entre Moralzarzal et le Puerto de Navacerrada, elle est la seule véritable étape de haute montagne de la dernière semaine (quatre cols à plus de 1750m).

Le profil de la 20e étape : Journée toboggans en veille d’arrivée

On y retrouve l’ascension de la Navacerrada (10,3km à 6,8%), du Puerto de Navafria (10,8km à 5,5%), celui de Canencia (7,5km à 4,9%), le Puerto de la Morcuera (9,4km à 6,9%, max 12%) avant l’ascension finale vers le Navacerrada par le Puerto de Cotos (10,3 km à 6,9%). De toute l’épreuve, c’est la seule étape proposant un vrai enchainement de cols, et sans doute la plus propice à un renversement du général. D’autant qu’elle a déjà prouvé par le passé en être capable. Notamment en 2015.

Esseulé, Dumoulin avait fini par exploser

L’étape était légèrement différente alors (6km de moins, double ascension de Morcuera et Navacerrada mais pas de Navafria) mais les 48 derniers kilomètres de l’étape seront exactement les mêmes qu’il y a 7 ans avant la descente finale vers Cercedilla. Et ce sont justement dans ceux-ci que Fabio Aru avait renversé la Vuelta et Tom Dumoulin, alors leader depuis le chrono du mardi de la dernière semaine. Profitant de la force collective d’Astana, qui avait déjà isolé le Néerlandais dans les deux premières ascensions de la journée, l’Italien avait décroché le maillot rouge dans la Morcuera, à plus de 50km de l’arrivée.

La 20e étape peut-elle tout chambouler ? "Tom Dumoulin avait perdu son maillot sur cette étape"

Aidé par Luis Leon Sanchez et Paolo Tiralongo, qui s’étaient laissés décrocher de l’échappée pour rouler, Aru avait alors résisté aux efforts de Dumoulin dans la descente et le Néerlandais avait fini par complètement exploser (+ 3’52’’), épuisé et esseulé. Il avait même tout perdu, finissant à la 6e place du général seulement et laissant la victoire finale à Fabio Aru. Un scénario dont rêve sans doute Enric Mas… et que craint Remco Evenepoel.

Quick-Step Alpha Vinyl, la clé du succès pour Evenepoel ?

A l’image de Dumoulin, le Belge de la Quick-Step AlphaVinyl n’a cessé de repousser ses limites sur ce Tour d’Espagne, limitant la casse les rares jours où on lui prédisait l’enfer (20’’ perdues sur Mas à la Pandera et 36’’ sur la Nevada). Mais aucune étape n’a offert un tel enchaînement de cols. Aucune étape n’a offert un tel terrain de jeu pour des grimpeurs souhaitant faire exploser la course de loin. Jusqu’ici, Evenepoel n’a jamais démontré la moindre faiblesse susceptible de le faire exploser ce samedi. Et son avance sur Mas est largement supérieure à celle de Dumoulin sur Aru (6’’). Mais une explosion comme celle du Néerlandais lui coûtera tout autant la Vuelta. Surtout sur un terrain où son équipe pourrait bien être la clé de sa sérénité.

Remco Evenepoel

Crédit: Getty Images

SI l’absence d’Alaphilippe, qui a abandonné suite à sa chute, ne s’est pas trop faite ressentir jusqu’ici, les choses pourraient être différentes sur la 20e étape. C’est en grande partie à cause du manque d’équipiers que Tom Dumoulin avait perdu le Tour d’Espagne 2015. La Quick-Step Alpha Vinyl a un collectif indiscutablement supérieur à celui de la Giant-Alpecin, attention, mais on a vu Evenepoel accompagné du seul Van Wilder à plus de 50 km de l’arrivée jeudi, sur un terrain pourtant plus facile.
Un tel scénario samedi pourrait se payer bien plus cher. Remco Evenepoel n’a jamais été aussi proche de remporter cette Vuelta mais un Tour d’Espagne n’est jamais gagné avant d’aborder les enchaînements autour de Navacerrada. Ce n’est pas Dumoulin qui dira le contraire. Et Remco Evenepoel, non plus.

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