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Grondin, de La Réunion à l’Olympe en passant par la Bretagne

Grondin, de La Réunion à l’Olympe en passant par la Bretagne

Le 13/02/2020 à 16:36Mis à jour Le 13/02/2020 à 18:30

MONDIAUX PISTE - À 19 ans, Donavan Grondin a un programme gargantuesque en 2020 : il découvre le peloton professionnel sur route avec l’équipe Arkéa-Samsic tout en préparant les championnats du monde et les Jeux Olympiques sur la piste. Portrait.

Le cyclisme est aussi affaire de grands écarts. On connaît tous l’exemple de Mathieu van der Poel, phénomène de polyvalence qui s’inscrit dans une grande lignée de talents multicartes. En voici un nouveau, originaire de La Réunion (comme Lorrenzo Manzin, seul autre Réunionnais à être passé pro sur la route) et déterminé à conquérir l’Olympe en passant par la Bretagne : Donavan Grondin, 19 ans, néo-pro sur la route chez Arkéa-Samsic et tout frais sélectionné en équipe de France pour les championnats du monde sur piste qui se dérouleront à la fin du mois à Berlin (26 février - 1er mars).

Grondin y disputera l'américaine au côté de Benjamin Thomas, avec un vrai espoir de médaille, en attendant un billet pour Tokyo cet été.

J’aime les deux disciplines et elles sont complémentaires”, nous expliquait le jeune homme au solide gabarit dans les salons de l’hôtel de Riyad où étaient installés les coureurs du Saudi Tour, début février. “La piste aide pour la route et la route aide pour la piste. Si on prend une américaine de 50km, ça fait 200 tours, à 58-60 de moyenne… Aujourd’hui, on a fait la dernière heure à 54 de moyenne.” Visiblement détendu, Grondin sortait d’un sacré baptême du feu pour sa première course pro sur route : deux heures de bordure dans le désert saoudien et à l’arrivée une troisième place pour son leader Nacer Bouhanni.

Les Jeux… C’est juste énorme quoi !

Ces premiers tours de roue dans le peloton élite le mènent désormais vers l’Espagne, avec la Vuelta a Murcia et la Clasica Almeria. Mais en cette année olympique, la piste est la priorité de ce talent posé mais pressé. “J’ai toujours rêvé de faire une olympiade et cette année c’est l’occasion, plus tôt que prévu”, sourit Grondin. “Les Jeux à 20 ans (il les fêtera le 26 septembre), ce n’est pas rien. Je les regardais à la télé. J’ai vu Bryan Coquard faire 2e et puis j’ai eu un aperçu aux Jeux européens l’été dernier avec l'équipe de France sur route. C’est un univers complètement différent, avec le village… C’est juste énorme quoi !

Donavan Grondin en première position durant les Six Jours de Londres

Donavan Grondin en première position durant les Six Jours de LondresGetty Images

Je m’acclimate assez vite”, observe Grondin, qui était au Canada pour la dernière étape de la Coupe du monde sur piste une semaine avant de débarquer en Arabie saoudite et qui est repassé par le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, en région parisienne, avant de décoller pour l’Espagne. Le tout avec la bénédiction de son employeur sur la route. “On a échangé avec Steven Henry et Samuel Monneret, ses responsables sur la piste, et on a construit un calendrier en donnant priorité à la piste”, explique Yvon Caer, directeur sportif pour Arkéa-Samsic.

En attendant Paris 2024

L’équipe bretonne, qui attaque 2020 avec des ambitions renforcées, rêve également de gloire olympique : “Donavan a une grande échéance en août, avec un potentiel de médaille et pourquoi pas la médaille d’or. C’est un sujet qui nous intéresse”, développe Yvon Caer. “Les coureurs professionnels sont de plus en plus attachés à cet événement qui est médiatiquement extraordinaire. On est là pour se montrer, pour communiquer. Un jeune coureur de 20 ans champion olympique, ce serait dommage de s’en passer.” D’autant plus qu’après Tokyo 2020, il y aura Paris 2024…

Là, il aura une maturité à tous points de vue et ça peut faire un vrai favori pour les Jeux”, anticipe le DS breton, rapidement conquis par son jeune talent : “Je l’ai vu gagner les championnats de France Junior à Plougastel, à 20km de chez moi, d’une manière un peu extraordinaire. Il lance son sprint à 400 mètres et il finit avec je ne sais combien de longueurs d’avance.

C’était en août 2018. Une semaine plus tôt, Grondin s’offrait un titre de champion du monde Junior de l’omnium dans le vélodrome d'Aigle, en Suisse. Le Réunionnais, qui a fait ses premières gammes en VTT et a rejoint la Métropole à 16 ans, est prêt à prolonger ses succès cadets et juniors chez les grands, avec déjà une première victoire élite en Coupe du Monde (l’américaine, cet automne à Glasgow, avec Benjamin Thomas). Une simple étape pour ce talent spécial.