Un tribunal de Munich rendra vendredi son jugement dans la vaste affaire internationale de dopage sanguin dite "Aderlass", où le parquet a requis cinq ans et demi de prison contre le principal accusé, un médecin allemand. Le docteur Mark Schmidt, 42 ans, en détention préventive depuis près de deux ans, est jugé depuis septembre avec quatre complices, dont son père. Le procureur Kaï Gräber a réclamé pour l'un d'eux une peine couverte par la détention préventive, et pour les autres des peines avec sursis.

Il a demandé également au tribunal de prononcer une interdiction d'exercice de la médecine de cinq ans contre Mark Schmidt.

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Les avocats de la défense ont pour leur part appelé la juge Marion Tischler à limiter la peine à la durée de la détention préventive, afin de rendre immédiatement la liberté à leur client.

"J'ai pris un mauvais virage, tout ça est de ma faute", s'est repenti le Dr Schmidt au dernier jour des débats, vendredi dernier, "quand on a semé la m..., on doit faire face (...) je suis infiniment désolé d'avoir entraîné avec moi les quatre autres".

Les débats ont montré que le médecin était bien le créateur et la tête pensante du réseau, ses co-accusés n'ayant fait que lui apporter leur aide.

Diana S., une infirmière et mère célibataire de trois enfants, a notamment raconté comment, pour gagner 200 euros à chaque fois, elle avait parcouru l'Europe en voiture. Elle allait prélever ou transfuser du sang, parfois dans des chambres d'hôtel, parfois sur le siège arrière d'un véhicule, sur les site des plus grands événements sportifs.

- Opération "saignée" -

L'affaire avait eu un énorme retentissement en février 2019, lorsque la police autrichienne avait débarqué en force durant les Championnats du monde de ski nordique, dans le Tyrol. Cinq sportifs, des skieurs de fond autrichiens, estoniens et kazakh, avaient été arrêtés sur le champ, tandis que la police allemand interpellait le Dr Schmidt, à la tête d'un laboratoire clandestin à Erfurt, dans le centre de l'Allemagne.

Ce sont les enquêteurs qui avaient donné à l'opération le nom de code "Aderlass", qui signifie "saignée" en allemand.

La police et la justice avaient dans un premier temps identifié 23 clients du laboratoire d'Erfurt, essentiellement actifs en ski nordique et cyclisme. La liste des événements touchés était impressionnante: Jeux olympiques d'hiver 2014 et 2018, d'été 2016, Tour de France 2018, Giro 2016 et 2018 et Vuelta 2017, et Mondiaux de ski nordique 2017 et 2019.

Plusieurs athlètes ont été sanctionnés sportivement et certains condamnés par la justice autrichienne.

Mais contrairement à ce qu'espéraient les autorités antidopage, les quatre mois du procès de Munich (interrompus quelques semaines par l'épidémie de Covid-19) n'ont pas permis de faire émerger d'autres noms, ni de confondre des champions de premier plan.

Pendant les débats, l'accusé s'est décrit comme un médecin "fasciné par le sport de haut niveau", et non par l'argent: "Au final je ne faisais pas de bénéfices, j'ai toujours vu ça comme un hobby", a-t-il assuré, suscitant les sarcasmes de l'accusation.

Né dans une famille de sportifs, il avait été lui-même élève de sport-études section ski alpin dans sa jeunesse.

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