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Evans vise juste

Evans vise juste
Par Eurosport

Le 21/04/2010 à 13:02Mis à jour

Maillot de champion du monde sur les épaules, Cadel Evans (BMC Racing Team) a remporté la Flèche Wallonne mercredi. Dans le mur de Huy, l'Australien a fait la différence dans les derniers instants pour s'imposer devant les Espagnols Joaquin Rodriguez (Katusha) et Alberto Contador (Astana).

"Rouler avec un maillot de champion du monde, c'est déjà super, mais gagner avec ce maillot sur les épaules, c'est quelque chose de fantastique." Cadel Evans tournait autour d'une classique majeure depuis bien longtemps. Vainqueur de la Flèche Wallonne mercredi, l'Australien a enfin mis dans le mille, et avec la tunique arc-en-ciel, son succès ne prend que davantage de relief. Incontestablement, sa victoire à Mendrisio l'an dernier a transfiguré Evans, désormais totalement libéré. A 33 ans, il rattrape aujourd'hui le temps perdu.

    Le voir en vainqueur au sommet du mur de Huy constitue tout sauf une surprise. 5e l'an dernier, dauphin derrière Kim Kirchen, Evans possède les qualités pour briller sur ce terrain. "J'ai fini pratiquement à toutes les places dans les 10 premiers. Il ne me restait plus que la plus belle", sourit le leader de BMC Racing, sa nouvelle équipe, à qui il offre sa première grande victoire. Cette expérience du mur de Huy a sans aucun doute pesé mercredi, tout autant que son passé de vététiste, qui le rend redoutable sur une montée sèche aussi pentue. Patient, il a attendu le moment opportun pour surgir et régler tous ses adversaires. "J'ai produit mon effort au bon moment", confirme-t-il.

    Contador y était presque

    A l'inverse, Alberto Contador a peut-être fourni le sien un tout petit peu trop tôt. Le double vainqueur du Tour a sauté dans la roue d'Igor Anton (Euskaltel), qu'il savait redoutable puisque le Basque l'avait battu au sommet la semaine dernière sur le Tour de Castille et Leon. Longtemps dans la roue d'Anton, Contador a tout donné pour déborder ce dernier. On a alors cru qu'il tenait la première classique de sa carrière, jusqu'à ce qu'Evans ne vienne le déposer. Jambes coupées, Contador a du coup également abandonné la deuxième place à Joaquin Rodriguez (Katusha), revenu de l'arrière comme une bombe. Mais cette troisième place est un excellent résultat pour Contador. C'est surtout la confirmation qu'il a tout pour briller sur le terrain ardennais. Vu son attitude dans le final et la façon dont il a mis à contribution ses équipiers d'Astana dans les moments clés de la course, son ambition et son envie étaient réelles.

    Le changement de tracé, avec le deuxième passage au sommet du mur de Huy à seulement 30 kilomètres de l'arrivée n'a en tout cas modifié, comme beaucoup l'espéraient, le scenario de l'épreuve. Comme presque tous les ans, c'est un peloton très compact qui s'est retrouvé au pied de la bosse finale. Andy Schleck avait pourtant tenté de dynamiter la course lors de l'avant-dernier passage dans le mur. En vain. Un peu plus tard, son frère, Frank, s'est retrouvé en tête en compagnie de Roman Kreuziger, Bram Tankink et David Loosli (ce dernier ayant déjà fait partie de la principale échappée du jour avec, notamment, le champion de France Dimitri Champion!), mais ce quatuor n'a jamais pu bénéficier d'une marge de manoeuvre suffisante. Le regroupement était inévitable.

    Alexandre Kolobnev (Katusha) fut le dernier à essayer de sortir, en solitaire, exactement comme dans l'Amstel dimanche. Avalé dans le Cauberg, le Russe a cette fois buté dans le mur de Huy. Il devrait penser à changer de stratégie... Comme dans le Cauberg dimanche, le plus fort a gagné. Cadel Evans, à l'instar de Philippe Gilbert dimanche, s'est imposé à la régulière. Derrière lui, pas de surprise non plus puisqu'on retrouve tous ceux qui figuraient dans la liste des favoris, qu'il s'agisse de Rodriguez et Contador, mais aussi Anton (4e), Cunego (5e), Gilbert (6e), Horner (7e), Valverde (8e), A.Schleck (9e) ou Hesjedal (10e). Rien que du très classique, en somme dans ce Top 10 royal.

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