Sagan répond aux critiques après son sacre sur Gand-Wevelgem
Publié 25/03/2018 à 22:40 GMT+2
GAND-WELVEGEM - Victorieux sur la semi-classique belge, dimanche, Peter Sagan a profité de son succès pour remettre les points sur les i après les nombreuses critiques reçues depuis le début de la saison.
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Peter Sagan, il ne faut pas le fâcher. Mais alors pas du tout. Critiqué de toutes parts après un début de saison bien terne, ce qui est finalement une habitude chez lui quand on décortique ses résultats, le Slovaque a répondu du tac au tac sur les routes flandriennes en s'offrant un succès historique sur Gand-Wevelgem. En allant rafler un troisième sacre sur la semi-classique après 2013 et 2016, le triple champion du monde en titre est allé égaler des légendes de son sport : Rik Van Looy, Eddy Merckx, Tom Boonen et Mario Cipollini, tous vainqueurs à trois reprises dans les Flandres et gravés à jamais dans l'histoire de l'épreuve. Une performance remarquable et sa façon à lui de répondre à ceux qui le pointent du doigt.
Quand on a lui a parlé des critiques, Sagan l'a joué Sagan. Rien à faire, circulez. "Je ne regarde pas ces critiques et je ne lis pas les journaux. Pourquoi devrai-je les lire ?", a-t-il expliqué au site Cycling Weekly. "Si vous êtes bon, vous êtes bon. Si vous êtes mauvais, il y aura toujours des critiques. C'est ma vie, ce n'est pas celle des journalistes." Voilà qui est dit.
La fin d'une vilaine série
Avant de s'imposer à Wevelgem dimanche, le Slovaque sortait d'un début d'exercice bien terne où il n'avait levé les bras qu'à une seule reprise au Tour Down Under. Cela remontait au mois de janvier. L'étau s'était depuis resseré depuis ses deux échecs consécutifs au mois de mars et l'arrivée des courses d'un jour. Le premier et le plus important, il l'avait subi sur les routes de Milan-SanRemo, un Monument derrière lequel il court depuis longtemps. En Ligurie, il avait été piégé comme les autres par l'espiègle Vincenzo Nibali dans le final de la Primavera. Son absence de réaction dans le Poggio avait marqué. Lui pensait au traditionnel regroupement. A tort. "C'est une belle victoire pour l'Italie et le sport cycliste en général", avait-il pourtant glissé en grand amateur de panache.
Le second échec remontait, lui, il y a seulement deux jours. Sur les routes du Grand Prix E3 à Harelbeke, il avait capitulé très tôt, sur les pavés du Vieux Quaremont. Une rentrée peu glorieuse sur les premières Flandriennes de la saison et une prestation sur les pédales qui posait forcément question sur sa forme et sa motivation. Surtout à un peu plus d'une semaine du tour des Flandres où il avait été magnifiquement sacré il y a deux ans. La suite des événements a pourtant changé la donne dans sa manière de courir.
Pointé du doigt pour ses stratégies attentistes depuis le début de la saison, Sagan a plus ou moins remis ça en Belgique dimanche. Lassé de prendre des responsabilités au fil des épreuves et de ne pas être aidé, pancarte oblige, le bon vieux Peter a décidé de la jouer à sa manière du moment : je ne prends pas mes responsabilités pour ne pas aider les autres à gagner. Cela a porté ses fruits. Mais il a eu le retour de bâton quand il a voulu empêcher Alexander Kristoff de rentrer dans le groupe principal qui allait jouer la gagne. Et malgré ses sollicitations, personne n'a voulu l'aider. C'est aussi ça le quotidien de Sagan, il se bat contre tout un peloton à chaque fois quand il colle un dossard.
Questionné sur sa course après cette mise au point, le leader de la formation BORA-Hansgrohe a expliqué qu'aujourd'hui les jambes avaient été au rendez-vous. Ce qui n'avait pas été le cas à Harelbeke. Course adaptée à son profil, forme optimale, équipe forte, le coureur de Žilina, a coché toutes les cases après sa déconvenue. "C'est le Gand-Wevelgem le plus facile que j'ai couru. La course a été très rapide mais les conditions étaient idéales. Par le passé, on a déjà eu beaucoup plus de vent ou de la pluie", a-t-il précisé. "Je me suis senti bien quand on a grimpé le Mont Kemmel pour la seconde fois. Ce n'était pas trop stressant et il n'y avait pas beaucoup de vent pour rendre les choses difficiles, ce qui peut se passer quand on arrive dans un gros groupe."
Sagan l'assure, s'il a gagné dimanche c'est avant tout grâce au travail collectif. Epaulé tout au long de la course par ses gardes du corps - Daniel Oss et Marcus Burghardt - le Slovaque a rendu hommage à ses coéquipiers. "Je suis très content et satisfait de gagner à nouveau cette course. Mon équipe a fait un gros travail. dans le final, deux coureurs de notre équipe étaient encore présents et je suis très heureux de notre performance", a-t-il ajouté. "Les sprints sont toujours comme une loterie et je me demandais ce qui allait se passer. A la fin, j'ai commencé mon sprint tôt et cela a marché, mais j'avais les jambes pour le faire."
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