Cette fois, c’est enfin la bonne. A l’aise sur les pavés aussi bien qu’il l'est sur tous les terrains, Wout Van Aert a toujours joué les premiers rôles sur les classiques flandriennes mais il aura fallu le dimanche 28 mars 2021 pour le voir enfin lever les bras sur ce type d’épreuve. Vainqueur au sprint devant Nizzolo (Qhubeka-Assos) et Trentin (UAE Team Emirates) du 83e Gand-Wevelgem, le belge de la Jumbo-Visma se montrait d’ailleurs aussi soulagé qu’heureux une fois la ligne franchie. "Cette victoire compte beaucoup pour moi, expliquait-il. C'est mon premier succès sur route dans une grande course en Belgique. Cela a beaucoup de valeur, presque autant qu'un Tour des Flandres". On n’ira pas jusque-là et nul doute qu’il pensera totalement différemment dimanche prochain s’il triomphe du Ronde mais il faut dire que les Flandriennes ne s’offrent pas à n’importe qui et que l’on peut être un immense coureur de classique sans jamais parvenir à en accrocher une à son palmarès.

La 15e aura été la bonne

Demandez-donc à Leif Hoste, trois fois 2e du Tour des Flandres, deux fois 2e de Kuurne-Bruxelles-Kuurne et 6e de Paris-Roubaix mais qui n’a jamais remporté la moindre classique pavée de sa carrière. A 26 ans, Wout Van Aert n’en était pas encore à ce stade mais le Belge de la Jumbo-Visma commençait à en avoir marre de ses nombreuses places d’honneur. Alors, bien sûr, il n’est pas tout à fait exact de dire qu’il ne s’est jamais imposé sur une course d'un jour avec des pavés, ayant remporté le Schaal Sels en 2016 mais aussi le Ronde van Limburg et l’Elfstedenronde en 2017. Mais ces semi-classiques n’ont rien à voir avec le prestige et la difficulté de leurs homologues Gand-Wevelgem, le GP E3, le Het Nieuwsblad, Kuurne-Bruxelles- Kuurne, A Travers la Flandre et le Tour des Flandres, auxquels on pourrait rajouter Paris-Roubaix. Et, à ce niveau-là, Van Aert avait jusqu’ici toujours tourné autour sans réussir à conclure.
Gand - Wevelgem
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Que des sprinteurs autour de lui ? Ce n'est pas un problème pour Van Aert

Au départ de l’épreuve à Ypres, Van Aert comptait pas moins de 14 participations à ces Flandriennes majeures depuis le début de sa carrière, pour aucune victoire. Un bilan qui n’a rien de scandaleux évidemment, vu la difficulté de briller et de s’imposer sur ce genre de course. Mais, ce qui rend son absence de succès étonnant, c’est sa régularité sur ces épreuves, avec deux podiums (2e du Tour des Flandres 2020 et du Grand Prix E3 2019) et sept places dans les onze premiers. Son explosion en 2020 avec ces succès sur les Strade Bianche et Milan-SanRemo en fait depuis l’immense favori au départ de chaque classique flandrienne, au même titre que son rival Mathieu van der Poel. Mais le Néerlandais comptait déjà un A Travers la Flandres avant de s’offrir le Tour des Flandres l’an passé en devançant… Van Aert justement. Un destin dont rêve forcément le Belge, qui aura donc attendu sa 15e Flandrienne pour enfin triompher.

Van Hooydonck, lieutenant parfait

Un succès qui arrive au meilleur des moments, à une semaine de la plus Flandriennes des classiques, le Tour des Flandres. Surtout, cela permet au Belge de reprendre un peu confiance après la grosse déception du Grand Prix E3. Seulement 11e, Van Aert (certes victime plus tôt d'un ennui mécanique) avait surtout connu "l’affront" d’être distancé dans le final par une accélération de Mathieu Van der Poel, pas plus vainqueur que lui mais sans aucun doute plus fort. A Wevelgem, le Néerlandais n’était pas là et son rival belge en a parfaitement profité pour faire le plein de confiance en lui mais aussi en son équipe. S’il a souvent dû se débrouiller un peu seul par le passé sur les Flandriennes majeures, la force de la Jumbo-Visma a cette fois été à la base de son succès sur Gand-Wevelgem.

Des bordures, du suspense et la délivrance pour Van Aert : le résumé de la course

Enfin, surtout Nathan Van Hooydonck, qui a réussi à accompagner son leader lors du coup de bordure décisif qui a créé le groupe de 21 puis de 9 et enfin de 7 qui se jouera la gagne. Et son aide aura été précieuse pour le futur vainqueur. "Le vent a rendu la course très dangereuse et je savais qu'il fallait être devant dès les premiers kilomètres, a-t-il expliqué après l’arrivée. J'ai parfaitement manœuvré en me plaçant dans le premier éventail. Ensuite, avec Nathan (Van Hooydonck), nous avons pris le contrôle de la course. J'avais vraiment besoin de lui après le Kemmelberg et il a été incroyablement fort, chapeau à lui !" Une équipe au niveau, des équipiers capables de l’accompagner jusqu’au bout et une victoire qui va faire du bien et le libérer : Van Aert ne pouvait rêver d’un meilleur dimanche. Le voici officiellement un Flandrien, un statut qu’il compte bien affirmer et confirmer dans une semaine sur le Ronde, LA course des Flandriens.
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