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22, v'la Petacchi !

22, v'la Petacchi !
Par Eurosport

Le 08/05/2011 à 11:35Mis à jour Le 08/05/2011 à 18:03

La première étape en ligne du Tour d'Italie est revenue dimanche à Alesandro Petacchi (Lampre). L'Italien s'est imposé au sprint à Parme, signant sa 22e victoire de sa carrière sur le Giro. Il a devancé Mark Cavendish (HTC High Road), qui se console en prenant le maillot rose de leader.

C'était le jour le plus long, déjà, sur le Giro. 244 kilomètres sous le cagnard et, comme prévu, un sprint pour mettre tout le monde d'accord à Parme. Un sprint très animé, d'ailleurs, entre Alessandro Petacchi et Mark Cavendish. L'Italien a pris le dessus, d'un cheveu (à peine un boyau), non sans provoquer la colère de son jeune adversaire britannique. Cavendish a manifesté son mécontentement sitôt la ligne franchie. Il reproche à Petacchi de l'avoir gêné en changeant de trajectoire. Certes, le vétéran de la Lampre a effectué deux vaguelettes, mais rien a priori de vraiment répréhensible. Frustré d'être ainsi battu (le manque d'habitude, sans doute), Cavendish en a peut-être un peu rajouté. Le jury, après avoir visionné les images de l'arrivée, a d'ailleurs confirmé le verdict de la route.

Cavendish n'a pourtant pas tout perdu puisque cette deuxième place lui vaut d'hériter du maillot rose de leader. Samedi, grâce à la victoire de sa formation, HTC High Road, dans le contre-la-montre par équipes, Cavendish se trouvait en position de force. S'il avait laissé le soin à Marco Pinotti de couper la ligne en premier à Turin, l'homme de l'ile de Man savait que son heure pouvait venir dimanche. Un bon calcul. Certes, il n'a pas obtenu le gain de l'étape, comme il l'escomptait, mais les 12 secondes de bonification que lui rapporte sa deuxième place lui permettent de trôner en tête du classement général. Un joli lot de consolation, même si l'essence du métier, pour un sprinter, reste évidemment la victoire.

Lang, quatre heures seul devant

La victoire, Alessandro Petacchi en a pris l'habitude sur le Giro. C'est la 22e fois que le Spezian lève les bras sur son tour national, mais la première depuis deux ans. Au total, il compte désormais 48 succès d'étrape sur l'ensemble des trois grands tours. A 37 ans, il ne possède certes plus la même pointe de vitesse qu'il y a quelques années, mais quand il est bien lancé (comme ce fut le cas dimanche par Danilo Hondo), il est difficile à battre, même pour un Mark Cavendish. L'Anglais a souvent du mal à se mettre en route dans les grands tours et sa deuxième place est finalement plutôt prometteuse. Petacchi a bien fait de prendre son tour. D'ici quelques jours, Cavendish sera peut-être in jouable. Les deux hommes étaient en tout cas au-dessus du lot à Parme. Les autres sont restés au moins un cran en-dessous. Qu'il s'agisse du reste de la colonie italienne (Manuel Belletti 3e, Roberto Ferrari 4e, Davide Appollonio 6e), ou des autres ténors attendus qui ont davantage déçus, notamment Tyler Farrar, seulement 7e.

Vu le profil hyper montagneux de ce 94e Giro, une arrivée massive apparaissait en tout cas inévitable dans la cité parmesane. Les sprinters auront trop peu d'occasions de briller pour laisser passer leurs rares opportunités. Tant pis pour Sebastian Lang. L'Allemand a été le courageux (l'inconscient, diront certains) du jour. Parti dès le kilomètre 4, il est resté seul devant pendant plus de quatre heures et 215 kilomètres, avant d'être repris. Même avec 19 minutes de marge au plus haut de son avance, il n'y a sans doute jamais vraiment cru. Lang a tout de même récupéré le maillot vert de meilleur grimpeur dans l'affaire. Mais il n'avait aucune chance, pas plus que l'échappée (avec notamment Jérôme Pineau) qui est partie en contre dans les 25 derniers kilomètres une fois Lang repris. Les baroudeurs auront leur part sur ce Giro. Mais dimanche, c'était le rendez-vous des sprinters. Et le jour de Petacchi.

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