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Arroyo peut-il gagner le Giro?

Arroyo peut-il gagner le Giro?
Par Eurosport

Le 23/05/2010 à 00:28Mis à jour

Nouveau maillot rose du Giro, David Arroyo dispose d'une marge de maneouvre confortable au classement général. Le grimpeur de l'équipe Caisse d'Epargne tient la chance de sa vie, mais est-il vraiment capable de tenir jusqu'au bout, compte tenu du programme dantesque de la dernière semaine?

Il est le premier coureur espagnol à porter le maillot rose depuis un certain Alberto Contador il y a deux ans. David Arroyo n'est plus qu'à une semaine de succéder à son compatriote au palmarès du Giro. Mais quelle semaine! Une des plus terribles de l'ère moderne sur un grand tour. Le Zoncolan, le Plan de Corones, le Gavia, le Mortirolo... Et un chrono à Vérone le dernier jour pour finir. Le programme est monstrueux. La question est donc de savoir si Arroyo a les épaules assez larges pour tenir jusqu'au bout.

Bon grimpeur (il vient d'un petit village près de Tolède, la patrie de Federico Bahamontès), le coureur de la Caisse d'Epargne se retrouve dans une position tout de même très confortable. Après le coup de bambou de mercredi, jour où le Giro a perdu la tête, Arroyo dispose d'une marge de manoeuvre énorme au classement général. Si Richie Porte, à qui il a chapardé le maillot samedi, n'est qu'à 39 secondes, on voit mal le jeune Australien tenir le rythme durant cette troisième semaine. Parmi ceux que l'on citait comme les principaux favoris du Giro voilà 15 jours, Carlos Sastre navigue à près de 5'30", Bradley Wiggins est une minute plus loin, Nibali est quasiment à 7 minutes, juste devant Vinokourov, Evans ou Basso.

"Nibali est le principal favori"

Cela peut-il suffire? L'intéressé lui-même s'interroge. "C'est vrai que j'ai une avance conséquente, admet-il. Mais je ne suis pas venu ici avec l'idée de gagner le Giro. Alors je ne veux pas encore me mettre à y penser trop fort. Pour la victoire finale, je préfère voir au jour le jour. Il y a des adversaires très forts. Pour moi, Nibali est le principal favori désormais après ce qu'il a montré samedi. J'ai une très forte équipe qui sait comment se comporter avec un leader. Nous pouvons bien faire. L'important, c'est d'avoir ce maillot qui est un rêve pour moi."

Dans le contexte hyper relevé de ce dernier tiers de Giro, chaque journée sera un test grandeur nature sur la capacité d'Arroyo à assumer le poids du leadership. Dès dimanche, avec le Monte Zoncolan, il sera mis à rude épreuve. "Je connais ce col pour l'avoir monté en 2007, explique l'Espagnol. C'est très, très dur. Quand on va arriver au pied, on aura déjà 200 kilomètres dans les jambes. Et le Giro a été très dur depuis le départ." Toute la difficulté pour Arroyo résidera dans la diversité de ses adversaires. Il ne pourra pas répondre à tout le monde. Il devra faire preuve de courage, mais aussi de discernement et d'intelligence.

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