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Le Giro prêt à exploser
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Publié 15/05/2011 à 08:25 GMT+2
Etna. Quatre lettres pour un mythe. Le plus haut volcan d'Europe, très énervé en milieu de semaine, sera dimanche le prestigieux théâtre de la première grande étape de montagne du Giro. Vincenzo Nibali jouera à domicile. Tout est réuni pour une grande bagarre. Mais la route est longue jusqu'à Milan.
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C'est un mythe qui se dresse devant le peloton dimanche. Majestueux, impressionnant, l'Etna fascine. Un mythe, donc, plus qu'un classique, puisque ce n'est que la troisième fois dans sa longue histoire que le Giro emprunte les pentes du volcan sicilien. Franco Bitossi avait joué les pionniers en 1967 et lors du dernier passage, en 1989, Acacio Da Silva avait devancé Lucho Herrera. S'imposer ici, c'est accrocher à son palmarès une victoire pas comme les autres. On n'a pas souvent l'occasion de grimper le volcan le plus haut d'Europe.
Le rendez-vous sicilien est d'autant plus attendu qu'il constitue cette année le premier tournant du Giro. Certes, il y a eu le Montevergine vendredi. Officiellement, l'Etna n'est donc que la deuxième arrivée au sommet. Mais dans les faits, cette 94e édition, du point de vue de la lutte pour le maillot rose, débute vraiment dimanche. "Nous ne serons pas 30 ou 40 ensemble au sommet, c'est certain. Il y aura une sélection beaucoup plus importante", prévient Joaquim Rodriguez, qui a reconnu deux fois la montée. La montée, ou plutôt les montées, puisqu'il faudra escalader à deux reprises le volcan, par deux routes différentes. La première, par la face nord, est plus longue mais aussi plus roulante. La seconde ascension devient vraiment très sélective à partir de Nicolisi.
Nibali devant les siens
Après une semaine de mise en jambes, où les favoris ont parfois eu des fourmis dans les jambes, à l'image de Michele Scarponi ou Alberto Contador, l'Etna offre un somptueux terrain de jeu pour une première grande bataille. Comme s'il voulait témoigner lui aussi de son impatience, le volcan a craché des cendres dans la nuit de mercredi à jeudi. Un temps menacée, l'étape devrait finalement se dérouler sans le moindre problème. "Les routes ont été nettoyées. Nous surveillons la situation mais pour l'instant, tout est maintenu", a confié samedi Angelo Zomegnan, le patron du Giro. L'aéroport de Catane, qui avait été fermé jeudi, a repris une activité normale. Tout est donc prêt pour le grand spectacle.
Ce théâtre de rêve inspire bien sûr tout particulièrement les Italiens. "Ça va être spécial, surtout pour moi avec le maillot tricolore sur le dos", avoue le champion d'Italie, Giovanni Visconti, boosté par la victoire de son coéquipier chez Farnesi-Vini, Oscar Gatto, à Tropea. Mais le public, que l'on annonce très nombreux, attend surtout beaucoup de l'enfant du pays, Vincenzo Nibali. Natif de Messine, d'où la 9e étape s'élancera dimanche midi, le vainqueur de la dernière Vuelta. L'Etna est un géant qu'il a apprivoisé depuis longtemps. "Je connais très bien la route, et c'est sûr que c'est un avantage, comme c'est un avantage d'avoir le soutien du public, admet Nibali. Ce sera une étape spéciale pour moi, évidemment."
Spéciale, mais probablement pas décisive, toujours selon Nibali. "Il n'y aura peut-être pas une énorme sélection entre les meilleurs, juge le leader de Liquigas. Pas à cause de la difficulté de la montée, car elle est vraiment difficile, mais de par sa position dans la course. Le Giro est très dur, et il faudra garder de l'énergie pour les dix derniers jours." Un avis partagé par Joaquim Rodriguez. "Ça va faire mal aux jambes et c'est une étape importante, estime Purito, mais le Giro ne va pas se jouer là parce que les grands favoris savent qu'ils doivent en garder pour plus tard."
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