AFP

Kiryienka gagne pour deux

Kiryienka gagne pour deux
Par Eurosport

Le 28/05/2011 à 10:22Mis à jour Le 28/05/2011 à 19:04

Cinq jours après la mort de son coéquipier Xavier Tondo, Vasil Kiryienka (Movistar) a remporté la 20e étape du Giro samedi, à Sestriere. Cette dernière étape de montagne n'a pas accouché d'une grande bagarre entre les favoris. Alberto Contador plus que jamais en rose. Scarponi conforte sa 2e place.

Il y a eu l'hommage des Leopard Trek à Wouter Weylandt en début de Giro. Il y aura eu celui rendu à Xavier Tondo pour conclure les étapes en ligne. Deux coureurs qui manqueront au peloton et à leurs coéquipiers, salués par le monde du cyclisme une dernière fois. "Nous avons décidé que la meilleure chose à faire serait de faire honneur à Xavi sur le vélo", avait annoncé le directeur sportif de Movistar, Eusebio Unzue après l'annonce du maintien de l'équipe dans le Giro.

Vasil Kiryienka a dédié, samedi, sa seconde victoire sur le Giro à son ancien coéquipier espagnol, disparu accidentellement lundi, en franchissant la ligne d'arrivée avec deux doigts pointés vers le ciel. Parti dans l'échappée fleuve du jour (13 coureurs) qui compta près de 12 minutes de marge, le géant bélarusse à rallier l'arrivée en solitaire, 213km plus tard. Le grimpeur de Movistar a fait la différence dans les portions les plus difficiles du Finestre (1re cat.), lâchant un à un ses anciens comparses avant de poursuivre sa chevauchée héroïque dans la montée vers Sestriere.

Derrière ce numéro en solo, les grandes manoeuvres tant attendues entre les favoris n'eurent jamais lieu. La dernière visite du Giro sur les hauteurs du colle de Finestre en 2005 avait été le théâtre d'une passe d'armes magnifique entre Paolo Savoldelli, Gilberto Simoni et Jose Rujano. Le premier, futur vainqueur, malmené par les efforts conjugués de ses deux adversaires, avait bien failli tout perdre avant un sursaut d'orgueil et une casse limitée à Sestriere. Il assurait ce jour-là sa victoire finale avec 28" d'avance sur Simoni et 45" sur le Vénézuélien alors qu'il en comptait deux de plus la veille.

Gadret jouera son va-tout dimanche

On en espérait autant cette année pour donner un peu de piment à cette dernière explication en altitude. Ce fut un pétard mouillé. Car ni Michele Scarponi (Lampre) ni Vincenzo Nibali (Liquigas) n'ont osé la moindre attaque. Nibali n'a pas été aidé, il est vrai, par une chute en début d'étape qui lui a occasionné un mollet douloureux. Il perd à l'arrivée 22 secondes sur Scarponi après avoir calé une première fois dans le finish du Finestre et n'avoir pas pu réagir sur l'accélération de Joaquin Rodriguez dans Sestriere. Relégué à présent à 56 secondes de Scarponi, il lui faudra rouler fort dimanche à Milan, dans le chrono réduit à 26km, pour s'emparer de la 2e place.

John Gadret peut, lui, réussir le meilleur résultat d'un Français dans un grand tour depuis la 4e place de Christophe Moreau lors du Tour de France 2000. Contraint de laisser filer Jose Rujano (Androni), qui avait accéléré au pied du Finestre, puis Joaquin Rodriguez (Katusha) et Denis Menchov (Geox), il n'a jamais obtenu de bon de sortie des trois ténors, Siutsou (5e) ayant depuis longtemps été distancé. Il a néanmoins réussi avec autorité à revenir sur le Russe, son plus sérieux concurrent, pour assurer sa 4e place. Avec 1'38" de marge sur Rodriguez, 2'50" sur Kreuziger et 3'02" sur Menchov, Gadret, très mauvais rouleur, devra puiser dans ses réserves dimanche pour conserver son rang. A noter que deux Français l'accompagnent dans le Top 15: Hubert Dupont (13e) et Christophe Le Mével (15e).

Contador a, lui, raté le triplé d'un cheveu. Assuré du maillot rose et du rouge du classement par points, il laisse le maillot vert de la montagne à Stefano Garzelli pour huit points. Certes ce n'était pas un objectif pour l'Espagnol. Mais il aurait pu s'inscrire un peu plus dans l'histoire du Tour d'Italie en devenant le premier coureur depuis Eddy Merckx en 1968 à rafler les trois tuniques.

0
0