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La cerise pour Gatto

La cerise pour Gatto
Par Eurosport

Le 14/05/2011 à 19:35Mis à jour Le 14/05/2011 à 20:03

Oscar Gatto (Farnese-Vini) s'est offert samedi la plus belle victoire d'une carrière qui tardait à décoller en remportant la 8e étape du Giro à Tropea. Mais pour l'Italien, ce succès est d'autant plus beau qu'il a été obtenu devant un certain Alberto Contador.

Comme tout coureur italien qui se respecte, Oscar Gatto rêvait d'une victoire d'étape sur le Giro. Il avait coché l'étape des strade bianche mercredi, mais avait dû se contenter de la 5e place. Samedi, à Tropea, il a mis dans le mille, lors d'un 8e acte que l'on annonçait promis aux sprinters. L'étape était taillée pour eux, sans doute. Mais pas le final. Il a suffi d'un grain de sable de 700 mètres dans les deux derniers kilomètres pour redistribuer les cartes. Et là, Gatto a sorti son atout maître: son punch. "Je suis un sprinter, mais je me considère aussi comme une finisseur. J'aime beaucoup ce type d'arrivée, assez technique et légèrement en montée", explique le vainqueur du jour.

Pendant l'étape, l'idée a germé dans son esprit. "J'y ai pensé pendant la journée, mais après, ça se fait à l'instinct", dit-il. Ce qu'il n'attendait vraiment pas, et ce que personne n'escomptait à vrai dire, c'est de voir Alberto Contador en personne lui emboîter le pas dans cette côte. "Quand j'ai attaqué, raconte-t-il, je me suis retourné et j'ai vu que personne n'avait suivi. Puis je me suis à nouveau retourné un peu plus tard, et j'ai aperçu un maillot de la Saxo Bank, mais je n'ai pas cru que c'était Contador. La troisième fois, il était plus près, et j'ai compris que c'était bien lui. Je n'en ai pas cru mes yeux !". Gatto pensait avoir fait le plus dur, mais devant la menace Contador, il a dû relancer la machine dans les 300 derniers mètres.

"J'ai foutu en l'air les deux premières années de ma carrière "

Le reste s'est fait au courage, car il fallait tenir la distance. "Je me sentais très bien dans la montée, mais après j'étais un peu inquiet parce que je ne savais pas si j'aurais assez de réserve pour un éventuel sprint", explique l'Italien. Heureusement, ça n'a pas été nécessaire. Il a manqué une centaine de mètres à Contador pour opérer la jonction et jouer la gagne. "Je me suis dit 'ne t'occupe pas de savoir qui est derrière, roule à fond'. Quand j'ai jeté un dernier coup d'oeil, j'ai su que c'était bon et j'ai pu célébrer ma victoire, reprend-il. Une victoire dans le Giro, c'est magnifique, c'est un rêve. Mais c'est encore plus beau de l'obtenir devant un champion comme Alberto Contador. Gagner devant lui, c'est un plus."

La Calabre lui sourit, décidément. C'est là, lors du Tour de Reggio Calabre, qu'il avait signé la première victoire de sa saison. Par le biais de ce succès plein de panache, Oscar Gatto confirme enfin tout le bien que le cyclisme italien pensait de lui depuis longtemps. A 26 ans, il a encore tout l'avenir devant lui, mais il aurait pu, il aurait dû émerger plus tôt au très haut niveau. Il plaide coupable. "Lors de ma dernière année comme amateur, raconte-t-il, je suis le coureur qui a gagné le plus souvent. Mais, quand j'ai rejoint l'équipe Gerolsteiner, je n'ai jamais compris ce que cela signifiait d'être pro, pour l'entraînement et pour l'engagement. J'ai foutu en l'air les deux premières années de ma carrière."

De son propre aveu, il doit sa renaissance à un homme, Luca Scinto. Le directeur sportif de l'équipe Farnese-Vini croyait en lui et l'a fait venir il y a trois ans. "Je ne gagnais pas et j'avais perdu confiance, rappelle Gatto. C'est seulement quand Luca Scinto m'a fait venir que je l'ai retrouvée. Je lui dédie cette victoire. Il sait vraiment comment tirer le meilleur de moi-même." "Il avait juste besoin d'un déclic. Je suis sûr que ce succès va le libérer", confie Scinto. Oscar Gatto veut le croire aussi. "J'espère vraiment que cette journée va marquer le tournant de ma carrière."

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