Eurosport

Le Monte Crostis supprimé

Le Monte Crostis supprimé
Par Eurosport

Le 20/05/2011 à 21:29Mis à jour Le 20/05/2011 à 23:35

Le Monte Crostis, qui devait être emprunté samedi par le Tour d'Italie au cours de la 14e étape, a finalement été rayé du programme, a-t-on appris vendredi soir de source proche de l'organisation. Une décision prise par le président du jury des commissaires, Thierry Diederen.

Cela devrait être le morceau de bravoure de ce Tour d'Italie 2011. Finalement, les participants n'escaladeront ni ne descendront pas le Monte Crostis, samedi au cours de la 14e étape de l'épreuve transalpine. L'ascension et surtout la descente de ce col, sur une route étroite et vertigineuse, avaient nourri la polémique depuis plusieurs jours. Angelo Zomegnan, patron du Tour d'Italie, avait tenu bon malgré les réticences des coureurs, encore sous le choc après décès accidentel de Wouter Weylandt (Leopard-Trek). Ces derniers avaient également peut que l'équité sportive de l'épreuve soit bafouée. La mort dans l'âme, Zomegnan a finalement été forcé de renoncer vendredi soir.

La décision a été prise par le président du jury des commissaires, Thierry Diederen. "J'ai reçu tant de doléances de la part des responsables d'équipes que je ne me sens pas le droit d'envoyer les coureurs sur 38 km (la longueur de la montée et de la descente Ndlr) sans leurs voitures d'équipes derrière eux", a-t-il déclaré. Dans un premier temps les organisateurs avaient prévu des motos pour suivre les coureurs dans le Monte Crostis. Cela n'a pas suffi.

"Bien que l’organisateur ait pris toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des coureurs, suite aux différentes plaintes des directeurs sportifs consécutives à l’impossibilité de garantir une gestion sportive optimum dans la fin de l’étape (les voitures des équipes ne pouvant circuler normalement à l’échelon course pendant 37,2km) et après l’analyse de la proposition faite par l’organisateur pour solutionner ce problème, le collège des commissaires ne juge pas cette proposition suffisante", a écrit l'organisation de la course dans un communiqué. "C'est une décision des juges avec laquelle nous ne sommes pas d'accord mais nous devons l'accepter", a confié Angelo Zomegnan au site CyclingNews. La 14e étape arrivera comme prévu au Zoncolan, l'une des montées les plus dures d'Europe.

La crainte de Cioni

Mercredi matin, avant le départ de la 11e étape, les participants avaient demandé à rencontrer Angelo Zomegnan. Mais comme l'expliquait l'envoyé spécial d'Eurosport, Philippe Cellières, ils avaient le sentiment d'avoir parlé dans le vide. D'où une certaine tension. "Nous avons eu une réunion pour exprimer nos inquiétudes, mais comme d'habitude sur le Giro, tout est déjà décidé et on ne peut rien changer", regrettait Lionel Marie, directeur sportif de l'équipe Garmin-Cervelo.

Dario Cioni, (Sky), un des représentants des coureurs auprès de l'UCI, n'avait d'ailleurs pas manqué de pointer du doigt un scenario catastrophe. "Imaginez qu'un coureur chute et casse son vélo ans la descente du Crostis, expliquait l'Italien. Il aurait perdu le Giro car il ne pourrait pas être dépanné. Ce ne serait pas juste de tout perdre de cette façon. On ne peut pas perdre le Giro définitivement juste à cause d'un problème mécanique. Les coureurs ne sont pas satisfaits de cette situation." Ces considérations sur l'équité de l'étape avaient pris le pas sur l'inquiétude concernant la sécurité. A l'évidence, ce Crostis rendait tout le monde très nerveux. Le jury des commissaires a décidé de calmer le peloton.

Eurosport

0
0