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Objectif rose

Objectif rose
Par Eurosport

Le 07/05/2011 à 00:00Mis à jour Le 07/05/2011 à 10:45

Le 94e Tour d'Italie débute samedi. Le plateau n'avait pas été aussi dense depuis longtemps. Meilleur coureur du monde sur les courses par étapes, Alberto Contador, lauréat en 2008, est le favori de ce Giro. Mais face à lui, la concurrence sera vive. Gros plan sur les principaux prétendants.

LA COTE EUROSPORT.FR

5 étoiles: Alberto Contador
4 étoiles: Vincenzo Nibali, Michele Scarponi
3 étoiles: Denis Menchov, Joaquim Rodriguez, Igor Anton, Roman Kreuziger
2 étoiles: David Arroyo, Jose Rujano, Danilo Di Luca, Tiago Machado
1 étoile: John Gadret, Jose Serpa, Emanuele Sella, Simon Spilak, Sylvester Szmyd, Giovanni Visconti, Robert Kiserlovski, Richie Porte, Thomas Lovkvist, Yaroslav Popovych, Christophe Le Mevel, Domenico Pozzovivo, Carlos Sastre

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Eurosport

Le favori logique. Alberto Contador est le meilleur coureur du monde sur trois semaines. L'Espagnol a remporté cinq des six grands tours qu'il a disputés depuis le début de sa carrière (3 fois le Tour, 1 Giro, 1 Vuelta). Il avait remporté le Giro voilà trois ans en apprenant huit jours avant qu'il allait le disputer. Cette fois, il s'est préparé spécifiquement. Il n'en sera que plus solide. Le parcours très montagneux n'est pas pour lui déplaire, pas plus que les forts pourcentages des cols italiens. Bjarne Riis a composé une équipe assez dense autour de lui. Avec Richie Porte ou Daniel Navarro, il devrait être soutenu. Reste une interrogation: peut-il se laisser perturber par le prochain jugement du TAS? Ses résultats depuis le début de la saison tendent à démontrer qu'il s'accommode assez bien de l'épée de Damoclès qui pèse au-dessus de sa tête.

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Reuters

En l'absence d'Ivan Basso, tenant du titre, Nibali incarne la meilleure chance de victoire italienne. Depuis six mois, il n'a cessé de clamer que le Giro était le principal objectif de sa saison. Le leader de Liquigas est un candidat légitime au maillot rose. En un an, il a énormément grandi. Troisième du Tour d'Italie alors qu'il avait remplacé au pied levé Franco Pelizotti, il a ensuite remporté la Vuelta. Un premier sacre dans un grand tour qui lui a définitivement permis de changer de statut. Mais attention, ce Giro 2011 est un cran au-dessus de Vuelta 2010. L'opposition est plus relevée, le parcours plus dur. Néanmoins, il a tout mis en oeuvre pour arriver à 100% à Turin. Son début de printemps (5e de Tirreno, Top 10 sur Milan-Sanremo et Liège-Bastogne-Liège) témoigne d'une montée en puissance intéressante.

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Imago

Jamais, sans doute, Michele Scarponi n'avait semblé à ce point en mesure de jouer un rôle majeur sur un grand tour. 4e du Giro en 2010, le grimpeur anconais est encore plus fort cette année. Il a les moyens de rivaliser avec Contador et Nibali en montagne. Derrière ce duo, il fait office de troisième homme sur la ligne de départ. Le retour au sommet de cet ancien banni de l'affaire Puerto ne va pas sans susciter doutes et sarcasmes. Coïncidence, il appartient à l'équipe Lampre, touchée de plein fouet par le scandale de l'affaire Mantoue. Mais sportivement, Scarponi est au top. C'est tout ce qui lui importe. La seule question est de savoir s'il n'a pas été en forme trop tôt. Dès le mois de mars, il a impressionné (souvenez-vous de son numéro dans Milan-Sanremo...)

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Eurosport

Roman Kreuziger n'a pas encore le CV de Contador, Menchov ou Nibali. Mais le Tchèque, par son simple talent naturel, fait un très bel outsider. Il est encore tout jeune (25 ans vendredi) mais il a déjà montré qu'il était fait pour les grands tours. Ce Giro marque une nouvelle étape pour lui. Pour la première fois, il est investi du statut de leader unique, ce qui n'avait jamais été le cas chez Liquigas. Astana lui fait confiance. A lui de saisir sa chance et de prouver qu'il peut assumer ce rôle. S'il passe au travers, il devra peut-être se cantonner à l'avenir dans un rôle de super équipier. A noter qu'il découvre le Giro. Cela pourrait être un inconvénient par rapport à ses principaux rivaux. Sera-t-il à l'aise sur certaines pentes très fortes, lui qui n'a pas l'explosivité des purs grimpeurs?

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From Official Website

Faute de pouvoir disputer le Tour de France (son équipe n'a pas été retenue par ASO), Denis Menchov a jeté son dévolu sur le Giro. Le Russe possède quelques atouts. L'expérience, d'abord. A 33 ans, il jouit d'un vécu incomparable sur ce type d'épreuve. Double vainqueur de la Vuelta mais aussi du Giro, il est un des rares coureurs à avoir figuré sur le podium des trois grands tours. Privée du Tour, Geox a par ailleurs décidé d'aligner sa meilleure équipe en Italie. Menchov aura ainsi de vrais grimpeurs autour de lui, à commencer par Carlos Sastre. Certes, son début de saison est un peu terne (il vient de finir 14e du Tour de Romandie et à l'exception d'une troisième place sur le Tour de Murcie, on ne l'a quasiment pas vu), mais Menchov se connait mieux que personne. Très endurant, il faudra le surveiller au cours de la terrible troisième semaine. Mais les fortes pentes à répétition pourraient le desservir.

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Pour la troisième fois en quatre ans, Joaquim Rodriguez est présent au départ du Tour d'Italie. Jamais il ne l'avait abordé avec de telles ambitions. S'estimant trop juste pour gagner le Tour de France, "Purito" a décidé de faire l'impasse sur le rendez-vous de juillet. A la place, il disputera cette saison le Giro et la Vuelta. Objectif avoué: en remporter au moins un des deux. Le tracé ultra-montagneux sert ses intérêts et son profil de grimpeur-puncheur sied à merveille aux fortes pentes italiennes. Il a soigneusement préparé son affaire, notamment en allant reconnaitre l'ascension de l'Etna, le temps fort de la première moitié de course. Reste une interrogation: de tous les favoris, Rodriguez est celui qui s'est le moins préservé lors de la campagne de classiques. Vu le degré de difficulté de ce Giro, il faudra de la fraicheur. Physiquement, n'aura-t-il pas laissé trop de forces dans les Ardennes? Et psychologiquement, aura-t-il digéré sa double deuxième place derrière Gilbert, sur l'Amstel et la Flèche?

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Le héros malheureux de la dernière Vuelta. Igor Anton était dans le coup pour la victoire finale avant d'être éliminé sur chute. On ne saura jamais s'il l'aurait emporté, mais il a démontré à cette occasion qu'il fallait désormais compter avec lui. Redoutable grimpeur, le Basque a tout pour briller sur ce Giro, qu'il retrouve après six ans d'absence. Mais il la joue très modeste, assurant ne pas viser plus qu'une étape. Il est vrai que ce serait déjà une grande première pour l'équipe Euskaltel. Pourtant, ses aptitudes en montagne en font un candidat automatique au podium. D'autant que sa condition a l'air très correcte si l'on se fie à ses récents résultats (5e de la Flèche Wallonne, 3e du Tour de Castille-Leon).

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