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"C'était un cas gravissime"

"C'était un cas gravissime"
Par Eurosport

Le 10/05/2011 à 10:41Mis à jour Le 10/05/2011 à 19:03

La brutalité du choc lors de la chute de Wouter Weylandt ne laissait pas la moindre chance au coureur belge, mort sur le coup. Les témoignages des premiers témoins et de ceux qui lui ont porté assistance, en vain, font froid dans le dos.

Une vision d'horreur. La chute de Wouter Weylandt, lundi, dans la descente du Passo del Bocco, ne pouvait qu'être mortelle. Voilà, en substance, ce qu'a expliqué le Professeur Tredici, qui dirige l'équipe médicale du Giro. Le Belge est retombé sur le sol après une cabriole d'une vingtaine de mètres. Compte tenu de la vitesse à laquelle il roulait, environ 70 km/h, l'impact sur le sol a été fatal et ne lui laissait pas la moindre chance de s'en tirer.

Le Professeur Tredici et ses hommes sont intervenus presque aussitôt. Mais il n'y avait rien à faire. "Nous étions dans la voiture derrière le peloton. Nous sommes intervenus une trentaine de secondes après la chute mais la situation était déjà désespérée, explique-t-il. C'était un cas gravissime. Quelques instants plus tard, l'ambulance de réanimation est arrivée sur place. Nous avons essayé de le réanimer sur la route". Les injections d'adrénaline, pas plus que les massages cardiaques, n'ont permis de réanimer le coureur. Contrairement à ce que l'on avait d'abord pensé, ce n'est pas en raison du relief que l'hélicoptère médical prévu pour l'évacuation ne s'est pas posé plus près et plus tôt. C'est simplement parce, d'après les premières constatations, le transfert vers l'hôpital s'avérait malheureusement inutile.

 Weylandt se serait retourné pour parler à des coureurs

En fin de journée, Giovanni Tredici a répondu aux questions des journalistes avant de publier un communiqué pour préciser les circonstances du drame. "Il était couché sur le dos avec une fracture frontale très grave et un effondrement de l'os de la face", a-t-il dit avec ses mots de médecin, si froids qu'ils vous glacent. "Le sang sortait par giclées", a raconté un témoin à l'AFP, ce que le très bref (mais interminable, tant il était dur) gros plan de la RAI, en direct, sur le visage de Wouter Weylandt, semble confirmer. Selon les conclusions du médecin légiste, le Belge est "mort sur le coup" et "n'a pas souffert". Le choc avec la chaussée a provoqué un traumatisme cranio-facial fatal avec des lésions à la base du crâne, de profondes lésions aux viscères, d'autres lésions au bassin ainsi qu'une fracture à une jambe. Et si le décès du coureur de l'équipe Leopard Trek a été annoncé 70 minutes après l'accident, en réalité, tout était déjà joué au moment de l'accident.

Mais Angelo Zomegnan, le directeur du Giro, a pris la décision de retarder l'annonce du décès afin de ménager la famille. "Nous avons voulu garder la nouvelle pour que la famille soit prévenue, explique le patron de la course. Sa femme rentrait chez elle en voiture et nous n'avons pas voulu qu'elle apprenne la terrible nouvelle par la radio." Un rapport de police et une autopsie tenteront de préciser les circonstances exactes du drame. Mais selon des témoins, Wouter Weylandt se serait brièvement retourné pour parler à d'autres coureurs derrière lui et aurait perdu le contrôle de son vélo lorsque sa pédale a heurté un muret. Il y aurait ensuite eu un premier choc contre un mur qui aurait provoqué un premier traumatisme facial. Puis ce fut la chute fatale. "Lorsque nous sommes arrivés, il était couché sur la route, confie le directeur sportif de Sky, Sean Yates. Quand nous sommes passés près de lui, nous savions que la situation était grave." Malheureusement, elle était même désespérée.

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