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Weening rafle tout

Weening rafle tout
Par Eurosport

Le 11/05/2011 à 12:08Mis à jour Le 11/05/2011 à 19:28

Audacieux et combatif dans le final, Pieter Weening est sorti vainqueur des routes blanches mercredi sur le Giro. Le Néerlandais de l'équipe Rabobank s'est imposé en solitaire à Orvieto. Il endosse également le maillot rose de leader, que Christophe Le Mével (Garmin) a raté d'un cheveu.

Le Giro a doucement repris le chemin de la vie mercredi. Avec son lot de joies, de peurs et de douleurs. L'équipe Rabobank a ainsi vécu sa part d'émotions fortes et variées, symbolisant les contrastes de ce sport. En un quart d'heure, la formation néerlandaise a connu une énorme frayeur et un grand bonheur. Lorsque Tom-Jelte Slager a lourdement chuté à moins de 15 kilomètres de l'arrivée, on a cru revivre la terrible journée de mardi. Le tout jeune Néerlandais (21 ans) de la Rabobank est resté étendu sur le sol pendant d'interminables minutes. Mais il était conscient, bougeait les jambes et les bras. Il s'en tire avec une fracture à un os du visage et quelques contusions. Ouf. Quelques minutes après cet accident, Pieter Weening s'imposait seul sur la ligne d'arrivée, où le maillot rose l'attendait également.

Weening gagne peu. Mais quand il gagne, il ne fait pas semblant. On se souvient de sa victoire à Gérardmer, lors du Tour de France 2005, où il avait devancé d'un demi-cheveu Andreas Klöden sur la ligne. Depuis, plus rien ou presque, à l'exception d'une étape du Tour d'Autriche en 2009. On se demande bien d'ailleurs pourquoi ce grand gaillard de 30 ans ne gagne pas plus souvent. A voir la façon dont il a négocié le final mercredi, il y a effectivement de quoi s'étonner. Echappé avec John Gadret (AG2R), Weening est revenu sur le courageux du jour, Martin Kohler (BMC), à neuf kilomètres de l'arrivée. Craignant de ne pouvoir rivaliser avec le grimpeur français dans la montée finale vers Orvieto, le Néerlandais est parti seul sur le plat, à la pédale. Dommage pour Gadret. Piégé, le Français n'avait aucune chance de revenir. Kohler, épuisé par ses 170 bornes d'échappée, ne lui était d'aucun secours. Repris par le peloton des favoris, Gadret a fini à une minute...

Pas de souci pour les favoris

Weening, lui, s'est accroché. Les deux derniers kilomètres ont dû lui sembler interminables. L'avant-dernier, surtout, avec sa portion de 650 mètres à 12.2% de moyenne. Limite planté, il a vu le groupe des favoris, secoué par Thomas Lokvist puis Michele Scarponi, revenir sur ses talons. Mais il a tenu bon. Il a bien mérité cette victoire. Mieux, par le jeu des bonifications, il récupère également le maillot rose pour... deux petites secondes, qui ont manqué aux duettistes de chez HTC, Konstantin Siutsou et Marco Pinotti. Et que dire de Christophe Le Mével? Le Français pointe à cinq secondes de Weening. Il a pris la 4e place de l'étape. Un cran plus haut et, avec huit secondes de bonif' en prime, il était en rose. La précieuse tunique serait ainsi restée chez Garmin. Car David Millar, lui, a explosé. Journée difficile pour le Britannique. D'abord victime d'une chute avec Angel Vicioso, puis distancé dans les Strade Bianche avant de revenir au courage, il a perdu près de trois minutes dans la dernière bosse.

Animée, cette journée sur les quasi légendaires routes blanches n'a pourtant pas eu le même impact que l'an dernier sur le Giro. La météo n'y est pas étrangère. Le temps apocalyptique avait rendu cette étape épique en 2010. Certains y avaient laissé des plumes. Rien de tel cette fois. Et sur ce terrain, mieux vaut encore le soleil et la poussière que la boue, la pluie continue et un froid glacial. Du coup, pas de conséquence dans la lutte pour la victoire finale. A une notable exception près (Danilo Di Luca, qui a perdu sept minutes et tout espoir de bien figurer au général), tous les favoris ont fini ensemble, de Nibali à Menchov, de Scarponi à Anton, de Rodriguez à Contador. Ce dernier a connu une petite alerte dans le premier passage sur les gravillons, mais ça n'a pas été plus loin. Une simple escarmouche, qui donne toutefois envie de vivre la prochaine bataille. Elle est programmée pour vendredi, avec la première arrivée au sommet, au Montevergine.

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