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Giro 2023 | Pluie, vents, chutes : "Est-ce qu'on a bien fait de courir cette étape ? Je ne sais pas…"
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Publié 16/05/2023 à 19:47 GMT+2
La deuxième semaine de ce Tour d'Italie 2023 est partie fort. Après la première journée de repos, il a fallu vite se remettre dedans avec des conditions dantesques pour la 10e étape dessinée entre Scandiano et Viareggio (196 kilomètres). Rendue difficile par la pluie, le vent et des températures pas loin d'être glaciales, la journée a laissé des coureurs sur le bord de la route.
Déluge, des chutes et des images rares : le résumé d'une étape dantesque
Video credit: Eurosport
Calme pour ne pas dire plus depuis son départ sur la magnifique côte adriatique, le Giro a pris un virage à 180 degrés depuis deux jours. L'abandon de Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step) fut, pensait-on, une déflagration assez importante pour animer le début de semaine. La dixième étape a prouvé qu'elle pouvait elle aussi entrer dans cette danse. Avec la pluie, les vents violents et le froid au programme, les coureurs ont un temps tenté d'en neutraliser une bonne partie. Ils ont finalement couru l'entièreté des 196 kilomètres et c'est peu dire qu'ils ont souffert.
La journée avait démarré par des images qui laissaient deviner un certain bouillonnement dans le peloton. Membre du CPA, l'organisation des coureurs, Maxime Bouet a participé aux discussions d'avant étape. "Le problème, c'était surtout le passage là-haut, à 1 500 mètres d'altitude, où toutes les météos annonçaient l'apocalypse, a-t-il raconté à Eurosport. J'ai déjà connu Milan-Sanremo, le Gavia et le Stelvio sous la neige, ils ont fait partir la course alors qu'ils n'auraient pas dû".
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Bouet : "Toutes les météos annonçaient l'apocalypse là-haut…"
Video credit: Eurosport
Cette fois, les coureurs voulaient éviter de se lancer dans une étape dangereuse. Bouet poursuit : "Ils annonçaient zéro en haut du col avec de la pluie, donc presque de la neige. Et surtout des tempêtes de vent. Dans la descente, j'étais congelé. Cette journée, c'est Top 5 de mes moments les plus froids sur un vélo. Je ne sais pas si on a bien fait de la courir."
Au départ, les coureurs militaient pour courir les 70 derniers kilomètres et assurer un vainqueur à l'étape. "Si on fait partir l'étape et qu'au bout de 80 kilomètres, il faut rappeler les bus, alors il n'y a pas d'étape, pas de vainqueur, rappelle le Français. On voulait qu'il y ait un vainqueur. On a fait partir l'étape, il y a un vainqueur, certains ont perdu le classement général, des chutes. C'était vraiment un moment très dur sur le vélo."
L'étape est partie, et plutôt rapidement. Quand l'échappée s'est formée, le peloton devait-il se calmer ? Absolument pas car les chutes l'ont animé. De nombreux coureurs sont allés au sol, Pavel Sivakov (INEOS Grenadiers) ou Warren Barguil (Arkéa-Samsic) par exemple. La plus spectaculaire d'entre elles fut celle d'Alberto Bettiol (EF Education-EasyPost), percuté par un assistant du Team Jayco AlUla qui… voulait aider Lukas Pöstlberger lui-même au sol. Pendant ce temps-là derrière, certains préféraient s'arrêter pour changer des vêtements trempés. "Une journée dont on va se souvenir pendant longtemps" selon Geraint Thomas, nouveau maillot rose.
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Panique à bord : Bettiol percute un assistant, plusieurs coureurs au sol
Video credit: Eurosport
"Je crois que c'est l'une des étapes les plus dures que j'ai connues sur le vélo", a estimé le vainqueur du jour, le Danois Magnus Cort Nielsen (EF Education-EasyPost). "Dur et stressant, résume Joao Almeida (UAE Team Emirates) de son côté. Je ne pensais qu'à passer la ligne et à me réchauffer. C'était une longue étape en plus. Je suis content d'être en bonne santé."
Alors, l'organisation aurait-elle dû neutraliser tout ou partie de l'étape du jour ? La casse fut, si l'on peut dire, limitée et si certains, comme Jay Vine qui a perdu plus de dix minutes, ont dit adieu au podium, la plupart des favoris sont passés entre les gouttes. Reste que cette 10e étape se trouvait dans une zone grise, celle qui fait si souvent parler dans le cyclisme.
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