Giro 2025 – Après l'abandon de Juan Ayuso, UAE Emirates - XRG en rangs serrés derrière Isaac Del Toro : comme un air de Pogacar
Mis à jour 29/05/2025 à 20:04 GMT+2
Il fallait que ça s'arrête pour Juan Ayuso, contraint à l'abandon lors de la 18e étape après une piqûre d'insecte et une chute sur la 9e étape. Le genou touché, l'Espagnol laisse Isaac Del Toro seul leader d'un collectif UAE Emirates – XRG de retour dans une configuration qu'il adore : tous derrière un souverain. Cela tombe bien, "Torito" a tout du successeur de Sa Majesté Tadej Pogacar.
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À une ère où la moindre esquisse force les comparaisons les plus démesurées, les plus obstinés auront sans doute trouvé du grain à moudre avec Isaac Del Toro. Le Mexicain, alien précoce lancé dans le grand bain début 2024, n'a pas attendu longtemps avant de lever les bras chez les professionnels, et soulever un amas de commentaires laudateurs. Sur cette 108e édition du Giro, "El Torito" a confirmé l'impression d'assister à l'avènement d'un nouveau crack, appelé à grossir les rangs resserrés des "fantastiques". Sa formation UAE Emirates – XRG, elle, n'a jamais douté de son potentiel, quitte à, si on lit entre les lignes, donner sa préférence au Mexicain au profit de Juan Ayuso.
Ce devait être lui. Star annoncée, plus jeune coureur sur le podium d'un grand Tour depuis un siècle (pas encore 20 ans à l'arrivée de la Vuelta 2022), Ayuso le stakhanoviste, élevé entre les Etats-Unis et Javea, devait rejoindre Tadej Pogacar au sommet de la petite reine, sans détour. A 22 ans, rien n'est encore perdu pour l'Espagnol, loin de là. Mais la nature a horreur du vide. Moins précoce que son aîné, Isaac Del Toro est en train de le dépasser, grillant la politesse comme un certain Slovène avant lui.
Ayuso, un printemps pour s'affirmer, un gadin pour tout gâcher
Pourtant, Ayuso met tout en place, depuis très jeune, pour arriver à ses fins, et cueillir les plus grandes courses au monde. L'Espagnol, fin communiquant à l'ego saillant, n'est pas habitué à attendre son tour. Seulement, il a dû composer avec des chutes, assorties de blessures profondes. Le succès sur Tirreno-Adriatico, venu récompenser un début d'année 2025 réussi, devait le propulser en leader quasi absolu de la formation émirienne, n'en déplaise à Adam Yates, également surclassé en Catalogne.
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Visage tuméfié, Ayuso met pied à terre pour de bon : son abandon en vidéo
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Son heure était venue, enfin. Ayuso allait prouver à l'organigramme UAE qu'il y a bien une vie sans "Pogi". Une victoire d'étape, des chemins blancs dépoussiérés sans perdre trop de temps, et les ornières d'un sacre à Rome devaient s'ouvrir devant lui. C'est oublier cette vilaine chute, justement, au milieu de cette fumée de terre nacrée. Trois points de sutures sur le genou et un rêve envolé. Les prémices d'un adieu qu'on imagine inéluctable, aussi.
Del Toro : plus qu'une relève, digne d'un héritier
Son abandon jeudi enlève un soutien de poids à Del Toro, mais un Ayuso sur une jambe n'allait pas changer grand-chose en cas de défaillance dans le Col de Joux (19e étape) ou sur les flancs terribles du Finestre (20e étape). Même si la relation entre les deux hispanophones a toujours été bonne, UAE compte profiter de cette perte pour faire ce qu'elle sait faire de mieux : se ranger unanimement derrière un guide, un patron, une étoile. Adoubé par Sa Majesté Tadej Pogacar en personne, Del Toro assume de suivre ses traces, jusqu'à imiter ses célébrations.
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Rien ne dit que Del Toro gagnera, qu'au contraire ses jambes ploieront sous les coups de cales rageurs de Richard Carapaz (EF Education – EasyPost), ou d'un autre. Loin de ces hypothèses brûlantes, "El Torito" absorbe la pression, monte sur les podiums et affronte les micros avec légèreté et flegme, comme vous savez qui. "Je commence à m'habituer au maillot rose, dévoile le Mexicain dans un sourire à l'arrivée de la 18e étape. Pour les deux prochaines étapes, j'espère être à l'avant avec les meilleures jambes que j'ai jamais eues. On va voir ce qu'il s'y passera, mais je veux être devant." Pas de peur chez Del Toro, même lorsque le rêve d'une vie est en passe de s'écrire. C'est bien pour ça qu'UAE l'a choisi comme héritier.
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