Giro 2025 | Richard Carapaz et Egan Bernal, les grimpeurs sud-américains qui vont tenter de dynamiter le Giro
Par Raphaël Brosse
Mis à jour 27/05/2025 à 09:11 GMT+2
Avec Isaac Del Toro (1er) et Juan Ayuso (3e) aux avant-postes, UAE-Emirates-XRG semble avoir les cartes en main pour remporter le Giro 2025. La formation émiratie devra toutefois surveiller de très près Egan Bernal (Ineos Grenadiers) et Richard Carapaz (EF Education-EasyPost), qui ont les atouts nécessaires pour tout dynamiter au cours d'une troisième semaine assurément explosive.
Interrogation surprise : Et si Bernal remportait le Giro ?
Video credit: Eurosport
Le Monte Grappa avait beau être l'ascension la plus longue du Giro 2025, on l'imaginait mal être le théâtre d'une escarmouche entre favoris au classement général. Après tout, l'arrivée de la 15e étape, dimanche, était située à quelque 90 kilomètres du sommet de ce colosse de Vénétie. De quoi décourager, à coup sûr, bon nombre d'audacieux. Pas Egan Bernal, ni Richard Carapaz. Le premier a donné l'impulsion en multipliant les accélérations, le second lui a emboîté le pas avec un malin plaisir. Et les deux hommes ont mis un sacré bazar dans le peloton, qui a rapidement explosé en mille morceaux. À la grande surprise d'Isaac Del Toro.
"À ce moment-là, on était en train d'assurer le tempo avec l'équipe, pour reprendre du temps sur l'échappée. Quand j'ai vu Egan essayer de faire un écart, c'était mon boulot de réagir", a raconté le porteur du maillot rose, qui a quasiment été le seul à suivre l'initiative des deux Sud-Américains. Même si tout est rentré dans l'ordre, le Mexicain et sa formation, qui mise aussi sur Juan Ayuso (3e du général), feraient bien de prendre la mesure de l'avertissement : l'Aigle de Zipaquira et le Jaguar de Tulcan semblent bien décidés à semer la zizanie jusqu'à l'arrivée à Rome, le 1er juin.
Carapaz comme à ses plus belles heures
À vrai dire, on n'en attendait pas moins de Carapaz. L'Équatorien a déjà triomphé sur le Tour d'Italie (en 2019), il a l'expérience des courses de trois semaines (2e de la Vuelta en 2020, 3e du Tour de France en 2021) et un sens tactique unanimement reconnu. Seulement, il n'a plus ses jambes de 20 ans et sa condition physique peut, donc, parfois lui jouer des tours. Le grimpeur d'EF Education-EasyPost est toutefois très à son avantage depuis le départ de ce Giro, en atteste sa victoire pleine de panache et d'intelligence à Castelnovo ne'Monti.
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Un Carapaz tranchant pour une victoire méritée : le résumé de l'étape 11
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Pas réputé pour être un excellent rouleur, il a plus que limité les dégâts lors des deux contre-la-montre de cette édition 2025 et se retrouve ainsi 4e du général après deux semaines, à 2'07'' de Del Toro. Autrement dit, une menace à prendre très au sérieux. Bernal, lui, est un peu plus loin (8e, à 3'38''). Revoir le Colombien dans le Top 10 d'un grand Tour est malgré tout remarquable, eu égard à son grave accident et aux difficultés qu'il a dû surmonter pour revenir à un tel niveau. Cela l'est d'autant plus que le vainqueur du Giro 2021 ne se contente pas de suivre et se démène au contraire pour être l'un des principaux animateurs de la course.
Ineos court avec le couteau entre les dents depuis le début du Tour d'Italie
Intenable sur la route d'Asiago, dimanche, le champion de Colombie jouit en outre du soutien d'une équipe Ineos Grenadiers qui, elle non plus, n'est pas venue en Italie pour faire des comptes d'apothicaire. "Il fallait qu'on fasse quelque chose, parce que nous n'avons rien à perdre sur ce Giro", a assumé le coureur de 28 ans. "Ineos court avec le couteau entre les dents depuis le début du Tour d'Italie, a pour sa part constaté Derek Gee (Israel-Premier Tech) au micro de TNT Sports. Ça rend la course excitante, mais en tant que coureur, ça pique. Vous les voyez se positionner, et vous vous dites : 'Ah, c'est reparti !'"
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Bernal mène la révolte avec Del Toro dans sa roue : son attaque en vidéo
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Un coureur en pleine forme et habitué aux coups d'éclat d'un côté, un autre résolument tourné vers l'offensive et accompagné par une formation décidée à tout faire valser de l'autre : présenté ainsi, le tableau fait déjà envie. C'est encore plus le cas si l'on ajoute que la troisième semaine, qui compte pas moins de trois arrivées au sommet et énormément de dénivelé cumulé, a tout du terrain de jeu idéal pour leur permettre d'assouvir les desseins des deux poils à gratter. "Il nous reste la troisième semaine pour faire des différences", avait d'ailleurs prévenu Carapaz dès dimanche. À eux de jouer.
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"On assiste peut-être à la naissance d'un grand champion"
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