Tour d'Italie - 14e étape - Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG), premier avantage décisif ? "Le vrai départ du Giro, c'est mardi"
Par Emile Pawlik
Mis à jour 24/05/2025 à 19:57 GMT+2
Il est le grand vainqueur d'une étape qui va laisser des traces. Isaac del Toro (UAE Emirates-XRG) a réussi à reprendre du temps ce samedi sur ses poursuivants dans une étape qui n'était pas forcément faite pour ça. De bon augure avant la haute montagne qui se présente, mais pour autant rien n'est fait. Il n'économise pas ses forces et pourrait le payer lorsque la route va s'élever.
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"On dirait que c'est son destin de gagner ce Giro." Notre consultant Philippe Gilbert s'est peut-être un poil avancé, alors que le plus dur n'est pas encore passé. Mais on peut le rejoindre sur un point, jusqu'ici tout semble glisser sur Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG). Même s'il a chuté, il a réussi à se relever plus vite que tout le monde pour attraper le bon wagon. "J'ai vu quelqu'un glisser devant moi, j'ai freiné, quelqu'un m'a touché et je suis tombé, racontait le leader de la course. Je me suis relevé rapidement et je suis rentré le plus vite possible."
Le maillot rose de 21 ans s'est ensuite fait tracter jusqu'à la ligne, dans un groupe d'une quinzaine de coureurs où l'on comptait notamment Simon Yates (Visma-Lease a bike), son nouveau dauphin, et Richard Carapaz (EF-EasyPost), sans ses coéquipiers restés autour de Juan Ayuso dans un groupe retardé. Derrière, ses principaux concurrents perdaient seconde après seconde. Pour une étape de plat, l'addition est salée pour Primoz Roglic ou autre Antonio Tiberi, ejecté du podium.
Il n'a pas fait le plus dur
Depuis dimanche, et la prise de pouvoir d'Isaac Del Toro à Sienne, les débats vont bon train sur la gestion et le leadership au sein de la formation émiratie. Ce samedi encore, Juan Ayuso n'est pas arrivé en compagnie des meilleurs et a encore perdu du temps sur son coéquipier. De là à perdre le leadership ? Pas si vite. "Le vrai départ du Giro, c'est mardi. Ces deux premières semaines, ce n'était que l'apéritif, a fait remarquer notre consultant Jacky Durand. Il a combien ? 1'26", c'est que dalle." Il est vrai qu'au pied des montagnes qui attendent les coureurs dès demain, mais surtout avant les étapes de haute montagne de la semaine prochaine, l'écart paraît bien mince. Surtout que Del Toro n'est qu'un bizuth à ce niveau, même s'il a remporté le Tour de l'Avenir en 2023.
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Del Toro en mode équilibriste : quand le maillot rose passe tout près de la correctionnelle
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"On attend de voir ce qu'il peut faire face à ce qui se fait de mieux au niveau professionnel. On sait qu'il tient trois semaines, grâce à sa participation à la Vuelta. Mais on verra s'il sera toujours aussi serein quand il y aura des mouvements de panique et des stratégies de course", prévenait Jacky Durand, qui voit toujours Juan Ayuso (3e, +1'26"), comme le leader désigné de la formation de Mauro Gianetti. D'autant plus que l'Espagnol est un pur grimpeur qui a déjà apporté des garanties sur son niveau en remportant notamment Tirreno-Adriatico cette année.
Ca ne change pas grand-chose
Mais cette 14e étape fait planer un nouveau fantôme au-dessus de la tête du jeune Mexicain. Son dauphin ce n'est plus son coéquipier, avec qui il pourrait tirer à la courte paille qui pourrait gagner ce Giro, mais Simon Yates. Le Britannique de la Visma-Lease a bike qui a déjà remporté un Tour d'Espagne n'est pas un coureur à prendre à la légère. "Pour être honnête, je pense que ça ne change pas grand-chose. Ce n'est pas terrible ce qu'il s'est passé pour nous aujourd'hui. C'était vraiment une journée étrange", a réagi le maillot rose tout emmitouflé à l'arrivée.
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Del Toro : "Ce n'est pas bien pour nous ce qu'il s'est passé aujourd'hui"
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En fin observateur, Romain Bardet a relevé que rien n'était encore fait. "Il va falloir analyser les différentes formes pour la troisième semaine. Je vois beaucoup de coureurs qui se battent pour la moindre seconde et sprinter un peu partout. Alors qu'il y en a d'autres qui sont beaucoup plus sur la réserve et qui semblent bien gérer leur affaire. Je pense qu'on va avoir une troisième semaine pleine de rebondissements", analysait le Français, invité dans les Rois de la Pédale.
36 secondes de bonification
Quand il évoque les sprints à tout va, difficile de ne pas penser au Mexicain qui se dresse sur les pédales à chaque sprint intermédiaire. Il est d'ailleurs le coureur qui a récolté le plus de bonifications avec 36 secondes, dont 14 sur les sprints bonifications, juste derrière Mads Pedersen et ses 40 secondes glanées lors de ses victoires d'étape. Des cartouches distillées qu'il va payer en troisième semaine ? Réponse sur les routes la semaine prochaine où la fougue pourrait être douchée par la sagesse et la gestion des plus expérimentés.
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Étape 14 | PlatTreviso → Nova Gorica / 195 km
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K. AsgreenTerminé
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