Tour d'Italie 2025 - 20 étape | La double et sublime revanche de Simon Yates

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Ce n'est pas une mais deux revanches que s'est offert Simon Yates samedi en remportant un Giro qu'Isaac Del Toro n'aurait jamais dû perdre au bout d'une folle cavalcade dans le Colle delle Finestre. Bien sûr, il y avait là le souvenir de 2018 et de son calvaire sur les mêmes pentes. Il y avait aussi l'idée qu'il n'était plus un grand leader qui méritait de grandes responsabilités.

2018-2025 : Yates, de la débandade à l'envol dans le Finestre

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Ne cherchez pas, il n'y a que lui. Dans sa courte idylle avec le cyclisme - après tout ce mariage évident n'a que 20 ans -, le Colle delle Finestre en a vu passer de sacrés grimpeurs, des escaladeurs qui n'ont peur ni de la pente, ni de l'altitude, ni du chemin de terre. Il y a eu Gilberto Simoni, Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Chris Froome et Mikel Landa mais surtout Simon Yates, le seul à l'avoir gravi en moins d'une heure. Tout un symbole tant l'ascension l'avait tourmenté en 2018.
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Où, quand et comment UAE et Del Toro ont perdu ce Giro

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Même lui n'osait y croire. Pourtant, le symbole était parfait. 2018-2025, sept ans que le Tour d'Italie n'avait plus mis le Colle delle Finestre à son parcours. La dernière fois, Chris Froome s'y était envolé dans une chevauchée qui avait fait couler beaucoup d'encre et fait beaucoup pour ancrer son personnage dans un entre-deux inconfortable. Ce jour-là, un autre Britannique coulait. Alors maillot rose avec 28 secondes d'avance sur Tom Dumoulin, son dernier adversaire pensait-il, Simon Yates avait coupé la ligne d'arrivée à 38 minutes et 51 secondes de Froome. Une noyade comme on n'en avait jamais vue.

Yates voulait cette revanche

Imaginez qu'on a estimé à une vingtaine de minutes l'écart entre son ascension du Finestre d'il y a sept ans et celle qui lui a permis de renverser le Tour d'Italie samedi. Un gouffre. Placé depuis deux semaines dans l'ombre des leaders au général, Yates avait-il envisagé reprendre ce qu'on lui avait volé au même endroit ? La réponse est non, même lui n'osait rêver à un tel scénario. "Quand le parcours a été dévoilé, j'avais dans un coin de ma tête de revenir pour clore ce chapitre, a-t-il raconté à Sestrières. Peut-être pas pour prendre le maillot rose et remporter la course mais au moins gagner l'étape et montrer ce que je sais faire".
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Il y a bien plus que ça. Si le Simon Yates de 2018 n'était pas loin d'être le coureur le moins fort sur cette étape devenue mythique, il n'était à l'inverse pas le plus fort non plus samedi. Du moins physiquement car tactiquement, tout fut parfait. De sa part et de celle de son équipe. Trop souvent, les choses lui ont échappé en grand Tour pour qu'il croit dur comme fer à sa bonne étoile dans son aventure du jour. "A 200 mètres de l'arrivée, j'ai encore demandé l'écart à la radio car je ne j'y ai jamais vraiment cru jusqu'à la fin. Je ne sais même pas quoi dire, vraiment".

On pensait qu'il allait se ranger derrière Vingegaard et abandonner ses ambitions

Il y avait peut-être dans ce doute qui s'est accroché à lui l'idée qu'à 32 ans, ses ambitions étaient derrière lui. L'hiver dernier, il avait quitté son équipe de toujours, dernièrement nommée Jayco AlUla, pour rejoindre la Visma | Lease a Bike. Le mouvement ressemblait trop à celui de son frère Adam, devenu le meilleur lieutenant de Tadej Pogacar chez UAE Emirates-XRG, pour ne pas y voir la même ambition. Parfois critiqué pour son dilettantisme, Simon, disait-on, se rangeait définitivement derrière un autre, Jonas Vingegaard en l'occurrence.
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Pourtant, la Visma | Lease a bike lui avait fait confiance, le bombardant leader d'une escouade qui ne misait néanmoins pas tout sur le classement général. Olav Kooij était là pour les sprints, Wout van Aert, son meilleur allié finalement samedi, pour tout faire et lui devait se débrouiller, ou presque. Le voilà double vainqueur de grand Tour (après la Vuelta 2018). La Visma n'avait plus triomphé sur trois semaines depuis sa formidable année 2023 et le triplé de Primoz Roglic, Jonas Vingegaard et Sepp Kuss.
"Je n'arrive toujours pas à m'en remettre. Je ne suis pas une personne émotive, mais je n'ai pas pu retenir mes larmes, confiait-il samedi. C'est quelque chose pour lequel j'ai travaillé tout au long de ma carrière, année après année. Il y a eu beaucoup d'échecs et j'ai finalement réussi à le faire". Au moment où personne ne s'y attendait. Drôle de revanche(s).
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