Tour d'Italie 2025 - 9e étape | "C'était écrit que ce soit ici" :Wout Van Aert, tout un symbole

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Au bout d'une journée magnifique sur la 9e étape du Tour d'Italie, celle des chemins blancs, c'est Wout van Aert (Visma | Lease a Bike) qui s'est imposé à Sienne après un magnifique duel avec Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG). Un grand vainqueur qui en avait tant besoin après des mois de doute et de déceptions en tout genre.

Van Aert a pris tous les risques contre Del Toro : sa victoire dans les rues de Sienne

Video credit: Eurosport

Ce sera l'histoire d'une renaissance. Avec Wout van Aert, c'est un peu toujours la même rengaine. On oublie de grandes performances sur l'autel de la sacro-sainte victoire. Le Belge a tant gagné et sur tant de terrains qu'il se fixe lui-même, et les autres pour lui, uniquement de grands objectifs. Sa campagne de classiques fut très bonne mais le leader des Visma | Lease a Bike n'avait pas gagné, pas plus qu'il ne l'avait fait en début de Tour d'Italie. Ses premiers jours avaient semé le doute sur son état de forme physique et mentale. Jusqu'à ce dimanche, jusqu'aux chemins blancs, et sa victoire magnifique.
Pour une fois, Van Aert n'avait personne à aider, ni personne non plus à son service. Il était seul à slalomer entre les embûches et les difficultés sur une étape qui laissera une trace dans l'histoire récente du Giro. Les chemins blancs, comme les pavés, font toujours grandir le cyclisme quand on leur permet d'exister sur les grands tours. C'était une journée pour les grands coureurs. Egan Bernal (INEOS Grenadiers) en est un, Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG) en sera un demain et Wout van Aert l'est depuis longtemps lui aussi.

Pas n'importe quelle étape, pas n'importe quel coureur

Il n'y avait aucun hasard à le voir parmi les hommes forts du jour. Un peu de surprise peut-être après l'avoir vu souffrir depuis le départ du Tour d'Italie en Albanie mais après tout, Van Aert est un spécialiste des chemins blancs. Sa puissance y fait des ravages et sa technique lui permet, contrairement à d'autres (un Slovène par exemple), d'éviter les pièges. Il a fallu se faire mal pour s'accrocher à la roue d'un Del Toro qui avait décidé que ce dimanche 18 mai serait son acte de naissance. Ça tombe bien, Van Aert a la tête dure et il en avait probablement assez d'entendre qu'il n'était plus la meilleure version de lui-même.
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Van Aert : "Je savais qu'il fallait bouger avant les trois derniers virages"

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"Oui ce n'est pas n'importe quelle étape, opinait-il quand on lui faisait remarquer qu'il avait gagné au bout d'une très belle journée. C'est évident que cette victoire signifie beaucoup de choses pour moi. Je n'ai même pas besoin d'expliquer pourquoi." Il faut se rappeler d'où il vient. La chute d'A Travers la Flandre l'année dernière, puis celle de la Vuelta qui l'avait laissé avec un genou meurtri qui fait toujours peur quand on prend la peine de le regarder de près, la désillusion d'A Travers la Flandre, toujours elle, cette année. Des coups sur le casque, des critiques, tant de critiques…
On sait depuis longtemps que le destin de Van Aert est particulier. Tantôt doré, tantôt si sombre. Ce dimanche, il était question du plus beau des métaux sur un parcours qu'il connaît si bien. "Il faut croire que ça devait être ici, souriait-il. C'est là que ma carrière sur route a débuté en 2018. Gagner cette étape après tout ce temps sans succès, ce sentiment de délivrance au passage sur la ligne, c'est tellement bon..." 
Ce n'est pas aux Strade Bianche 2018 que la carrière sur route de ce cyclo-crossmen de génie a véritablement commencé, mais c'est là qu'elle a décollé. Ce jour-là, un gamin de 24 ans se faisait mal pour accrocher un premier grand podium derrière Tiesj Benoot, son coéquipier désormais, et Romain Bardet. On avait compris alors, et lui avec, qu'il était amené à faire de grandes choses.

La classe de van Aert

Plus tard, il allait gagner ces Strade Bianche (2020), une course dont il n'a jamais quitté le Top 4 en quatre participations. Van Aert n'a peut-être plus participé à cette course depuis son succès il y a cinq ans mais ce n'est pas pour autant qu'il ne connaît pas par cœur son petit manuel des chemins blancs :
"J'ai dû me battre jusqu'en haut, raconte-t-il quand on lui demande s'il avait été difficile de tenir la roue d'Isaac Del Toro. Je connaissais le final, je savais que je devais bouger dans les trois derniers virages. Le lactique était partout dans mes cuisses, je n'ai pas fait un bon dernier virage, j'ai failli le rater. d'ailleurs. Une fois que j'étais en première position, la ligne était tellement proche… Je l'ai appris en faisant les Strade Bianche plusieurs fois."
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Van Aert "au rupteur" mais vainqueur "au métier et au courage"

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On ne pense pas vraiment se tromper en disant que le succès de Wout van Aert a ravi l'immense majorité du peloton. Classe jusqu'au bout, le Belge s'est excusé auprès de son ultime adversaire Isaac Del Toro, pour ne pas avoir travaillé avec lui dans le final. Le Belge l'a fait au micro de l'organisateur, mais aussi personnellement en glissant au passage des compliments à un adversaire qui devrait faire mal aux jambes à beaucoup de monde dans un avenir très, très proche. C'est aussi ça être un grand coureur.
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