Tour d'Italie 2025 | Un Giro pas "fantastique" (et c'est très bien)

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Ce dimanche, le rideau est tombé sur le Tour d'Italie. Celui-ci n'a pas sacré un nouveau champion en grand tour mais salué le retour au premier plan d'un Simon Yates déjà titré sur la Vuelta… il y a sept ans. Une époque où le cyclisme n'avait pas encore fait la connaissance des quelques fantastiques qui imposent leur dictature. Ceux-ci étaient absents sur le Giro, et ça a tout changé.

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Avec eux, il se passe toujours quelque chose de dingue. Sans eux, il se passe… toujours quelque chose. Eux, ce sont ceux que l'on surnomme les "fantastiques". Sur les grands tours, on en compte deux au moins, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, quatre peut-être en ajoutant Remco Evenepoel et Primoz Roglic, et mêmes leurs différents affrontements n'avaient pas accouché d'un suspense aussi prenant que celui qui a animé la 20e étape du Tour d'Italie. Ce premier grand tour de la saison fut finalement très "humain".
Il y avait bien eu le Giro 2023 et ce contre-la-montre décisif à l'avantage, cette fois, de Primoz Roglic sur la 20e étape et sur Geraint Thomas. Mais la plupart du temps ces dernières années, la présence d'un des membres de ce quatuor était l'assurance d'une course jouée d'avance. Les aléas (notamment les chutes) ont même rendu leurs présences communes finalement décevantes, les meilleurs exemples étant les deux derniers Tour de France entre Vingegaard et Pogacar. Il ressortait bien souvent des vainqueurs apparemment intouchables et une espèce d'inéluctabilité dans une course impossible à renverser.

Personne n'a jamais semblé intouchable

Sur le Tour d'Italie que nous venons de vivre, Primoz Roglic a pris la main avant de la céder à Isaac Del Toro et peut-être au passage à Juan Ayuso même si celui-ci n'a jamais porté un maillot rose, qui a finalement échoué sur frêles épaules d'un Simon Yates que l'on imaginait déjà très heureux de retrouver le podium des grands tours. Les événements de course ont malheureusement rebattu les cartes, écartant Roglic et Ayuso pour ouvrir la porte à d'autres. Personne ne fut impérial tout au long des trois semaines, les deux derniers cités, pourtant favoris, connaissant autant de joie que de doutes.
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Aussi impérial fut-il, même Del Toro n'a jamais semblé intouchable. Le "privilège" de l'âge et de la nouveauté. De sa prise de pouvoir sur la 9e étape jusqu'au Finestre samedi, ce fut un "à toi, à moi" rafraîchissant avec Carapaz. Le Mexicain a perdu du temps sur les 11e et 16e étapes et en a repris (un peu) sur la 17e pour finalement tout gâcher sur l'ultime journée en montagne dans un duel tactique plus que physique, si rare dans le vélo de 2025 où le plus fort l'emporte 90% du temps.

Une grande étape décevante, et alors ?

On n'oubliera pas que ce feu d'artifice du Finestre fut précédé, vendredi, d'une journée blanche, sans mouvement ou si peu dans une étape pourtant dantesque et tracée, pensait-on, pour épouser les ambitions offensives des adversaires du maillot rose. Était-ce la peur de trop en faire à la veille de l'ascension du Colle delle Finestre ? Un peu de fatigue ? Un peu de tout ça probablement et cette journée, aussi décevante fut-elle, est venue rappeler que les courses cyclistes ne sont pas censées toujours se disputer sur un rythme dingue. Ça aussi, ce fut une nouveauté et une bonne leçon.
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Il restera de ce Tour d'Italie une impression particulière. Il pouvait sacrer un nouvel espoir (Isaac Del Toro), un ancien toujours très fort (Richard Carapaz) mais il a choisi un revenant que l'on n'envisageait plus (Simon Yates). Difficile de dire quelle trace il laissera dans son ensemble mais la 20e étape de samedi devrait conserver une belle place dans les livres d'histoire. Au milieu de la litanie de succès des Pogacar, Vingegaard, Roglic ou Evenepoel, le nom de Yates paraîtra peut-être incongru. Il est pourtant lui aussi un témoin de son époque.
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