Tour d'Italie : Et maintenant ? Que va faire Juan Ayuso (UAE Team Emirates-XRG), distancé au général et malade au soir de la 17e étape
Par Emile Pawlik
Publié 28/05/2025 à 23:53 GMT+2
Diminué, Juan Ayuso (UAE Team Emirates-XRG) a perdu le statut de leader qui lui avait été octroyé au départ du Tour d'Italie. Totalement largué au classement général au soir de la 17e étape, il va désormais devoir se muer en équipier pour favoriser les desseins du maillot rose d'Isaac Del Toro. Avant, peut-être, de changer d'air tant sa situation devient difficile dans son équipe.
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Video credit: Eurosport
S'il avait imaginé son Tour d'Italie avant d'en prendre le départ, nul doute que Juan Ayuso (UAE Team Emirates-XRG) n'avait pas voulu qu'il se déroule de la sorte. Avant le départ en Albanie, tout le monde ou presque prédisait un duel entre Primoz Roglic (RedBull-Bora Hansgrohe) et lui. Depuis, le Slovène a abandonné après avoir connu de multiples chutes et l'Espagnol est définitivement hors-jeu pour la victoire finale. Son coéquipier mexicain, Isaac Del Toro lui a volé la vedette et le leadership au sein de l'équipe émirienne, et lui n'a jamais su répondre et se mettre au niveau.
Après avoir lâché dix minutes sur les routes de la première grosse étape de montagne mardi, Juan Ayuso a traîné sa misère toute la journée de mercredi en direction de Bormio. Arrivé avec plus de 35 minutes de retard en compagnie notamment de Casper Van Uden (Team PicNic-PostNL), l'Espagnol a traversé un moment très difficile mentalement. "Je me sens très fatigué, je voulais aider l'équipe mais je ne pouvais pas suivre. Je suis désolé", a-t-il réagi à chaud juste après la ligne d'arrivée. Déjà remis en cause par le classement général et le déroulement de la course, son statut au sein du collectif de Mauro Gianetti va encore en prendre un coup. Mais son attitude force tout de même le respect.
Tu es un coursier, Ayuso
L'année dernière, il avait été peu enclin à aider Tadej Pogacar sur le Tour de France et avait dû abandonner après avoir contracté la Covid-19 au matin de la 13e étape. A l'arrivée mardi, il ne s'était même pas arrêté à la hauteur de ses patrons qui l'attendaient juste après la ligne. Cette fois-ci, il s'est fait violence et a surmonté la douleur qu'il traîne depuis sa chute sur les chemins blancs de Sienne, il y a dix jours. Tombé sur son genou, il avait déjà perdu du temps, pendant qu'Isaac Del Toro s'envolait devant, en compagnie de Wout van Aert (Visma|Lease a bike), comme un symbole. Depuis, les points de suture posés le font souffrir et il semble en plus diminué par une maladie.
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Un nouveau masque tombe : Ayuso distancé loin de l'arrivée
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"Alors qu'il était lâché, il a eu le courage de terminer cette étape, je dis : 'chapeau Ayuso, là t'es un coursier', louait notre consultant Jacky Durand, sur le plateau des Rois de la Pédale. Être un coursier, ce n'est pas que quand tout va bien, on est un coursier surtout quand on est au fond du trou." Ce mercredi, Juan Ayuso a donc peut-être envoyé un message à sa direction sportive, une preuve que l'on pouvait compter sur lui et qu'il fera le maximum pour permettre à son équipe de remporter son Giro. Un peu à l'instar du maillot rose qui, avant que Juan Ayuso ne dégringole, avait toujours juré vouloir la jouer collectif. Désormais, la dynamique est tout autre et tous les espoirs reposent sur les épaules, déjà solides, du Mexicain de 21 ans.
De leader à équipier...
Son histoire sur ce Giro, si elle vient à se poursuivre, sera désormais celle d'un équipier, qui pourra se refaire la cerise sur l'étape plus facile proposée ce jeudi aux coureurs. Ensuite, il aura du pain sur la planche. "On pourrait le voir vendredi et samedi aux côtés de Del Toro. Il doit sortir par la grande porte de ce Giro et il sortira par la grande porte s'il aide son coéquipier en montagne", continuait Jacky Durand. A l'heure où son avenir au sein de la formation où Tadej Pogacar phagocyte tout et où même Del Toro commence à lui voler la vedette, on voit mal comment Ayuso pourrait poursuivre son aventure chez UAE. Mais avant le temps des grandes manœuvres, il doit, surtout à titre personnel, prouver sa maturité. Emmener Del Toro, samedi dans les pentes du Finestre, en serait un joli symbole.
A la croisée des chemins, il doit tirer le maximum de ce Giro pour vivre le reste de sa saison sereinement. "Il sortira de ce Giro peut-être avec plus de confiance et ça, c'est très important pour la suite de sa saison", voulait croire Audrey Cordon-Ragot, consultante Eurosport. L'expérience de l'année dernière a poussé l'encadrement à l'enlever de la garde rapprochée de Tadej Pogacar sur le Tour de France pour voler de ses propres ailes, c'est raté. Désormais, on ne sait pas forcément de quoi demain sera fait pour Juan Ayuso, mais cela sera sûrement sous d'autres couleurs. A seulement 22 ans, il a encore tout le temps devant lui pour retrouver une formation où il sera le leader unique. Car chez UAE, les planètes n'en finissent plus de s'entrechoquer. Et c'est bien pour ça que c'est la meilleure formation du plateau.
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