Giro - Egan Bernal, le spectre de la méthode Coué

Egan Bernal a failli perdre gros ce mardi lors de la 4e étape du Giro, décramponné dans un Cozzo Tunno (14,5km à 5,9%) à même de contrarier les prétendants au maillot cyclamen, mais a priori digeste pour ceux qui aspirent au rose. Chez Netcompany INEOS, la thèse d'une remise en route difficile est avancée pour écarter la crainte d'une méforme plus pérenne et justifier le "sacrifice" de Ben Turner.

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Une montagne pour les uns… un dos d'âne pour les autres ? Quand nous discutions avec Paul Magnier de ses maigres chances de victoire, à la veille de la 4e étape du Giro, lui parler d'un "faux plat" à engloutir à une cinquantaine de bornes de l'arrivée relevait d'une ironie assumée. Mais l'on pouvait sincèrement présenter le Cozzo Tunno (14,5km à 5,9%) comme un hors-d'œuvre pour les prétendants au sacre de ce 109e Tour d'Italie. Raté. Si tant est qu'Egan Bernal en fasse partie.
Le Colombien a perdu le contact avec le peloton dans les deux derniers kilomètres de cette ascension, mardi, alors qu'une quarantaine de coureurs parvenaient à suivre le rythme, certes soutenu, imposé par Nelson Oliveira et la Movistar. Le lauréat du Tour de France 2019 a pu compter sur le soutien de Ben Turner pour réintégrer le groupe de tête, au bout d'une poursuite de quasiment trente bornes, entre autres en compagnie de Derek Gee-West (Lidl-Trek), victime d'un ennui mécanique.
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Turner, soutien de choix et par la voix 

Au classement général, pas de problème pour Bernal (4e), qui affiche même 6 secondes de "bonification" d'avance sur Jonas Vingegaard. Mais la vérité de l'asphalte semble bien différente de celle du papier. "Les étapes en lendemain de jour de repos ne sont jamais faciles, parce que le corps change un peu", s'est voulu rassurant Elia Viviani, directeur sportif de Netcompany INEOS, qui compte un autre leader sur ce Giro, en la personne de Thymen Arensman (6e en 2023 et 2024).
L'égard témoigné à Egan Bernal est d'autant plus fort. Même avec un joli plan B en vue de Rome (Arensman), même avec un potentiel vainqueur du jour (Turner), le chef de file emblématique de la formation britannique, titré lors du Tour d'Italie 2021, n'a pas été abandonné en route. "Ça ne change rien pour nous, on a une grande confiance en lui, a affirmé Ben Turner, 4e malgré les efforts consentis. J'avais de bonnes jambes, le résultat aurait pu être différent, mais nous avons des priorités."
Le polyvalent coureur de 26 ans, qui avait battu Jasper Philipsen dans un sprint en légère montée lors de la Vuelta 2025, a également avancé l'argument d'un effort explosif complexe après une journée de repos, pour (se ?) convaincre que Bernal avait en lui de quoi récompenser son "sacrifice", dans une vingtaine de jours. Le souci, pour l'Aigle de Zipaquira, est qu'il a rétrogradé avant même que Jonas Vingegaard n'accélère, samedi. Et l'avant-veille d'un jour "off" n'appelle pas à la clémence.
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Nouveau test... dès ce mercredi ?

Si la condition d'Egan Bernal (29 ans) n'est pas optimale, le temps presse pour qu'elle s'améliore, eu égard à la proximité du premier choc en altitude de ce Giro, prévu vendredi au Blockhaus (13,6km à 8,4%). Et dès mercredi, lors de la 5e étape, le prodige de la fin des années 2010 pourrait à nouveau éprouver des difficultés à suivre les grimpeurs les plus en forme, dans une côte de 6,6km à 9,1%, dont le sommet est situé à une cinquantaine de bornes du dénouement à Potenza.
Mais le 2e du Tour des Alpes et 5e de Liège-Bastogne-Liège y trouvera peut-être un terrain propice pour regagner du crédit. Derrière "Vingo", favori incontesté, et Giulio Pellizzari, principal rival du Danois, il n'est pas illusoire de voir en lui un candidat au podium. Le spectre de la méthode Coué, que l'on soupçonne après quatre joutes, s'effacera peut-être au profit de la croyance, de plus en plus légitime, en un énième regain de compétitivité d'un homme qui se relève de tout.
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