Grand Prix de Québec | Julian Alaphilippe, une renaissance et une victoire de filou : "Ce n'est pas dans mon habitude…"

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Seize mois après son succès sur une étape du Giro, le dernier pour lui en World Tour, Julian Alaphilippe a retrouvé sa classe d'antan pour remporter le Grand Prix de Québec ce vendredi. Malin, roublard même quand il a fallu refuser les relais pendant de longs kilomètres, le Français a pu faire la différence dans le final car il lui restait du punch. Alaphilippe a finalement tout bien fait.

Alaphilippe a été rusé, Pogacar a abdiqué : le long résumé

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A Québec, on attendait Tadej Pogacar, Wout van Aert, pourquoi pas Arnaud De Lie et c'est Julian Alaphilippe qui a surgi des plaines d'Abraham pour crier sa joie à un public tout à fait prêt à la partager, preuve qu'en dehors des limites de l'Europe, là-bas dans la province francophone du Canada, on adore aussi "Loulou". A ce propos, sa victoire sur le premier des deux Grand Prix canadiens n'étaient pas tout à fait dans le plus pur style Alaphilippe. Le coureur de la Tudor a fait dans le minimalisme pour goûter à nouveau à l'ivresse.
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Alaphilippe, un succès très "tactique" : "J'avais l'ordre de garder le plus de forces possible"

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Ancien cycliste professionnel qui fait la fierté du Québec, Antoine Duchesne pensait connaître Julian Alaphilippe sur le bout des doigts, ou pas loin. Quand il a constaté sa présence dans un coup qui voulait prendre de l'avance à 70 à kilomètres de l'arrivée, l'un des plus proches amis de Thibaut Pinot pensait que le double champion du monde n'avait pas tout à fait les jambes. Anticiper si loin de l'arrivée dans une course où Pogacar est là pouvait en effet ressembler à un aveu de faiblesse. C'était en fait un coup de génie, statut conféré par le résultat heureux que l'on connaît désormais.

Une consigne qui l'a mené à la victoire

Il y avait là Nils Pollitt, le coéquipier de Pogacar, Laurence Pithie, Xandro Meurisse, Bastien Tronchon et donc Julian Alaphilippe. Au détour d'un virage, moins nombreux sur le nouveau que sur l'ancien parcours, il ne fallait jamais espérer voir le second français en tête de groupe. Le leader de la Tudor sautait les relais comme un vieux briscard. Tous les relais, jusqu'à inviter Tronchon à se remettre devant lui d'une petite poussette. "Ce n'est pas dans mon habitude de ne pas collaborer à 100% devant. Je suis souvent resté dans les roues sans vouloir faire le show. C'était la consigne donnée par mon directeur sportif et cela a payé", s'est expliqué l'intéressé en conférence de presse.
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💥 Il a toujours son punch légendaire : l'attaque décisive de Julian Alaphilippe

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Longtemps, ce groupe a navigué entre les fuyards du matin et un peloton qui les gardait à bonne distance. C'est le scénario de la fin de course avec des retours de l'arrière qui a tout changé, là où dans un monde normal, les poursuivants auraient dû se faire avaler par la meute. Ce fut le cas pour 80% des membres de ce groupe mais Alaphilippe, lui, en avait donc gardé assez pour peser tard dans cette magnifique journée au cœur d'un parcours qui mettait en valeur les 1000 charmes du vieux Québec.

Seize mois après le Giro

"J'ai couru intelligemment. J'ai fait ma course sans me soucier des autres équipes, récitait un Alaphilippe qui a dû gérer le mécontentement grandissant de ses compagnons, d'autant qu'il ne rechigne habituellement jamais à ce genre de tâche. Pour gagner, il fallait rester calme, c'était la clé aujourd'hui". Son attaque tranchante dans les plus forts pourcentages de la Côte de la Montagne a laissé sur place un Pavel Sivakov qui n'a pas son punch. C'était tout l'art d'Alaphilippe ce vendredi : en garder assez parce qu'il n'a plus cinq ou six cartouches à donner et se retrouver, aussi, avec des adversaires à sa taille.
En somme, Alaphilippe n'était probablement pas le plus fort mais il a été assurément le plus malin. C'est à ce prix qu'il ajoute des victoires de prestige à son immense palmarès. C'était une étape du Giro en 2024, le Grand Prix du Québec en 2025 et aucune victoire World Tour entre les deux, ce qui a poussé Alaphilippe à évoquer une énième "renaissance", conscient qu'il est que les années pèsent lui. "C'est une victoire spéciale pour moi car j'ai toujours rêvé de gagner cette course", disait-il après sa 11e victoire sur une course d'un jour. Pas la plus spectaculaire mais à 33 ans, l'une des plus savoureuses.

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