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J moins 2 mois pour Jaja
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Publié 11/08/2002 à 12:00 GMT+2
Laurent Jalabert, vainqueur samedi de la Clasica San Sebastian, rêve de terminer en beauté sa carrière par un titre de champion du monde, le 13 octobre à Zolder, qui serait la cerise sur le gâteau d'une carrière de quatorze années professionnelles, riche de 137 succès.
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Laurent Jalabert, vainqueur samedi de la Clasica San Sebastian, rêve de terminer en beauté sa carrière par un titre de champion du monde, le 13 octobre à Zolder, qui serait la cerise sur le gâteau d'une carrière de quatorze années professionnelles, riche de 137 succès.
Du Jaja millésimé
La maestria affichée samedi dans la Clasica, où il a coiffé un second béret noir consécutif, don fait au vainqueur, l'autorise à une telle ambition. Gagner une course semble en effet un jeu d'enfant pour le Mazamétain. "Je suis du reste jeune, souligne-t-il à 33 ans. Et, mon secret? C'est ma motivation". Depuis le Tour de France, où il a empoché, là encore pour la 2e année de suite, le maillot à pois de meilleur grimpeur, il n'a passé qu'une nuit chez lui, emmenant les siens dans sa courte tournée (cinq) de critériums.
Au plat pays cher à Jacques Brel, l'ancien N.1 mondial n'en sera donc que plus dangereux. D'autant qu'il sait faire le métier. Ses pairs, comme le vainqueur espagnol du Tour de France 1988, Pedro Delgado, ne le considère-t-il pas comme le coureur "le plus professionnel des dix dernières années"?
Avec Nicolas
Mais, chaque chose en son temps. Zolder, c'est encore loin, dans deux mois exactement. Auparavant, il y aura l'autre manche de Coupe du monde, Zurich, qu'il aimerait bien enlever dimanche. D'ailleurs, il aurait volontiers échangé ses seconds lauriers basques, contre une première en Suisse. Le Genevois d'adoption n'a pas étudié le circuit du Mondial. "Je ne le connais pas. J'ai juste entendu dire qu'il n'était pas dur, avoue-t-il. Mais les profils de circuit ne correspondent pas forcément à un type de vainqueur".
Laurent Jalabert cultive la sagesse et la patience. Ainsi, il n'a eu aucun contact avec les dirigeants nationaux pour évoquer une liste de coureurs, propres à le servir. "Il y a peut-être d'autres gens mieux à même que moi de remporter le titre", intervient-il. Mais, à coup sûr, il glissera le moment venu quelques mots sur Nicolas. "Au titre du sentimental et de l'affectif, je parlerai de mon frère, confirme-t-il. Je le sais d'autant plus motivé qu'il n'a pas fait le Tour". Et -qui sait?-, semble-t-il songer. Celui-ci pourrait bien réduire à néant les plans des Belges Johan Museeuw ou Peter Van Petegem qu'il place au rang de favoris.
"Caméléon"
Aura-t-il la pression? Que nenni. Laurent Jalabert en sourit. "Je ne vois pas pourquoi je ne l'aurais jamais eue en mille courses et qu'elle débarquerait subitement, tranche-t-il. Au contraire, le fait de m'élancer pour ma dernière constituera une source de motivation supplémentaire". Ensuite, s'offrira une nouvelle carrière. De consultant peut-être, bien qu'il souligne ne pas avoir été contacté par France Télévisions. De toute manière, "Jaja" s'attend à avoir une boule au fond de la gorge. "Ca va me manquer, souffle-t-il. J'aurai un vide".
Alors, diable, pourquoi stopper? "J'aurais certes pu resigner un contrat très intéressant et gagner de l'argent. Mais, je préfère arrêter de cette façon, la tête haute, plutôt que de continuer comme des coureurs de grande classe que j'ai vu terminer dans l'anonymat, analyse-t-il. Je peux m'adapter à toutes les situations. Je suis un caméléon. Et, je me suis rendu compte que j'aimais rester à la maison, avec ma famille". A contempler, les soirs d'hiver, un beau maillot arc-en-ciel? "Si, par bonheur, je devenais champion du monde, ce serait formidable, s'enfièvre-t-il. Arrêter sur une victoire. Vous vous rendez compte..."
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