"Il était très mal depuis le mois de novembre", a précisé sa belle-fille Brigitte, qui a indiqué que l'ancien champion hospitalisé dimanche à Saint-Gaudens, était décédé à 6H00. Né le 28 décembre 1916 à Saint-Geours-de-Maremne (Landes), Guy Lapébie avait conquis en 1936 à Berlin les médailles d'or de la poursuite par équipes (avec Robert Charpentier, Jean Goujon et Roger Le Nizerhy, ses équipiers du VC Levallois) et celle de la course sur route par équipes (en compagnie de Robert Charpentier et Robert Dorgebray).
Guy Lapébie avait confié en 2006 à lAFP qu'il gardait des JO 1936 le souvenir de frustrations. D'abord celle de l'or, perdu d'un souffle dans la course sur route avec l'argent comme consolation, puis celle des années de guerre qui lui volaient l'essentiel de sa carrière. Sélectionné olympique à 19 ans, Guy Lapébie, le Landais de Saint-Geours-de-Maremne, avait ouvert de grands yeux lors de l'imposante cérémonie d'ouverture des JO de l'hitlérisme. "Cela avait une gueule terrible. C'était féérique, surtout pour un môme de 19 ans !" s'est-il souvenu en avouant avoir eu "des frissons", notamment lors de la lente arrivée de l'athlète porteur, tout en majesté aryenne orchestrée.
La politique, l'aspect propagandiste des Jeux, il disait n'en avoir pas eu conscience à l'époque: "On n'était pas très dégourdi. On pensait surtout à l'entraînement et à la compétition". Le jeune cycliste reconnaissait s'être faufilé, "par curiosité", à quelques mètres sous le box d'Adolf Hitler d'où le dirigeant nazi, debout, assistait aux épreuves dans le Stade olympique. Interrogé sur l'image de la délégation française saluant la tribune dirigeante, la main tendue, Lapébie plaidait la bonne foi. "On passait devant la tribune. Tout le monde faisait ça, alors nous pareil. On nous a dit après que c'était le truc hitlérien, nous on ne savait même pas".
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Avec ses équipiers du VC Levallois (Robert Charpentier, Jean Goujon, Roger le Nizerhy), Guy Lapébie remporta haut la main l'épreuve de poursuite par équipes. Sur route, il se fit souffler, après une foire d'empoigne à l'arrivée, la victoire par Charpentier, qu'il battait "8 fois sur 10" en saison. "J'étais inconsolable. Cela a été un drame", disait-il. Même si avec une nouvelle médaille d'or (route par équipes avec Charpentier et Robert Dorgebray), Lapébie s'offrait "un beau départ dans la vie cycliste".

1936 Guy Lapebie

Crédit: AFP

La politique va rattraper le champion. Alors qu'on lui prédisait un bel avenir dans le sillage de son frère Roger (vainqueur du Tour de France 1937), la Seconde guerre mondiale va le priver, faute de courses, de ses plus belles années pro. "La plus grande déception c'est bien sûr la guerre. J'ai perdu cinq ou six bonnes années", analysait-il avec amertume. Relancé avec succès après-guerre sur les vélodromes par les courses de Six Jours, Guy Lapébie basculera sur la route avec bonheur: 3e du Tour de France 1948 (une étape) et une étape en 1949.
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