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Milan-Sanremo : Degenkolb s'offre son premier monument... au sprint évidemment

Degenkolb s'offre son premier monument... au sprint évidemment

Le 22/03/2015 à 17:01Mis à jour Le 22/03/2015 à 18:27

L'Allemand John Degenkolb (Giant-Alpecin) a remporté au sprint l'édition 2015 de Milan-Sanremo. Il s'est imposé devant le tenant du titre, le Norvégien Alexander Kristoff. A 26 ans, c'est le premier succès de Degenkolb dans la "Primavera". Nacer Bouhanni a pris la 6e place, Tony Gallopin la 9e.

Il se murmurait que, cette fois, les attaquants pourraient peut-être tirer leur épingle du jeu et mettre à mal la suprématie des sprinters. Il faudra repasser. Les sprinters ont à nouveau fait la loi sur Milan-Sanremo. C'est un peloton très massif qui s'est présenté sur la Via Roma, de retour sur le parcours. Alexander Kristoff, vainqueur l'an passé, a cru pouvoir doubler la mise avant que John Degenkolb n'impose finalement toute sa puissance pour déborder le Norvégien. A 26 ans, le colosse allemand signe la plus prestigieuse victoire de sa carrière.

Les organisateurs avaient décidé d’ôter la Manie pour rendre à Milan-SanRemo son parcours historique. Celui où les favoris n’hésitaient pas à passer à l’attaque loin de l’arrivée. Mais ce temps-là est depuis longtemps révolu et cela s’est vu ce dimanche. Ce n’est pas forcément faute de l’avoir planifié, notamment côté BMC où on a senti une tactique d’équipe préparée à l’avance. Mais la parcours était vraiment destiné aux sprinteurs et il y avait trop d’équipiers pour les emmener dans les moments-clés de la course. Du coup, personne n’a vraiment osé et les sprinteurs se sont régalés. Tant mieux pour eux, car l’an prochain, avec la Pompéiana, ça sera beaucoup plus dur.

Echappées vouées à l'échec

Comme souvent, l’échappée matinale est très vite partie sur cette 106e édition et l’écart est monté à plus de huit minutes grâce au travail des gros rouleurs présents en son sein, comme Jan Barta (Bora-Argon) ou Maarten Tjallingi (Lotto-NL-Jumbo). Mais, depuis longtemps, ces échappées n’ont aucune chance de s’imposer et ça n’a pas été une surprise de les voir repris au pied du Capo Berta (km 254).

Dans la Cipressa, les puncheurs ont soulevé l’idée de ne pas vouloir assister à un sprint massif. Mais ni Stybar (Etixx-Quick Step), ni Van Avermaet (BMC) n’ont réussi à prendre plus de quelques longueurs. Tout le contraire du duo Oss (BMC)-Thomas (Sky). Partis en facteur dans la descente du dernier Capi du jour, les deux hommes ont un temps compté trente secondes d’avance sur un peloton désorganisé.

Le sprint final de Milan-Sanremo.

Le sprint final de Milan-Sanremo.AFP

Bouhanni peut avoir des regrets

Mais Kristoff (Katusha), que l’on pensait lâché, a fait sa réapparition en tête du groupe et ses équipiers ont alors mené grand train pour reprendre le duo de tête. La suite, elle se limite à quatre chutes dans la descente du Poggio (Gilbert, Kwiatkowski, Stybar et Ciolek) et au sprint tant attendu sur la Via Roma. Bien placé, Kristoff pensait réussir la passe de deux sur Milan-Sanremo. Mais le Norvégien a lancé son sprint trop tôt et c’est John Degenkolb, caché toute la journée qui est venu s’adjuger son premier Monument. Michael Matthews (Orica-GreenEdge) complète le podium tandis que Sagan (Tinkoff-Saxo) échoue encore (4e) dans sa conquête d’une première grande classique.

Présent lui aussi dans le final, Nacer Bouhanni (Cofidis) peut avoir des regrets pour sa première "Primavera". Le Vosgien, mal placé sous la flamme rouge, n’a su se replacer à temps et a échoué à la 5e place. Quatre rangs devant Tony Gallopin (Lotto-Soudal), symbole d’une course où les Français ont joué les premiers rôles sans avoir été acteurs. Comme tout le monde en fait. Sauf Degenkolb. Et comme souvent, à la fin, c’est l’Allemagne qui l’emporte.

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