Le doublé n’est pas passé loin. Tenant du titre, Julian Alaphilippe a longtemps cru pourvoir conserver sa couronne sur Milan-Sanremo. A l’attaque dans le Poggio, le Français de la Deceuninck-Quick Step a finalement été repris dans la descente par Wout Van Aert, plus fort au sprint. Un an après le Tricolore, le vainqueur des Strade Bianche s’impose donc sur la Via Roma, le premier Monument évidemment gagné par le Belge de la Jumbo-Visma. Michael Matthews (Sunweb) complète le podium.

Milan - Sanremo
Alaphilippe : "Deuxième, aux yeux de certains, c’est nul..."
08/08/2020 À 18:41

Une crevaison qui coûte cher

Le parcours avait beau avoir changé en raison du refus des communes de laisser passer la course, Milan-Sanremo reste bien Milan-Sanremo. Une course d’attente pendant près de 300km avant une explosion dans le final avec un festival d’attaques et une victoire d’un puncheur. Voilà désormais quatre éditions consécutives que les sprinteurs ne gagnent plus. Il faut dire que, cette fois, on a très vite senti que ce n’était pas leur jour. Avec une chaleur (33°) loin de la fraicheur habituelle de l’épreuve en mars et des équipes réduites à six coureurs par les organisateurs, les sprinteurs savaient qu’ils seraient dur de tenir. Vainqueur en 2003, Paolo Bettini estimait d’ailleurs qu’ils n’avaient aucune chance... Il avait raison.

Une fois l’échappée traditionnelle, qui a compté plus de 7 minutes d’avance sur le peloton, reprise à lmperia au moment où la course retrouvait son tracé habituel, le peloton a très vite changé de rythme, avec trente derniers kilomètres avalés à très grande vitesse. Et une tension qui a bien failli éliminer plusieurs candidats à la victoire. Après la chute fatale à Matteo Trentin (CCC) à 86km de l’arrivée, c’est Julian Alaphilippe qui a connu – encore – une crevaison juste avant l’ascension de la Cipressa, une semaine après ses six des Strade Bianche. Heureusement, le Français a pu compter sur la force collective de son équipe pour la ramener dans le peloton et même le replacer dans les premières positions. Mais l’effort consenti a sans nul doute coûter cher au moment de disputer la victoire à SanRemo.

Trek a animé mais Trek a perdu

Car, ensuite, le tempo imposé ne lui a jamais permis de respirer et récupérer pleinement. La faute à des Trek-Segafredo déchaînés. La formation de Vincenzo Nibali n’a cessé de lancer des hommes à l’avant pour tenter de décanter la course mais ni Jacopo Mosca et Gulio Ciccone dans la Cipressa, ni Gianluca Brambilla dans le Poggio n’ont réussi à creuser un vrai écart. Mais l’allure pour reprendre ces différentes attaques aura été fatale à bon nombre de sprinteurs, à l’image de Caleb Ewan (Lotto-Soudal) et Fernando Gaviria (UAE Team Emirates), lâchés dès la Cipressa. Et lorsque Vincenzo Nibali en personne a bougé dans le Poggio, l’Italien a lancé le bon coup. Mais le Requin de Messine a subi le contre de Julian Alaphilippe, tactiquement parfait dans la dernière ascension mais incapable de véritablement creuser l’écart sur Wout Van Aert.

Julian Alaphilippe à l'attaque dans le Poggio, Van Aert en arrière plan

Crédit: Getty Images

Pire, le Français a semblé à la limite absolue dans la descente, manquant à deux reprises de partir à la faute. Il a alors choisi d’attendre, un choix par défaut qui aurait pu se montrer payant si Van Aert n’avait pas été aussi fort, au sprint comme sur cette course. Surpuissant dans le dernier kilomètre, le Belge poursuit son énorme été, une semaine après sa victoire aux Strade Bianche en devançant le Français au sprint, juste devant le groupe des favoris réglé par Michael Matthews (Sunweb) devant Peter Sagan (Bora-Hansgrohe), au pied du podium pour la 4e fois sur Milan-SanRemo.

Attendu comme le grand favori par beaucoup, et notamment Arnaud Démare, le vainqueur de la 10e étape du Tour l’an dernier a répondu présent pour s’offrir le plus beau succès de sa carrière, son premier Monument. Pas forcément celui qu’on s’attendait à le voir gagner en premier mais, avec Van Aert, on ne peut pas vraiment être surpris. Et on ne serait pas surpris qu’il ne s’agisse que du premier.

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