Eurosport
Milan-Sanremo | Unique comme Mathieu Van der Poel : "C'est le meilleur du monde sur un jour"
Par
Publié 15/03/2024 à 13:04 GMT+1
Dans un monde du cyclisme où certains font voler en éclats les spécialités, Mathieu Van der Poel (Alpecin-Deceuninck) a choisi la voie que lui imposait son physique. Le Néerlandais est l'un des rares purs coureurs de classique du peloton et sa saison 2023 fut un modèle du genre avec des succès sur Milan-Sanremo, Paris-Roubaix mais aussi les Mondiaux. Coureur à l'ancienne, "MVDP" est à part.
Pogacar va-t-il… et doit-il attaquer dans la Cipressa ?
Video credit: Eurosport
La montagne, très peu pour lui. En Espagne, là où il a élu domicile le plus clair de son temps ces dernières semaines, Mathieu Van der Poel a certes partagé quelques heures de selle avec un Tadej Pogacar croisé par hasard et si l'altitude fait entièrement partie de sa préparation, elle ne sert qu'à affiner sa condition pour une période qui ne fera pas la part belle aux cols : les classiques. De Milan-Sanremo à Liège-Bastogne-Liège, ajout exceptionnel à son programme de 2024, "MVDP" va cultiver sa différence.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/03/15/3930088-79834528-2560-1440.png)
Van der Poel : "C'est très difficile d'y aller seul dès la Cipressa"
Video credit: Eurosport
Du haut de son mètre 84, Van der Poel (Alpecin-Deceuninck) a beau rendre six centimètres à Wout van Aert (Visma-Lease a Bike), le Néerlandais n'envie pas à son ennemi de toujours sa propension à monter les cols aussi vite que certains grimpeurs malgré ce gabarit imposant. C'est peut-être là sa chance puisqu'il a déjà remporté quatre Monuments contre un au Belge qui, s'il n'était pas dans une équipe qui vise la victoire sur le Tour de France, aurait peut-être un autre palmarès sur les courses d'un jour. "Van der Poel est le meilleur du monde sur un jour, juge d'ailleurs Philippe Gilbert. Puis il y a Pogacar pas loin et les autres bien derrière".
Ni Pogacar, ni Van Aert, ni Pedersen
Le petit-fils de Poulidor n'est ni Van Aert, classicman transformé en grimpeur, ni Pogacar, le diable a tout (bien) faire, pas plus qu'il n'est un Mads Pedersen ou un Jasper Philipsen, sprinters de talent, un Filippo Ganna, rouleur émérite, ou un Matej Mohoric que l'on a bien du mal à classer. Il est la définition la plus pure d'un homme des classiques. Son terrain de jeu ? Le printemps, les quelques premières étapes des grands tours et les Mondiaux quand le parcours lui convient, comme à Glasgow où rien ne pouvait l'arrêter alors que la pluie, des manifestants en colère, une chute et même une chaussure abîmée avaient essayé.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/08/06/3758114-76452208-2560-1440.jpg)
Pluie, chaussure cassée et concurrence dégoûtée : le résumé du sacre de Van der Poel
Video credit: Eurosport
Samedi au départ de Milan-Sanremo, Van der Poel sera plus scruté que les autres pour la simple et bonne raison qu'avec son beau maillot de champion du monde, posé sur ses épaules de buffle, on ne pourra pas le rater. Arborera-t-il un cuissard blanc ou noir pour accompagner ce paletot que tout le monde envie ? Van der Poel l'ignorait encore jeudi soir. En revanche, il sait tout du scénario du Milan-Sanremo à venir.
Tadej Pogacar attaquera-t-il dès la Cipressa ? C'est un fantasme qui revient à chaque fin d'hiver puisque la "Primavera" annonce l'arrivée du printemps. "Ce sera difficile d'être seul, balaye le coureur d'Alpecin-Deceuninck pour Eurosport. Sa meilleure chance de gagner, ce sera de partir seul dans le Poggio".
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/03/18/3657459-74458108-2560-1440.jpg)
Il a résisté à Pogacar puis s'est envolé : Van der Poel, l'attaque de la gagne
Video credit: Eurosport
Précisément ce que lui avait réussi l'an dernier, contrant d'ailleurs une accélération de son ami slovène. "Il n'y a rien de difficile dans la tactique pour Sanremo, il faut être en bonne position dans le Poggio et voir ce qu'il se passe à cet endroit-là, sourit-il. L'an dernier, je n'avais pas préparé mon attaque, il faut espérer avoir de bonnes jambes, c'est le plus important."
Jusqu'à Liège-Bastogne-Liège pour la première fois
Les jambes de Van der Poel sont à ce propos une petite interrogation puisqu'il accrochera son premier dossard samedi matin à Milan. Lui ne s'inquiète pas tant les stages espagnols furent plus difficiles cette année que les précédentes avec un double objectif, être prêt pour Sanremo tout en tenant assez longtemps pour poursuivre jusqu'à Liège, ce qu'il n'a jamais fait dans un printemps normal.
"C'est pour ça qu'on a fait un long entraînement en Espagne : avoir une base très solide, nous explique-t-il. L'année dernière, je me sentais encore vraiment bien après Roubaix, c'est pour ça qu'on a décidé de faire l'Amstel (qu'il a déjà remportée en 2019 dans un scénario incroyable, ndlr) et Liège."
Et la suite ? Jeudi, Mathieu Van der Poel assurait à Eurosport que la décision n'avait pas été prise alors que l'on sait que l'épreuve de VTT des Jeux Olympiques de Paris 2024 sera un objectif. Il n'enchaînera certainement pas avec le Giro et l'on peut l'imaginer zapper aussi le Tour de France même si lui nuance en évoquant "plusieurs options" sur la table. C'est aussi ça le privilège d'être unique, on n'impose rien à Mathieu Van der Poel.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/03/02/3921402-79660808-2560-1440.jpg)
Un numéro comme on en voit rarement : le solo de Pogacar en images
Video credit: Eurosport
Sur le même sujet
Publicité
Publicité