Comment Milan-Sanremo est devenue la plus belle
Eurosport sur GoogleIl est l'heure. L'heure du premier Monument de l'année et peut-être le plus beau d'entre tous. Moins dense en lieux mythiques, Milan-Sanremo l'est en scénarios possibles. En Italie, on sait où peut se faire la différence, on ignore en revanche si elle va vraiment intervenir. C'est tout ce qui fait sa beauté dans un cyclisme moderne un peu répétitif sur les noms et la manière de faire.
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L'indécision peut avoir du charme. Loin de la prestance de l'aînée (Liège-Bastogne-Liège), de l'assurance évidente des deux soeurs (Tour des Flandres et Paris-Roubaix) et de l'atmosphère printanière de la dernière (Tour de Lombardie), Milan-Sanremo cultive depuis quelques années et le virage à 180 degrés opéré par le cyclisme, sa différence. La plus belle chose avec la Primavera, c'est qu'on ne sait pas. On ne sait ni qui s'imposera, ni comment. Avouez qu'avec les deux ou trois énergumènes que l'on n'a même plus besoin de citer, ceci constitue déjà un joli début.
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"Indécrochable dans le Poggio, Ganna a étendu son registre"
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Dans la galaxie des Monuments, ce quintet qui ne s'est dégagé qu'à la toute fin du XXe siècle pour prendre le dessus sur d'autres très belles classiques qui remplissaient avec eux le calendrier de la défunte Coupe du monde (l'Amstel Gold Race ou Paris-Tours pour ne citer qu'elles), Milan-Sanremo a parfois été considérée comme celle des sprinteurs. Puisqu'ils n'avaient pas loisir, à quelques exceptions près, de briller dans les Flandres à Roubaix et encore moins à Liège ou en Lombardie, il fallait bien leur donner un os à ronger. C'était un très bel os : Sanremo et sa prestigieuse Via Roma.
Van der Poel ou Pogacar n'ont pas eu le nez plus fin que les autres
Il y avait là une distorsion de l'histoire et une trop grosse focale placée sur la période 1997-2010 quand Erik Zabel (4 fois), Oscar Freire (3 fois) mais aussi Mario Cipollini, Alessandro Petacchi ou Mark Cavendish (1 fois) ont inscrit leur nom au palmarès. En vérité, Milan-Sanremo est volage. Elle s'offre à qui veut bien la conquérir et qui sait comment s'y prendre, ce qui, on en conviendra, est infiniment plus compliqué que pour les quatre autres Monuments, si difficiles que les occasions ne manquent pas de faire parler sa supériorité.
Il est ici question d'avantage physique qui, aussi important soit-il dans un sport aussi simple en apparence que le cyclisme, n'est qu'une partie de cet arsenal dont disposent les coureurs. Ils nous pardonneront, ou plus probablement ne liront pas ces lignes, mais ce n'est pas parce qu'ils ont eu le nez plus fin que les autres que Mathieu Van der Poel ou Tadej Pogacar ont remporté 12 des 17 derniers Monuments, mais bien à la force incroyable que leurs muscles leur procurent, sentiment à n'en pas douter exaltant, auquel manque, peut-être, la fierté de la bonne idée.
Une foultitude de scénarios et de protagonistes
C'est parce qu'il a eu la bonne idée au bon moment que Jasper Stuyven a remporté Milan-Sanremo voilà quatre ans maintenant. Au XXIe siècle, pas un coureur n'a été capable de triompher deux fois de suite à Sanremo et seul Oscar Freire (3) a dompté le premier Monument de l'année à plusieurs reprises. Ce simple constat, froid, d'un palmarès dit tout d'une course en apparence simplissime. Sur Milan-Sanremo, la décision se fait, ou ne se fait pas, dans le Poggio, sa descente ou vers l'arrivée. Même pas dix kilomètres, une grosse quinzaine de minutes et une foultitude de scénarios et de protagonistes.
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Ces dix kilomètres n'ont pas l'implacabilité absolue du Vieux Quaremont, du Paterberg, du Carrefour de l'Arbre, de la Roche-aux-Faucons ou de n'importe lesquels des murs que l'on peut trouver en Lombardie. Le plus fort a besoin d'être trois ou quatre jambes au-dessus de la concurrence pour s'imposer sur Milan-Sanremo. Ce n'est peut-être pas juste, ce n'est peut-être pas rendre service à la gloire des quelques-uns qui font celle du cyclisme mais c'est très bien ainsi.
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Course en ligne | HommesPavia → Sanremo / 289 km
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M. van der PoelTerminé
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